Efficacity outille les acteurs locaux pour décarboner les villes

Après avoir mis en œuvre un outil pour évaluer l’impact carbone d’un projet de quartier, l’institut Efficacity en finalise deux autres sur les aspects énergétiques de l’aménagement.

En matière d’aménagement, « les collectivités et les aménageurs ont dû mal à savoir ce qu’il faut faire » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, observe Michel Salem-Sermanet, directeur général d’Efficacity. Créé en 2014 à l’initiative du Secrétariat général pour l’investissement, cet institut public-privé de recherche et développement, basé à la Cité Descartes à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), met au point des outils d’aide à la décision pour optimiser les décisions d’investissement des projets de construction au regard des impacts carbone.

L’institut Efficacity est basé à la Cité Descartes à Champs-sur-Marne. © Eric Morency

L’équipe pluridisciplinaire regroupe une petite centaine de personnes, dont une moitié de salariés et l’autre moitié mise à disposition par des laboratoires publics partenaires (CSTB, Cerema, Ecole des Ponts, Université Gustave Eiffel) ou des entreprises privées. Son action est notamment guidée par la feuille de route ministérielle de décarbonation de l’aménagement qui suggère, parmi les premiers leviers, de faire le bilan carbone et d’optimiser la stratégie énergétique.

Les projets d’aménagement « les plus décarbonés possibles »

Sur ces sujets, Efficacity développe une suite logicielle qui permet de concevoir des projets d’aménagement « les plus décarbonés possibles », fait valoir Michel Salem-Sermanet. Pour faire des bilans carbone a été mise au point la méthode « Quartier énergie carbone » promue par l’Ademe et qui s’appuie sur l’outil UrbanPrint qui quantifie l’ensemble des impacts en analyse de cycle de vie. Déployé depuis l’an passé après une période de test, ce dispositif permet de comparer les leviers d’action en fonction de leurs effets et d’obtenir un score pour se comparer à un projet référent. « En prenant les bonnes décisions, on peut aller jusqu’à 55 % d’émissions en moins », rapporte le directeur général de l’institut.

La méthode a notamment été testée sur le Village des athlètes des Jeux de Paris 2024 (Seine-Saint-Denis) et le quartier Saint-Vincent-de-Paul à Paris (14e arr.). Epamarne, Nexity, Kaufman & Broad, Vinci, Eiffage, Bouygues, Espaces ferroviaires se sont engagés dans une systématisation de l’application de la démarche. « Des discussions sont en cours avec les autres entreprises du BTP et les aménageurs », signale Michel Salem-Sermanet.

Observatoire des bilans carbone

Cette année est mis en place avec l’Ademe, le CSTB et le gouvernement un observatoire Quartier énergie carbone qui va centraliser les bilans carbone. « Cet observatoire va permettre de voir s’il y a une baisse au fil des années et comment les plus vertueux y arrivent », indique le directeur général. Une carte de France des projets qui ont fait un bilan doit inciter les acteurs à s’engager.

Michel Salem-Sermanet. © Efficacity

Sur le volet énergie des projets d’aménagement, l’institut a souhaité aller plus loin et expérimente actuellement deux solutions qui doivent être disponibles fin 2024. Energy mapper vise à déterminer le meilleur mix énergétique en fonction des gisements disponibles à proximité. Power DIS vient ensuite simuler les consommations en fonction des composantes du projet pour faire les choix les plus efficaces.

Ces solutions sont sans commune mesure avec ce qui existe aujourd’hui, considère Michel Salem-Sermanet. Il faut maintenant convaincre de changer les habitudes de façon radicale, il y a donc énormément de pédagogie à faire pour expliquer que c’est vertueux, peu cher, etc.

Améliorer les plans climat

Depuis trois ans, Efficacity est chargé d’un autre axe d’intervention : améliorer les plans climat des collectivités locales. Devant la difficulté d’évaluer l’impact d’une action, une tâche généralement confiée à un bureau d’études, un outil d’aide à la décision est là-aussi en cours de mise au point. La travail est mené avec des collectivités pilotes dont la métropole du Grand Paris et la ville de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Des évaluations en amont et en aval des projets d’Inventons la métropole du Grand Paris sont notamment réalisées dans ce cadre.

L’objectif est de construire une méthode et une boîte à outils de référence permettant une quantification des émissions de gaz à effet de serre des principaux leviers d’action. Pour les accompagner dans la démarche, l’institut de recherche et le Cerema ont mis en place le label Ville durable et innovante, obtenu par une dizaine de communes et intercommunalités en France, notamment Paris-Vallée de la Marne (Seine-et-Marne) et Brétigny-sur-Orge (Essonne). En complément, le dispositif Assett permet d’évaluer comment les élus peuvent mobiliser les entreprises locales pour participer à la transition.

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