François Durovray – Fonceur

Aux commandes du département de l’Essonne depuis 2015, François Durovray est devenu incontournable sur l’échiquier politique essonnien.

Jeudi 6 mai, François Durovray (LR), l’actuel patron du conseil départemental de l’Essonne, annonce officiellement sa candidature à sa succession. La déclaration ne surprend pas. Presque plus personne, au sein de la droite essonnienne, ne conteste aujourd’hui le leadership du président du Département.

Il y a six ans pourtant, l’homme fait figure de challenger lors de la primaire des élus de la droite et du centre de 2015 pour prétendre à ce poste. Georges Tron, l’ancien ministre et patron de la fédération de l’Essonne, renvoyé devant les assises pour viols et agressions sexuelles, conserve malgré tout de nombreux soutiens. Peu osent s’opposer à lui frontalement. En se présentant contre lui et en le battant d’une courte tête, aux termes d’une confrontation très tendue, François Durovray surprend par sa témérité… et gagne ses galons de patron.

François Durovray. © Jgp

Colleur d’affiches à 15 ans

Yerres reste la ville qui a vu démarrer François Durovray. En 1997, le jeune homme, fraîchement diplômé d’un master (DESS à l’époque) de gestion des collectivités locales, est repéré par Nicolas Dupont-Aignan. Il n’a que 26 ans, mais déjà un long passé de militant : à 15 ans, il pousse pour la première fois la porte d’un local du RPR et démarre une carrière de colleur d’affiches ! Dès le collège, il se passionne pour les infos politiques, le journal d’Inter de 19h notamment. Dans la maison de Bures-sur-Yvette, il tranche un peu : ni son père, chef d’agence bancaire à la Caisse d’épargne, ni ses frères et sœurs ne se passionnent vraiment pour la politique. Sa mère, il est vrai, est une bénévole active au sein du Secours catholique. Quelques années plus tard, à 19 ans, le militant devient délégué jeune pour les gaullistes du département. « Je l’ai tout de suite remarqué, se souvient Michel Bournat, maire de Gif-sur-Yvette et premier vice-président du Département. Il avait à la fois de l’énergie, de la sensibilité… et un tempérament de bosseur et de fonceur. »

Aux côtés de Dupont-Aignan, le jeune Durovray est de tous les combats et de toutes les campagnes électorales. Un temps, il cumule même les fonctions de « dir cab » et de DGS de la ville. Et passe le cap en 2001, en devenant, toujours sous l’aile de son mentor, conseiller départemental et premier adjoint de la ville d’Yerres. Mais les positions de Dupont-Aignan évoluent, annonce d’une rupture entre les deux hommes. « J’ai vécu de très belles années à Yerres. Mais Nicolas Dupont-Aignan a souhaité se radicaliser pour exister médiatiquement et politiquement. Ce n’est pas ma conception du combat politique. » Lorsque Dupont-Aignan quitte le RPR, c’est la fin de l’aventure commune. Sans avenir à Yerres, Durovray se présente dans la commune voisine de Montgeron, aux mains de la gauche depuis des décennies. Mais il trébuche, à 18 voix près… et se retrouve sans mandat électif, hormis un poste de conseiller municipal d’opposition.

Profondément « essonnien »

Commence en 2008 une courte traversée du désert pour le futur président de l’Essonne. François Durovray, père de trois enfants, crée une société de conseil aux collectivités locales. Il songe vaguement durant quelques mois à mettre un terme à sa vie publique. Mais la politique revient en boomerang. « C’est quelqu’un qui vit avec ça. Il travaille tout le temps, se donne corps et âme à son métier et sait emmener les gens avec lui », déclare aujourd’hui Sylvie Carillon, proche du patron de l’Essonne et maire de Montgeron. Une petite année plus tard, il a en effet retrouvé le ring électoral, avec une place sur la liste de Valérie Pécresse pour les régionales de 2010.

Celui qui est décrit par ses proches comme un hypermnésique qui retient tout se peaufine une nouvelle « compétence » : spécialiste de la politique des transports. En 2014, il emporte cette fois la mairie de Montgeron, avec 56 % des voix ; mais n’a guère le temps d’user son fauteuil pour cause de cumul des mandats. Un an plus tard, il choisit en effet de se présenter aux départementales et rafle la présidence du Département. Aujourd’hui, il vient de fêter ses 50 ans et se définit avant tout comme un élu local, profondément essonnien. Mais cet insatiable lecteur, qui dévore deux à trois livres par semaine, garde les yeux grands ouverts sur les enjeux nationaux. Pour 2022, son choix est fait. Ce sera Xavier Bertrand, le seul à ses yeux à pouvoir « représenter une véritable alternative » à la présidentielle.

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