JOP 2024 : le pont Sully endommagé suscite un regain d’inquiétude

Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau doit assister, jeudi 15 février au matin, à une nouvelle réunion qui regroupera les opérateurs fluviaux, Intercéréales et le préfet de région Marc Guillaume au sujet des restrictions de navigation avant et pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. L’endommagement du pont Sully par un bateau survenu il y a quelques jours complique la donne.

Si les dates des JOP 2024 n’ont pas été choisies par hasard durant les vacances d’été, pour délester des réseaux de transport franciliens qui vont être soumis à rude épreuve, la période estivale, qui est celle des moissons, tombe mal pour la logistique céréalière. Des milliers de tonnes de céréales transitent par Paris, en provenance de l’amont, vers le port de Rouen, en juillet et en août.

Dans ce contexte, l’endommagement du pont Sully, réputé le plus fragile de Paris, par un bateau, survenu il y a quelques jours, inquiète les céréaliers. « Certains experts estiment que la navigation devrait être proscrite dès à présent sous le pont Sully, qui ne sera pas réparé pour les Jeux », constate Jean-François Lepy, secrétaire général de l’interprofession céréalière (Intercéréales) et directeur général de Soufflet négoce (In Vivo). « Cet accident, qui provoque des restrictions de navigation alors que les exportations de céréales battent leur plein en cette période hivernale, tombe très mal », poursuit-il.

Le pont Sully. © Jgp

L’endommagement du pont Sully, réputé le plus fragile de Paris, par un bateau, survenu il y a quelques jours, inquiète. © Jgp

Dans la perspective des JOP, la Communauté portuaire de Paris (CPP) et Entreprises fluviales de France (E2F) s’emploient à obtenir la réduction au maximum de la période durant laquelle toute navigation sera proscrite sur la Seine à Paris, en amont de la compétition. Pour l’heure, cette période doit s’étendre du 19 au 27 juillet 2024. Les navigants aimeraient gagner au moins un jour. Ils demandent en outre l’ouverture de la Seine au moins quelques heures après le test de chargement et de déchargement des athlètes, qui aura lieu le 20 juillet. Ils souhaitent également obtenir la confirmation de la réouverture de la Seine à la navigation après la cérémonie d’ouverture, soit le 27 à midi.

Coup de canif

Intercéréales et les navigants demandent par ailleurs que tout soit mis en œuvre pour que le trafic fluvial puisse être maximisé avant et après cette période, ce qui suppose que l’amplitude horaire d’ouverture des écluses soit étendue et que des barges soient disponibles en nombre suffisant.

A la Communauté portuaire de Paris, on souligne que les relations entre les opérateurs et les autorités administratives se tendent un peu ces derniers jours, alors qu’un « coup de canif » a été porté aux accords établis. Ainsi, le nombre de demi-journées dites de contingence, lors desquelles la navigation sera également proscrite durant les JOP pour permettre que se déroulent les épreuves au cas où ces dernières ne pourraient se tenir aux dates prévues, a été récemment revu unilatéralement à la hausse. Plus globalement, OIivier Jamey, président de la CPP, espère que ces JOP contribueront bien à dynamiser le transport fluvial et l’activité sur la Seine au sens large en phase héritage, sans en percevoir encore les signaux. « Nous avons le sens des responsabilités, mais pas du sacrifice », résume-t-il.

On se félicite, en revanche, à la CPP, de l’accord trouvé pour que la navigation ne subisse pas de coupure au niveau de L’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où s’élève le Village des athlètes. Le petit bras de la Seine a en effet été dragué pour permettre aux navires de l’emprunter grâce à un tirant d’eau de 3,80 m de profondeur.

Autre point positif à souligner, l’engagement des entreprises pour le verdissement de la flotte, puisque 42 projets de retrofit sont en cours, pour une Communauté portuaire de Paris qui compte quelque 150 navires. « Cela alors que le montant des travaux engagés dépasse celui des bateaux qui en bénéficient », souligne le président de la CPP.

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