Grand Paris express : les élus poursuivent leur plaidoyer

Du nord au sud de l’Ile-de-France ou au Forum métropolitain, les élus franciliens continuent de plaider pour le maintien de l’intégralité du réseau et du calendrier du futur métro automatique.

Tandis que l’exécutif pourrait rendre ses arbitrages prochainement sur un nouveau calendrier du Grand Paris express, les élus ne ménagent pas leurs efforts pour défendre sa réalisation. Après la tribune intitulée « Ne revoyons pas à la baisse le Grand Paris express » signée par 51 élus (Le Monde du 21 novembre), les élus et acteurs économiques du Grand Roissy se sont rendus dans les gares de ce territoire, le 23 novembre, afin de défendre les futures lignes 16 (Saint-Denis Pleyel-Noisy-Champs) et 17 (Saint-Denis Pleyel-Le Mesnil-Amelot).

Tracé de la ligne 17 nord du Grand Paris express.

Tracé de la ligne 17 nord du Grand Paris express. © SGP

« Le développement économique du territoire valdoisien, les déplacements domicile-travail, les facilités d’accès à tous les lieux de vie franciliens sont une nécessité, estime Marie-Christine Cavecchi, présidente du conseil départemental du Val d’Oise. Les valdoisiens et valdoisiennes contribuent au financement de ce projet par la taxe spéciale d’équipement. La logique veut que cela leur profite. »

Enfouir entre Saint-Aubin et Saint-Quentin

Le 27 novembre, ce sont quatre députés essonniens de La République en marche et yvelinois du Modem qui affichaient leur soutien à la ligne 18 (Aéroport d’Orly-Versailles chantiers), estimant celle-ci « essentielle à toute la circonscription ». Si Amélie de Montchalin, Marie-Pierre Rixain, Cédric Villani et Jean-Noël Barrot considèrent que le caractère aérien entre Palaiseau et Saint-Aubin « se justifie pleinement », en revanche ils réaffirment que cette ligne « devrait être enfouie, et son trajet repensé en conséquence […] afin de minimiser l’impact sur l’agriculture et le cadre de vie » sur la partie Saint-Aubin-Saint-Quentin.

Cédric Villani, mathématicien et député de l’Essonne. ©Jgp

Ces élus réclament également une modernisation des lignes B et C du RER et la mise en œuvre d’autres projets dont un transport en commun en site propre reliant Courtaboeuf à Vélizy, des liaisons vallées-plateaux (téléphériques, funiculaires enfouis ou aériens) – « qui nécessitent instamment des études et des moyens financiers » – et « des systèmes de transport locaux légers et plus économes en investissement irrigant le territoire ».

Respect du calendrier

Le lendemain, c’était au tour du Forum métropolitain du Grand Paris d’adopter un vœu demandant au président de la République Emmanuel Macron de s’engager « pour le développement économique et social de la région capitale en conservant le tracé du Grand Paris express et en reconfirmant la réalisation de toutes les lignes dans leur globalité et dans leurs spécificités (moyens de transports lourds) ». Les élus du syndicat mixte souhaitant le respect du calendrier prévu pour la réalisation des différents tronçons.

Et de défendre ensuite chacune des lignes menacées :

  • la ligne 16 permettra le développement de territoires enclavés en Seine-Saint- Denis où les habitants n’ont pas accès à des transports en commun structurants ;
  • la ligne 17 renforcera la desserte de l’aéroport de Roissy dont la capacité augmentera de 30 millions de passagers dès 2024, et permettra de répondre aux besoins des habitants des zones prochainement urbanisées ;
  • la ligne 18 est indispensable pour engager des synergies entre les compétences économiques de pointe du pôle de Guyancourt-Satory et les laboratoires de recherche du plateau de Saclay.
Tracé de la ligne 18 du Grand Paris express.

Tracé de la ligne 18 du Grand Paris express. © SGP

De son côté, l’Association des usagers des transports d’Ile-de-France continue de plaider pour que la priorité des investissements soit l’entretien du réseau actuel. Le 27 octobre dernier, elle préconisait ainsi “l’abandon des lignes 17 et 18 et leur remplacement par des projets plus légers, mieux adaptés aux besoins réels dans des zones peu denses”. Depuis, elle évoque régulièrement des critiques faites à l’encontre de ces tronçons, comme le faible nombre d’habitants autour de certaines futures gares de la 17.

« Le projet du Grand Paris express fait système »

Mais pour le Forum métropolitain, « l’argument de la rentabilité immédiate des lignes et les estimations des chiffres du trafic à court terme ne peut être suffisant car il fait l’impasse sur la vision stratégique de développement des territoires à long terme ». « Le projet du Grand Paris express fait système et une amputation de toute ou partie de l’une de ces lignes nuirait à l’efficacité de l’ensemble du réseau », indique-t-il dans le vœu adopté le 28 novembre.

Même son de cloche pour les quatre députés LREM et Modem de l’Essonne et des Yvelines : « Il ne faut pas oublier [que ce réseau] a été conçu comme un ensemble cohérent. L’ensemble du projet doit être réalisé aussi vite que possible pour éviter que les très grands investissements réalisés dans le développement de Paris-Saclay ne soient perdus, pour garantir l’attractivité économique durable du pôle technologique et industriel de Versailles Vélizy Saint Quentin, et ainsi la cohérence de l’opération d’intérêt national. »

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