Le gouvernement dévoile la gouvernance d’Haropa

Annick Girardin, ministre de la Mer, et Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports, sont venus lundi 4 janvier 2021 à Rouen (Seine-Maritime) pour présenter aux élus et représentants des entreprises portuaires des trois places les contours de la nouvelle gouvernance du futur Haropa. Patrick Ollier a saisi l’occasion pour proposer qu’un pôle métropolitain accompagne l’unification des ports du Havre, de Rouen et de Paris.

On en sait désormais un peu plus sur la gouvernance du futur ensemble portuaire unifié de l’axe Seine. Après l’annonce en octobre dernier de la nomination de Stéphane Raison, ex-dg du Grand port maritime de Dunkerque, au poste de directeur général et préfigurateur d’Haropa, puis la confirmation de l’installation du siège des trois ports fusionnés au Havre, c’est de gouvernance qu’il a été question lundi 4 janvier à Rouen, à l’occasion d’une table ronde organisée autour de la ministre de la Mer, Annick Girardin, et du ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports, et Annick Girardin, ministre de la Mer, lors de la visite des installation de SEA-Invest sur le quai de Grand-Couronne. © G.D.

Au 1er juin prochain, Haropa sera doté d’un conseil de surveillance composé de 17 membres, dont cinq représentants de l’Etat, quatre personnalités qualifiées issues du monde économique ainsi que des élus des deux régions Normandie et Ile-de-France et des métropoles du Havre, de Rouen et de Paris. Un conseil d’orientation de l’Axe Seine aura la charge « d’éclairer les décisions stratégiques du conseil de surveillance », tandis que chaque place portuaire conservera son propre conseil de développement destiné à représenter les intérêts locaux.

Une garantie de la prise en compte des spécificités locales

Pour le rouennais Christian Boulocher, président de Seine port union – l’alliance des unions portuaires de l’Axe Seine -, la clarification était nécessaire même si elle demeure incomplète : « Cette première étape a permis de dresser les contours de la gouvernance d’Haropa, sans pour autant entrer dans les détails. J’espère que d’ici au mois de juin prochain la concertation restera ouverte pour affiner les choses ». Car du côté de la place réservée aux privés, « nous restons sur notre faim, reconnaît le représentant de Seine port union. Nous sommes optimistes quant à notre participation, mais sans avoir de réponses précises sur sa nature exacte à ce stade ».

Patrick Ollier, avec le maire de Rouen. © MGP

Point crucial, pour celui qui est également président de l’Union portuaire rouennaise (UPR), le principe de subsidiarité est reconnu pour chaque place portuaire : « cette décision permettra de conserver l’agilité et la réactivité locale tout en garantissant les spécificités de chaque place », élément fondamental pour des Rouennais, dont le tropisme céréalier sera d’autant mieux défendu.

De la coconstruction à la coresponsabilité

Pour les mois à venir, la feuille de route est donc toute tracée : « nous continuerons à revendiquer davantage d’implication pour les privés dans la gouvernance », assure Christian Boulocher qui évoque, au-delà de la coconstruction, une véritable coresponsabilité que les privés sont prêts à assumer au sein du futur ensemble Haropa. Les premières discussions avec Stéphane Raison poussent pour l’heure Christian Boulocher à l’optimisme, même si les privés qu’il représente « doivent encore trouver leur place ».

Sur le même sujet

Top