A. Missoffe : « Le projet du Grand Paris nous impose d’être inventifs et innovants »

Le coût, la disponibilité et la qualité de l’immobilier tertiaire sont des critères clés dans les décisions de localisation, rappelle Alexandre Missoffe, directeur général de Paris-Ile de France Capitale Economique.

Paris-Ile de France Capitale Economique mesure les critères des investisseurs, l’immobilier de bureaux figure-t-il parmi ceux-là ?

A travers le Global Cities Investment Monitor, nous mesurons l’évolution dans le temps des critères qui déterminent les décisions d’investissement. Le coût, la disponibilité et la qualité de l’immobilier tertiaire sont, dans cette étude, des critères clés. Mais ce sont aussi des points sur lesquels l’écart entre nos atouts réels et la perception qu’en ont les investisseurs étrangers est le plus fort. Alors qu’en volume, Paris-Ile de France est objectivement le premier territoire d’Europe et le second au monde avec 53 millions de m2, nous n’arrivons qu’en 17e position dans les perceptions des acteurs économiques.

Alexandre Missoffe

Alexandre Missoffe. © JGP

Donc nous sommes bien positionnés sur ce critère ?

Rien n’est jamais acquis et il faut sans cesse nous remettre en question. D’autant plus que le projet du Grand Paris, par son ampleur inédite, nous impose d’être inventifs et innovants. Le Grand Paris express va accélérer les mutations des formes de la métropole, en intensifiant les activités autour des gares et des pôles du nouveau métro. Il faut que la destination des bâtiments suive le tempo des transformations de la ville. A défaut, la question des bureaux vacants pourrait devenir un sérieux handicap, alors qu’au contraire nous devons en faire un atout pour accompagner le choc de l’offre de logements. C’est pourquoi Paris-Ile de de France Capitale Economique a réuni des expertises complémentaires pour aboutir à six propositions concrètes, qui permettent d’accélérer la transformation de bureaux vides en logements.

L’immobilier de logements et celui de bureaux sont les déterminants de l’attractivité ?

Oui, mais parmi d’autres. Il n’y a pas de réponse unique. Le Grand Paris n’est pas une somme, c’est un tout ! Cela vaut pour les lignes de transport et pour les territoires comme pour les facteurs d’attractivité. Nos deux arguments les plus percutants pour convaincre sur le Grand Paris, selon moi, sont d’une part, la constance et le consensus qui portent ce projet et déterminent la confiance, et d’autre part, sa dimension holistique. C’est pour cela que nous avons défini, avec Christian Nibourel, sept chantiers de l’attractivité qui embrassent cette mise en résonance : de l’artisanat industriel aux grands équipements scientifiques, des grands équipements scientifiques à la finance solidaire, du logement à la soutenabilité, à la place de droit ou encore au soft power.

Sur le même sujet

Top