Ch. Favier : « Avoir un toit est le premier des droits de l’homme »

Les vœux du groupe Valophis, opérateur de logement social val-de-marnais, ont donné l’occasion à Christian Favier, président du Val-de-Marne, de fustiger de nouveau la politique du gouvernement « qui met à mal notre capacité de production et d’entretien de logements sociaux ».

L’immense salle du Pavillon Chesnaie du Roy, qui jouxte le parc floral de Vincennes, était comble pour la cérémonie des vœux de Valophis, groupement d’offices HLM val-de-marnais, vendredi 24 janvier 2020. Patrice Bergougnoux a salué la présence du préfet du Val-de-Marne Raymond Le Dun, des présidents de Paris Est Marne et Bois Jacques JP Martin et de Grand Orly Seine Bièvre Michel Leprêtre, ainsi que des nombreux élus et personnalités du département.

Patrice Bergougnoux. © Jgp

L’immense salle du Pavillon Chesnaie du Roy, qui jouxte le parc floral de Vincennes, était comble pour la cérémonie des vœux de Valophis. ©Jgp

« C’est aussi l’occasion pour nous de rendre hommage à notre tutelle, en exprimant notre profonde reconnaissance à son président, Christian Favier, pour le témoignage constant de son soutien et de sa confiance », a déclaré le directeur général de Valophis. L’ancien directeur général de la police nationale a évoqué le rapprochement en cours de l’office HLM de Villeneuve-Saint-Georges, qui suit celui de Bonneuil-sur-Marne. Patrice Bergougnoux a indiqué que la 3° génération de contrat d’objectifs et de moyens de l’opérateur social, pour la période 2021-2025, se caractérisera pas un renforcement de son action, « notamment sur les fonciers départementaux dont la valorisation offre de nouvelles et intéressantes perspectives ».

Un parc de 40 000 logements

« Avoir un toit est pour moi le premier des droits de l’homme », a martelé le président du conseil départemental du Val-de-Marne. Christian Favier s’est félicité, en l’espèce, que le groupe Valophis loge 100 000 personnes dans 40 000 logements. « Mais nous devons faire le triste constat d’atteintes de plus en plus répétées à la conception même du logement social dans notre pays », a-t-il poursuivi. Le président du Val-de-Marne a cité la baisse de 5 euros par mois des allocations personnalisées au logement (APL), compensée pour les locataires par une réduction équivalente du loyer de solidarité appliquée par les bailleurs. Il a évoqué également le « quasi-doublement de la TVA applicable à la construction de logements sociaux », passée de 5,5 à 10 %.

« Au-delà de ces économies gouvernementales, lourdes de conséquences pour la production et l’entretien de logements sociaux, nous subissons également les conséquences de la lourde restructuration du secteur, voulue par la loi Elan, qui impose aux offices gérant moins de 12 000 logements de se regrouper avant le 1er janvier 2021 », a-t-il également souligné. « Cette réforme est non seulement une source d’inquiétude pour les personnels, mais pose également la question de la gestion de proximité du logement social, et de la place des élus locaux », a-t-il estimé.

« Concernant Valophis, ces rapprochements s’effectueront avec un maintien de la qualité de service et une hausse du parc de logements », a-t-il précisé. Christian Favier a exprimé sa ferme opposition à la vente de logements sociaux par les offices, que le gouvernement a fixée à 1 % du parc et que Valophis ne mettra pas en œuvre. Il a rappelé que 90 000 personnes étaient en attente d’un logement social dans le département et souligné le risque que des copropriétés dégradées résultent de ces cessions.

Bouclier social

Le président du Département redoute que les nouvelles dispositions concernant les APL, attendues en avril prochain, pénalisent les locataires. Il a déploré que la fusion, annoncée pour 2022-2023 du revenu de solidarité active (RSA), de la prime d’activité et des APL en un seul revenu universel d’activité (RUA) aboutisse à la disparition du versement direct de l’APL aux bailleurs sociaux, en tiers-payant. « En s’attaquant à nos capacités d’autofinancement, l’Etat met en danger nos capacités de production et d’entretien de logements, qui constituent pourtant un bouclier social qui a permis à de nombreux foyers d’échapper aux turpitudes qu’ont connues d’autres pays en temps de crise, a-t-il également fait valoir. Cela met également à mal nos capacités de recrutement, dans un secteur où les relations humaines de proximité jouent un rôle essentiel. »

Christian Favier © Jgp

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Abraham Johnson.© Jgp

Christian Favier a évoqué enfin les perspectives d’activité considérables ouvertes pour Valophis par le nouveau plan national de rénovation urbaine (NPNRU), en construction comme en réhabilitation. Il a souligné le rôle du groupe en matière d’accession sociale à la propriété, citant également le Fonds de solidarité habitat du département pour prévenir les impayés de loyers. En 2019, le groupe Valophis a vu 276 nouveaux logements sortir de terre, tandis que 1 257 ont été rénovés.

« Notre métier, c’est la défense de l’intérêt général », a conclu Abraham Johnson. Le président de Valophis a dénoncé également « la financiarisation du secteur et la paupérisation » des opérateurs de logements sociaux, allant de pair avec « une stigmatisation de certaines populations parmi les plus fragiles ».

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