A Marcoussis, la plus grande ferme photovoltaïque francilienne inaugurée

Portée par le Sigeif et exploitée par Engie green, la plus grande ferme solaire d’Ile-de-France a été inaugurée lundi 4 octobre 2021 à Marcoussis (Essonne) en présence, notamment, de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et de la directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor.

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil, disait René Char. Mais parfois, ce sont les blessures qui nous rendent lucides » : c’est par une métaphore poétique qu’Olivier Thomas, maire de Marcoussis (Essonne), a, lundi 4 octobre 2021, retracé l’histoire des 23 ha qui composent désormais la plus grande ferme photovoltaïque d’Ile-de-France.

Ici, en effet, les blessures sont nombreuses. « Le territoire s’est déconstruit au fil du temps pour devenir ce qu’on appelle en urbanisme un “délaissé” », a expliqué l’élu. De fait, enserrée par l’autoroute A10, puis par la Francilienne, la petite ville de Marcoussis se situe en outre à la sortie sud du tunnel ferroviaire de Villejust, dédié au TGV atlantique. Le site inauguré en ce début d’automne est donc construit sur les remblais de la ligne LGV toute proche. Mais cette blessure est, paradoxalement, ce qui a permis la construction de la centrale électrique : rien d’autre, ni culture, ni logement, ni bureau, ne pouvait, sur ces sols pollués et peu fertiles, voir le jour.

Située sur les remblais de la LGV Atlantique, la ferme solaire de Marcoussis compte plus de 58 000 panneaux. © Jgp

20 % d’actionnariat citoyen

La mise en œuvre du projet n’a cependant pas été simple, ont rappelé tout à la fois Olivier Thomas et Jean-Jacques Guillet, président du Sigeif, auquel le maire de Marcoussis a confié la réalisation du projet. La proximité de lignes à haute tension, celle du pavillon royal de Marcoussis, l’existence d’une canalisation d’eau ont été quelques uns des obstacles à surmonter. « Malgré tout, le projet s’est fait vite », a estimé Jean-Jacques Guillet.

Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, à gauche, et Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, à droite. © Jgp

En 2017, le Sigeif et la commune choisissaient de confier la réalisation du projet à la Compagnie des vents, rachetée quelques mois plus tard par le groupe Engie et intégrée à Engie green. L’étape suivante a consisté à constituer une société de projet rassemblant le Sigeif (20 % du capital) et Engie green (80 %). L’énergéticien a ensuite cédé un quart de ses parts à des particuliers, l’opération ayant fait l’objet d’un financement participatif régional ayant permis de rassembler 1,395 million d’euros. Plus d’un tiers de cette somme (528 000 euros) a été récolté dans la seule commune de Marcoussis (8 300 habitants).

Les 58 296 panneaux photovoltaïques ont été installés en environ un an et la mise en service a eu lieu le 28 septembre 2021. Bientôt, ils produiront quelque 21 GWh par an, soit la consommation d’environ 10 000 habitants. L’investissement atteint 18,8 millions d’euros. Le projet ayant été lauréat d’un appel d’offres de la CRE (Commission de régulation de l’énergie) en 2019, il bénéficiera d’un prix de rachat de 68,8 euros du MWh garanti sur 20 ans. « Cependant, la ferme ne sera totalement achevée que lorsque 300 brebis viendront y pâturer », a complété Olivier Thomas.

Olivier Thomas, maire de Marcoussis, et le conseil municipal des enfants de Marcoussis, lors de l’inauguration. © Jgp

Réduire la dépendance électrique

« Alors que l’Europe est confrontée à une hausse sans précédent des prix du gaz, vous avez sous les yeux une partie de la solution à cette crise », a souligné Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie. « Il faut le rappeler : les énergies renouvelables sont non seulement des énergies bas carbone mais aussi des énergies souveraines, nationales, non délocalisables. Développer le renouvelable, c’est créer des emplois en France et moins subir les aléas internationaux ». En outre, a-t-elle renchéri, « rajouter une production électrique ici contribue à diminuer la dépendance électrique de l’Ile-de-France, qui ne produit que 5 % de l’électricité qu’elle consomme ».

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, n’était pas en reste : « cette ferme est la preuve qu’avec de la détermination et de l’action collective, le changement vers une société plus durable et plus respectueuse de la nature est possible ». Mais surtout, a-t-elle ajouté, « ce projet montre à quel point un terrain délaissé peut avoir un beau destin ». La ministre a profité de l’occasion pour annoncer que le gouvernement allait étendre un mécanisme de « guichet » aux projets de fermes solaires de moins de 500 kWc mobilisant des parcelles de foncier dégradé, permettant de garantir, sans appel d’offres, un prix de rachat de l’électricité produite.

De gauche à droite : Marie-Pierre Rixain et Michel Herbillon, respectivement députés de l’Essonne et du Val-de-Marne, Jean-Jacques Guillet, président du Sigeif, et Olivier Thomas, maire de Marcoussis. © Jgp

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