Cercle Colbert : adapter les politiques de l’emploi aux besoins locaux

Le Cercle Colbert et le CESE ont planché, le 5 avril 2017, sur les politiques de l’emploi et le développement de l’activité dans les territoires. Cette rencontre suivie par plus d'une centaine de personnes s’est conclue sur la nécessité d’engager une gestion active de l’emploi via un partenariat entre services publics, acteurs locaux et entreprises.

Sur quels leviers agir pour réduire le nombre de demandeurs d’emploi ? Comment adapter les politiques publiques aux nouveaux paradigmes : automatisation, numérisation, métropolisation ? Le service public de l’emploi est-il armé pour accompagner ces changements ?

« Nouveaux métiers, nouvelles entreprises : quelles solutions pour l’emploi et le développement de l’activité dans les territoires ». Tel était le thème du colloque organisé au Palais d’Iéna le 5 avril par le Cercle Colbert. © Jgp

Ces interrogations ont lancé les échanges du colloque organisé par le cercle Colbert en partenariat avec le conseil économique, social et environnemental, au Palais d’Iéna le 5 avril sur le thème « Nouveaux métiers, nouvelles entreprises : quelles solutions pour l’emploi et le développement de l’activité dans les territoires ». « Les pouvoirs publics et les entreprises ne peuvent rien seuls », a indiqué en introduction François Berthelon, vice-président des Ceser de France.

Les limites du service public de l’emploi

Ce colloque avait pour base de travail deux récentes études sur la gestion de l’emploi dans les territoires. La première a été réalisée par Claire Dagnogo et Alain Petitjean, animateurs au Cercle Colbert. Ce dernier, par ailleurs directeur du Centre d’études et prospectives du groupe Alpha, explique que « le service public de l’emploi présente trois limites : économique ; une trop forte concentration sur les demandeurs d’emploi et pas assez sur les entreprises ; une insuffisance d’ancrage local ». Dès lors, les pistes d’amélioration consistent à « trouver des solutions locales », partir des besoins des entreprises et favoriser des politiques qui « mixent des actions sur la montée en compétences des personnes et d’autres sur le développement économique ».

Maximilien Pellegrini

Au premier plan Maximilien Pellegrini, DGA développement et stratégie de Suez Eau, au second plan Patrick Lenancker, ancien président de la confédération générale des Scop, rapporteur au CESE de la loi Territoires zéro chômeur

Le recentrage local est aussi au cœur de la seconde étude émanant de l’Observatoire des territoires du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) qui dresse un panorama des dynamiques territoriales en matière d’emploi et de chômage. Il pointe des disparités « plus fortes » en France que dans les autres pays européens, avec des ensembles régionaux dynamiques et d’autres présentant des difficultés structurelles, ainsi qu’une concentration de l’emploi sur des pôles urbains attirant de plus en plus d’actifs. Des constats qui posent « des questions fondamentales pour l’aménagement du territoire », conclut le rapport.

Etre plus inventif

Même les tout nouveaux schémas régionaux de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) « ne sont pas à la hauteur des besoins, car ils proposent les mêmes gammes de dispositif sur tout les territoires », regrette Alain Petitjean, qui invite à être plus inventif en lançant des appels à projets pour faire émerger des formes innovantes d’actions économiques. « Un réservoir de création d’entreprise et d’emploi existe au niveau local, à charge pour les territoires de fédérer les entreprises et l’ensemble des acteurs notamment de la formation », insiste-t-il.

A droite, les deux co-présidents du cercle Colbert, Jacques Godron et Jérôme Coumet. © Jgp

En effet, « un foisonnement d’initiatives locales existent dans les territoires pour réduire le nombre de chômeurs », a constaté en conclusion Jacques Godron, notamment parce que « le chômage est un mal de proximité et pèse davantage sur les acteurs locaux que nationaux ». Un comble alors que « les causes en sont d’abord nationales », pointe le co-président du Cercle Colbert, « rigidité du code du travail, protection des salariés par un statut CDI paradoxalement destructeur d’emplois, excès de charges sur les entreprises ». La situation qui consiste à faire supporter aux collectivités locales la réparation de dégâts causés localement par un système bloqué au niveau national est « absurde et intenable ».

Sur le même sujet

Top