E. Guyot : « De nouvelles baisses de budget mettraient en danger des investissements indispensables à nos écoles »

Une diminution supplémentaire des ressources de la chambre, projetée par le projet de loi de finances pour 2017 en cours d’examen risque « de casser un outil qui fonctionne », déplore Etienne Guyot, directeur général de la CCI Paris-Ile-de-France.

Le Parlement doit incessamment adopter le projet de loi de finances (PLF) pour 2017, un projet qui suscite à la chambre une intense mobilisation. Pourquoi ?

Effectivement, nous tirons le signal d’alarme. Depuis trois ans, nos ressources ont diminué de façon très importante : l’Etat a prélevé 150 millions d’euros sur la trésorerie, tandis que, parallèlement, les ressources issues de la fiscalité sur les entreprises ont été réduites d’au total 140 millions d’euros sur la période (quelque 50 millions d’euros par an). Le tout, sur un budget annuel d’environ 600 millions d’euros ! Ce sont des montants considérables, qui nous ont contraints à mener un plan de transformation en profondeur : nous avons supprimé 1 000 postes (700 départs volontaires et 300 suppressions), fermé des services publics, réduit les investissements annuels de 60 à 25 millions d’euros, diminué les charges de fonctionnement, réorganisé en profondeur tous nos process (achats, marketing organisations…).

Etienne Guyot, DG de la CCI Paris Ile-de-France. © DR

Etienne Guyot, DG de la CCI Paris Ile-de-France. © DR

Nous avons vendu des immeubles (par exemple la Bourse de commerce à la Ville de Paris), mis l’une de nos écoles en vente (l’institut Chauvin) et décidé d’en fermer une autre en 2019 (Novancia). Ces efforts ont, du reste, été reconnus par le préfet de région que nous avons reçu en septembre dernier, en signant avec l’Etat une convention d’objectifs et de moyens pour cinq ans. Nous nous attendions donc à une stabilité de nos ressources pour 2017. Or l’article 17 du PLF prévoit une baisse supplémentaire de 14 millions : ce sont les jeunes, les territoires, les entreprises et donc l’emploi qui vont en pâtir ! D’où cette intense mobilisation auprès des parlementaires.

Quelles peuvent être les conséquences de cette mesure ?

La CCI de Paris Ile-de-France accompagne chaque année 100 000 porteurs de projets et forme 60 000 personnes dans ses écoles en formation initiale, par apprentissage, ou en formation pour adultes. Avec un taux d’insertion à sept mois compris entre 80 et 85 % ! Nous gérons aussi dix sites d’exposition et de congrès qui produisent des retombées économiques à hauteur de 5,5 milliards d’euros par an. Autrement dit, la chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France contribue de façon substantielle au développement économique de la région.

En diminuant encore nos ressources, on prend le risque de casser un outil qui fonctionne ! Nous devrions diminuer drastiquement nos investissements dans les écoles, ce qui signifie arrêter des projets, fermer des formations, ne pas effectuer des travaux de sécurité, etc. Enfin, cela n’a pas d’incidence positive pour les entreprises qui nous financent : les ressources qui nous sont affectées sont plafonnées ; ce qui est au-delà du plafond va au budget de l’Etat, et ne leur est pas restitué.

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