Cl. Capillon : « Le coût de la crise est évalué à 400 000 euros pour Rosny-sous-Bois »

Commande et distribution de masques, plan de continuité de l’activité, réouverture des écoles, perspectives financières, Claude Capillon, président de Grand Paris Grand Est et maire de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) fait le point sur ses actions durant la crise sanitaire.

– Grand Paris Grand Est vient de recevoir ses masques ?

Depuis le début du confinement, nous avons mis en place une série d’outils afin de permettre aux habitants de Grand Paris Grand Est de vivre au mieux durant cette période. Dès le début du mois d’avril, le territoire a ainsi commandé 600 000 masques en tissu, lavables et réutilisables, pour ses 400 000 habitants. 200 000 unités étant destinées aux agents communaux et à ceux du territoire.

Claude Capillon. © Jgp

Le 24 avril dernier, j’ai visité une des fabriques de ces masques, située à Saint-Ouen l’Aumône. Je tenais à obtenir des masques d’origine européenne ou française. Une première partie de notre commande a été livrée hier, nous commençons donc la distribution aujourd’hui mardi 12 mai. La Région nous a également donné plusieurs dizaines de milliers de masques chirurgicaux, 60 000 pour la seule ville de Rosny. Certaines villes du territoire ont également commandé ces protections de leur côté. C’est mon cas à Rosny-sous-Bois.

– A Rosny-sous-Bois, vous avez tenu à sécuriser leur distribution ?

J’ai commandé 50 000 masques pour Rosny, qui ont été distribués pour l’essentiel au cours de la semaine dernière. Face aux vols de masques ou aux boîtes à lettres forcées après leur distribution, nous avons décidé de les remettre directement aux habitants. Nous avons mobilisé pour cela 60 agents, un standard téléphonique de 15 personnes. Les gens pouvaient également s’inscrire sur le site Internet et par les réseaux sociaux, et nous remettions deux unités par foyer dès la commande enregistrée, avec un récépissé.

– Comment Grand Paris Grand Est a mis en place son plan de continuité de l’activité ?

Nous avons veillé notamment au bon fonctionnement de la collecte des ordures ménagères, de celle des emballages et papiers, du verre ou des encombrants. Nous avons également maintenu la collecte des déchets végétaux. C’est important car de nombreux habitants ont profité de ce confinement pour mener des activités de bricolage ou de jardinage, notamment en zones pavillonnaires. Il fallait donc absolument maintenir cette collecte. J’ai pris, par ailleurs, la décision de rouvrir six déchetteries dès le 28 avril, afin de permettre aux habitants d’y jeter leurs déchets verts, de sorte que les villes demeurent propres. Nous avons élaboré et diffusé un guide pédagogique qui présente des conseils et des bonnes pratiques, notamment pour réduire le volume de ces déchets.

– Vous figurez parmi les signataires de la tribune de l’Amif sur la réouverture des écoles ?

Oui, j’ai signé cette tribune, par laquelle les maires ne s’opposaient d’ailleurs pas à l’ouverture des écoles, mais à la précipitation avec laquelle le gouvernement nous demandait de le faire. Et il s’agissait de traiter aussi la question de la responsabilité pénale des maires. L’Etat prend la main sur un certain nombre de décisions et semblait vouloir se défausser de certaines autres sur les maires. Un exemple : j’avais pris, à Rosny, un arrêté de fermeture de certains commerces le dimanche après-midi. Il s’agissait, en l’occurrence, d’épiceries devant lesquelles des habitants se regroupaient, ignorant les règles du confinement. Mais l’Etat a aussitôt invalidé cet arrêté, estimant qu’il n’appartenait pas aux maires de prendre de telles décisions. Et à l’inverse, l’Etat, sur un point aussi essentiel que la réouverture des écoles, nous en confiait au final la responsabilité…

Un texte de loi est en préparation à ce sujet. A Rosny, les écoles rouvriront le 18 mai. Cela nous donne toute la semaine en cours pour préparer cette réouverture, ce n’est pas de trop. Je comprends à la fois les parents inquiets des risques de cette réouverture et ceux qui souhaitent voir leurs enfants reprendre le chemin de l’école, car eux-mêmes risquent parfois, sinon, de perdre leur chômage partiel. Je visiterai jeudi et vendredi la totalité des écoles de la commune. Et je ne les ouvrirai que si l’ensemble des conditions de sécurité sanitaire permet de garantir la santé des élèves, des parents et de l’ensemble des équipes éducatives.

– L’instruction des documents d’urbanisme a-t-elle repris ?

Oui, depuis lundi 11 mai, les équipes instruisent de nouveau les demandes de permis de construire. Durant le confinement, elles s’étaient limitées à l’examen des demandes de travaux.

Grand Paris Grand Est et Est Ensemble vus de Noisy-le-Grand. © Jgp

– Êtes-vous inquiet pour vos finances ?

Oui. Lors de notre prochain conseil municipal, le 28 mai, nous allons adopter une délibération prévoyant une dépense exceptionnelle de 500 000 euros. Pour l’instant, la pandémie a coûté 400 000 euros à la ville de Rosny. Même si le Covid-19 a eu pour effet de supprimer certaines dépenses, liées par exemple à l’événementiel, la crise sanitaire nous prive de certaines de nos recettes, celle des cantines scolaires par exemple.

J’ai instauré par ailleurs le stationnement gratuit pendant les deux mois de confinement, et jusqu’à fin juin, ce qui représente quelque 300 000 euros de recettes en moins. J’ai bien noté que l’Etat allait nous rembourser une partie de l’achat des masques. Mais il faudra, le moment venu, que l’Etat puisse nous permettre de compenser l’ensemble des dépenses réalisées dans le cadre de la pandémie.

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