Energie : le Smoys à la recherche d’un second souffle

Doté d’une nouvelle gouvernance depuis l’automne 2020, le syndicat d’énergie essonnien a doublé son périmètre et annonce une feuille de route ambitieuse pour les années à venir.

C’est un programme de travail chargé que se sont fixés les élus du Smoys, le Syndicat mixte d’énergie Orge-Yvette-Seine, à l’issue de leur séminaire, le 2 octobre 2021. Extension du réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques, création d’un groupement d’achats d’énergie, actions volontaristes de rénovation énergétique des bâtiments publics et projets d’investissement dans la production d’énergie décarbonée (méthanisation, panneaux photovoltaïques) : le montant des investissements devrait atteindre 860 000 euros en 2021 et un million d’euros par an à partir de 2022 contre, seulement, 80 000 euros en 2020.

Car ce syndicat d’énergie essonnien, qui compte cependant parmi ses adhérents deux communes du Val-de-Marne (Villeneuve-le-Roi et Ablon-sur-Seine), est en pleine restructuration. « Le Smoys était un syndicat presque centenaire, mais moribond », explique Brahim Ouarem, élu de Sainte-Geneviève-des-Bois, président du Smoys depuis septembre 2020. Jusqu’à récemment, il ne s’était en effet guère aventuré dans d’autres domaines que la gestion des concessions de service public accordées aux gestionnaires des réseaux de gaz et d’électricité, à une seule exception près : la construction d’une centaine de bornes de recharge pour véhicules électriques. « Mais 67 % d’entre elles étaient défectueuses et les tarifs de recharge ne permettaient aucunement d’amortir l’investissement », assure le président.

Brahim Ouarem est, depuis 2020, président du Smoys. © Jgp

Un quasi-doublement du nombre d’adhérents

La nouvelle gouvernance a donc décidé d’assainir le service en alignant ses tarifs sur ceux pratiqués par d’autres syndicats d’énergie ou encore par la métropole du Grand Paris, en remettant à niveau ses installations. « 90 % d’entre elles sont désormais opérationnelles et l’utilisation a doublé, voire triplé », assure Brahim Ouarem, qui compte installer 200 nouvelles bornes d’ici à 2024. Pour redresser sa situation financière, le syndicat est allé chercher une subvention de 570 000 euros auprès de l’Ademe.

Il a également bénéficié de la dynamique créée par la restructuration du Siarce, le Syndicat intercommunal d’aménagement, de rivières et du cycle de l’eau, actif dans l’Essonne, le Loiret et la Seine-et-Marne : celui-ci se désengage en effet de sa compétence énergie et 19 communes ont en conséquence rejoint le Smoys. De plus, suite à la dissolution du Siegra, le Syndicat intercommunal d’électricité et du gaz de la région d’Arpajon, 13 autres communes sont entrées au Smoys. Avec désormais 66 municipalités adhérentes, qui représentent 850 000 habitants, la structure entend bien se positionner comme un acteur de la transition écologique au service de ses adhérents. « Mais nous agirons en partenariat », précise son président, qui a rejoint le Pôle énergie Ile-de-France, créé en 2017 pour favoriser la coopération entre les syndicats d’énergie d’Ile-de-France comme le SDESM, le SEY, le Sigeif, le Sipperec ou encore le SMEGTVO.

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