Le bureau fédéral des socialistes de Paris a tranché jeudi 6 mars dans la soirée dans un climat tendu : les primaires socialistes auront lieu le 30 juin prochain pour départager Rémi Féraud et Emmanuel Grégoire. Dans chaque arrondissement, le vote pour désigner la tête de liste socialiste aura lieu le même jour. La totalité des maires sortants devraient se représenter.
Ce sera le 30 juin. Les partisans d’Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, souhaitaient une primaire le 3 avril, comme fixé par la circulaire nationale du Parti socialiste, récemment adoptée. Certains des soutiens de Rémi Féraud, candidat adoubé par la maire de Paris, militaient, en revanche, pour une primaire à l’automne. Mais le compromis intervenu jeudi soir, tard dans la soirée, sur le 30 juin n’est qu’apparent. En coulisses, jusqu’au bout, les deux camps ont continué à s’opposer et à s’accuser réciproquement de manipulation.
Ainsi, jeudi soir, le camp d’Emmanuel Grégoire a fait constater par des huissiers l’impossibilité pour deux membres du bureau fédéral du PS parisien de participer à la réunion. « Trois membres du TO1 (*) soutenant Emmanuel Grégoire ont été démissionnés d’office, la veille du conseil fédéral, par la chef de file du TO1 Hélène Geoffroy, en contravention avec toutes nos règles, pour être remplacés par des partisans de Rémi Féraud », accuse l’entourage d’Emmanuel Grégoire. « Ces remplacements, deux en réalité puisque l’un des trois a été finalement maintenu, ne sont qu’une réponse aux agissements antérieurs de nos concurrents, qui ont procédé à l’identique en substituant, au sein du même TO1, un soutien d’Emmanuel Grégoire à un militant qui soutenait Rémi Féraud », répond-on dans l’entourage de ce dernier. Ambiance.
Autre sujet de discorde, la date à laquelle le corps électoral de ces élections primaires sera retenue. Le bureau réuni jeudi 6 mars a décidé à la majorité qu’il s’agirait du 3 octobre 2024, soit six mois avant le 3 avril 2025 et non six mois avant le 30 juin, soit le 30 décembre 2024, comme le souhaitaient les partisans de Rémi Féraud. « Cela pose un problème démocratique à nos yeux, indique un proche de Rémi Féraud, car des militants qui pourront voter lors de notre Congrès [qui s’achèvera le 27 juin, ndlr], ne pourront voter aux primaires de Paris ».
Enfin, les têtes de listes socialistes dans chaque arrondissement seront également élues par les sections de chaque arrondissement ce même 30 juin. A notre connaissance, l’ensemble des maires d’arrondissement socialistes sortants devraient se représenter.
(*) Les textes d’orientation (TO) ont remplacé les courants au sein du Parti socialiste, qui regroupe le TO1 animé par Hélène Geoffroy, le TO2 (Olivier Faure) et le TO3 (Nicolas Mayer-Rossignol).
