Editorial – Plusieurs certitudes, et quelques doutes…

Au premier rang des certitudes figure, après que le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel de la loi NOTRe, la naissance de la métropole du Grand Paris au 1er janvier prochain.

On ne se lasse pas de le répéter, en toute neutralité politique naturellement : c’est, à nos yeux, un pas de géant. En aucun cas du surplace et encore moins une régression. Certes, on aurait pu espérer que le législateur procède à une rationalisation du millefeuille plus radicale. Des marges de progression réelles demeurent à l’évidence en l’espèce. Mais si le Grand Paris institutionnel est sorti fatigué du long processus parlementaire, la liste des compétences métropolitaines apparaît longue et imposante.

Et en attendant leur effectivité – ce qui prendra, on peut également le regretter, quelques années –, la métropole et son président exerceront dès le début de l’année prochaine le magistère de la parole. Le président du Grand Paris exprimera une vision, en plus des schémas et autres plans que ses services bâtiront.

Au second rang des certitudes métropolitaines de cette rentrée, le découpage inédit de la petite couronne en 12 territoires, aux compétences de gestion puissantes et exercées, en théorie au moins, dès le 1er janvier prochain. De source informée, les périmètres présentés début juillet par le préfet de région seraient définitifs, la publication du décret les créant officiellement une formalité.

Au rang des inconnues figure, ces motifs de satisfaction énoncés, la traduction que les maires feront de cette nouvelle donne. Car la métropole, tout comme les territoires, leur appartiendra. Ce sont les maires réunis au sein de l’exécutif des deux échelons qui exécuteront la partition laborieusement définie par la loi. Dès lors, la topographie des circuits de décision en petite couronne apparaît largement comme une page blanche.

Venons-en aux doutes : compte tenu de la complexité du système de gouvernance francilien, que la loi NOTRe, à l’évidence, ne simplifie pas, les élus locaux sauront-ils s’entendre ? Espérons-le. Si, d’aventure, le président de la région Ile-de-France, celui de la métropole du Grand Paris et le maire de Paris jouaient à se quereller, aveuglés par leurs stratégies personnelles, le résultat serait tout simplement désastreux.

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