Des montants, pour les exportations comme pour les importations, atteignant des records et une aggravation du déficit de la balance commerciale caractérisent l’Ile-de-France en 2022, indique le Crocis dans sa dernière note de conjoncture.
« Après une année 2020 marquée par la chute spectaculaire des échanges internationaux due à l’arrêt de la plupart des économies mondiales, l’année 2021 fut celle du rebond avec des niveaux d’exportations et d’importations équivalents à ceux observés avant la pandémie de Covid-19. L’année 2022 a été celle de tous les records, atteignant aussi bien pour les exportations que les importations des montants jamais vus auparavant », résume le Crocis, le centre d’observation du commerce, de l’industrie et des services d’Ile-de-France, dans sa dernière note de conjoncture.
En 2022, le montant des exportations françaises progresse de plus de 100 milliards d’euros et s’élève à 584,9 milliards d’euros (+ 21,4 % par rapport à 2021), cette augmentation faisant suite à celle déjà observée en 2021 (+ 15,3 %). « Désormais le montant des exportations françaises est bien au-dessus de celui d’avant la pandémie de Covid-19 (496,2 milliards d’euros) », indique Yves Burfin dans cette note de l’observatoire économique de la CCI régionale.
Les importations ont connu la même trajectoire : après une forte hausse en 2021 (+ 19 %), l’année 2022 est celle du record : 775,1 milliards de produits importés, soit + 30,4 %. « Il s’agit de la 2e année pour laquelle le montant des exportations dépasse celui observé en 2019, le dépassant désormais de 200 milliards d’euros ! », poursuit l’auteur.
En 2022, les importations franciliennes se sont élevées à 214,7 milliards d’euros et les exportations à 136,2 milliards. Ainsi, la valeur des biens échangés a fortement augmenté et creuse donc le déficit de la balance commerciale francilienne, passant de – 58,5 milliards d’euros en 2021 à – 78,5 milliards en 2022 (soit une dégradation de 20 milliards), mais comme les exportations et les importations varient dans les mêmes proportions, le taux de couverture reste le même : 63,4 %, indique Yves Burfin.
L’Europe premier partenaire de l’Ile-de-France
L’Europe est le principal partenaire commercial de l’Ile-de-France (61,9 % des exportations et 60,5 % des importations), suivie par la zone Asie-Océanie (24,9 % des échanges, 15,8 % des exportations), dépassant les Amériques (zone incluant l’Amérique du nord, centrale, du sud et les Caraïbes). Les échanges entre l’Ile-de-France et l’Asie-Océanie sont les plus déséquilibrés, puisque le taux de couverture n’est que de 40,1 %.
La 3e région mondiale avec laquelle l’Ile-de-France a des relations commerciales importantes est la zone Amériques avec 20 milliards d’euros d’exportations et 18,4 milliards d’euros d’importations. A noter que les échanges entre la zone Amériques et l’Ile-de-France sont en faveur de la région francilienne, avec une balance commerciale de + 1,6 milliard d’euros et un taux de couverture de 108,8 %.
Le top 10 des produits les plus exportés est révélateur des spécialisations de l’industrie francilienne (aéronautique, automobile, pharmacie) et du poids de la région dans le domaine du luxe (cuir, bagages, chaussures, parfums, cosmétiques et joaillerie).
En un an, le coût des importations d’hydrocarbures a augmenté de 132 % et celui de l‘électricité de 372 %. Ces deux produits, qui ont connu une forte inflation, contribuent fortement à la dégradation de la balance commerciale francilienne.
