Le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a saisi l’occasion du congrès de l’USH pour attirer de nouveau l’attention des pouvoirs publics sur la gravité de la crise en cours dans l’immobilier. Mais selon Pascal Boulanger, le gouvernement a enfin pris la mesure du problème et entend faire du logement une de ses priorités.
Enfin ! Pascal Boulanger le confiait en aparté, en descendant de la tribune du 84e congrès de l’Union sociale pour l’habitat, qui se tient jusqu’à jeudi 26 septembre à Montpellier. Selon lui, Michel Barnier, invité des universités d’été des Républicains avant la constitution de son gouvernement, a indiqué aux élus présents qu’il comptait faire du logement, sur lequel il estime que les gouvernements qui se sont succédé jusqu’à présent « ont été mauvais », une de ses principales priorités.
Le président de la Fédération des promoteurs immobiliers explique que les difficultés persistantes d’accès au crédit des accédants à la propriété ont conduit ces derniers mois au retrait de 23 % des programmes immobiliers mis en commercialisation. La construction des appartements vendus en l’état futur d’achèvement (VEFA) n’est lancée, en effet, que quand près de la moitié du programme concerné a trouvé preneur. Faute de quoi, privés de financements bancaires, les promoteurs renoncent.
Le statut de bailleur privé en question
Face à la crise protéiforme que le secteur traverse, Pascal Boulanger indique qu’il défend l’idée d’une flat tax étendue à l’immobilier. Une taxe de 25 ou 30 %, à l’instar de celle de l’impôt sur les sociétés, qui éviterait tout effet de dumping fiscal et serait de nature à inciter les investisseurs, petits et grands, à retrouver le chemin de l’investissement locatif.
Face à la décrue des recettes fiscales provoquées par la crise immobilière, pour l’État et les collectivités territoriales (baisse de la TVA, chute des droits de mutation à titre onéreux – DMTO –, coût des suppressions d’emplois), les acteurs du logement réunis en congrès semblent résignés à ne pas attendre de mesures de relance « budgétaires », représentant un coût trop important sur les finances de l’État. Ainsi, si l’USH continue de dénoncer la ponction opérée sur les APL en 2018, aucun acteur semble croire que le gouvernement est prêt à rétrocéder aux bailleurs sociaux les milliards d’euros d’économie que cette mesure lui a permis de réaliser. Ce qui n’empêche pas certains, à l’instar de l’Aorif, de le demander. De même, le statut de bailleur privé (qui consiste à permettre aux investissements locatifs d’être amortis chaque année, réduisant leur valeur déclarative et l’imposition de leur propriétaire), que la FPI continue de demander, revêt des contours incertains et représente potentiellement un coût exorbitant pour Bercy. D’où l’intérêt de la flat tax imaginée par Pascal Boulanger.
