À l’occasion de la cérémonie des vœux de la fédération LR de Paris, dimanche 18 janvier à la Mutualité, Rachida Dati a multiplié les punchlines pour fustiger le bilan de la majorité sortante, s’en prenant très directement à Emmanuel Grégoire, « l’homme du bilan mais aussi du dépôt de bilan ». La ministre de la Culture, qui a annoncé sur France Inter qu’elle quitterait le gouvernement en amont des élections municipales, a également présenté ses principales propositions pour Paris.
C’est l’un de ses premiers discours publics en tant que candidate à la mairie de Paris. Rachida Dati, candidate LR soutenue par l’UDI et le MoDem dans la Capitale, s’est exprimée dimanche 18 janvier à la Mutualité, lors de la cérémonie des vœux de la fédération LR de Paris. Tout comme Agnès Evren, présidente de la fédération, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, et Bruno Retailleau, président des Républicains, qui se sont succédé à la tribune avant elle, la ministre de la Culture a ouvert son discours en fustigeant la saleté et l’insécurité dont souffriraient « des Parisiens ayant le sentiment d’être abandonnés ».
« De Belleville à Passy, de La Chapelle à la Butte-aux-Cailles, cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de choix politiques assumés, elle est le résultat du déni, elle est aussi le résultat du renoncement, elle est le résultat du désordre, de l’idéologie comme seul projet politique : celle d’une majorité sortante qui ne s’est jamais élevée au rang de Paris », a martelé la maire du 7e arrondissement, multipliant les punchlines.
« Grégoire, c’est Hidalgo en pire »
« Il y a longtemps, Paris valait bien une messe. Aujourd’hui, Paris vaut bien mieux que le PS », a-t-elle lancé, hilare, ajoutant que « Grégoire, c’est Hidalgo en pire ».
Comme ses prédécesseurs à la tribune, Rachida Dati a mis en garde contre les risques d’une dispersion des voix à droite au premier tour, où celle-ci sera représentée à la fois par Pierre-Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance), Sarah Knafo (Reconquête) et Thierry Mariani (RN). Cela alors que la gauche part pour la première fois unie dès le premier tour, à l’exception de La France insoumise, qui fera cavalier seul avec la candidature de la député de la 6e circonscription de Paris Sophia Chikirou.
Mais pour la droite parisienne, Emmanuel Grégoire a d’ores et déjà trahi son engagement de ne pas s’allier avec le parti de Jean-Luc Mélenchon en signant un accord avec les ex-LFI de L’Après, incarnés en l’occurrence par Danielle Simonnet (député de la 15e circonscription de Paris). « Emmanuel Grégoire a beau vouloir le faire oublier, il est le candidat de la majorité sortante, il est le candidat de la continuité, il est le coauteur, l’héritier direct du grand déclassement de Paris », a poursuivi Rachida Dati, après qu’Agnès Evren a gratifié l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo d’un cinglant : « Maintenant, tu dégages. »
Rachida Dati a fustigé une majorité sortante qui voudrait faire de Paris un ghetto, en référence à la volonté de l’exécutif parisien d’atteindre 40 % de logements publics d’ici à 2030. La candidate LR a également dénoncé le « pastillage » du plan local d’urbanisme (PLU) parisien, un outil visant, selon elle, à permettre à la Ville « de préempter massivement les immeubles de la capitale pour en faire une ville de logements sociaux ».
« Emmanuel Grégoire a été en charge des ressources humaines et des finances : il est l’homme des 32 heures travaillées par semaine, d’une suradministration de la Ville de Paris. Il a piloté la dérive budgétaire, il est le complice actif de l’explosion de la dette qui met Paris aujourd’hui au bord de la faillite », a-t-elle insisté.
« La dette de Paris en mars 2026, c’est 12 milliards d’euros pour un budget de 10 milliards, a ajouté la ministre. Emmanuel Grégoire ne porte pas uniquement un bilan : il est aussi le candidat du dépôt de bilan de Paris. »
La sécurité, première priorité
Sur le fond, Rachida Dati a indiqué qu’elle lancerait, dès son élection, un vaste audit des finances et des services municipaux. Faisant de la sécurité sa première priorité, elle prévoit le recrutement de 5 000 nouveaux policiers municipaux armés, ainsi que le doublement des caméras de vidéoprotection, avec un centre de supervision dans chaque arrondissement. Concernant la propreté, la candidate LR souhaite privatiser « certaines missions, comme celle de la collecte des déchets ». Elle instaurera par ailleurs « des sanctions effectives » contre ceux qui dégradent volontairement la ville. Souhaitant réconcilier le vélo et la voiture, Rachida Dati réintroduira des voies pour les automobiles sur une série d’axes stratégiques.
« Pour faire revenir la classe moyenne à Paris, je veux que les logements sociaux profitent à celles et ceux qui travaillent à Paris, à celles et ceux qui font vivre au quotidien notre ville », a déclaré l’ancienne garde des Sceaux.
« Je veux une ville où l’on peut s’installer durablement, fonder une famille, vieillir dignement. Pas une ville réservée à quelques-uns. Une ville qui soit adaptée, qui soit inclusive, pour toutes les personnes en situation de handicap. »

De g. à dr. : Benjamin Haddad, Philippe Goujon, Valérie Pécresse, Jérémy Redler, Geoffroy Boulard, Nelly Garnier, Rachida Dati, Agnès Evren, Bruno Retailleau, Christian Jacob, Sylvain Maillard et Maud Gatel. © DR
Favorable à « une écologie qui protège la santé, qui améliore la qualité de vie et qui respecte aussi les contraintes réelles des Parisiens », elle a affirmé vouloir mettre « un terme au verdissement artificiel, aux plantes en pot et aux jardinières à l’abandon d’Emmanuel Grégoire et de David Belliard ». « Partout, nous planterons en pleine terre. » Élue, elle mettra également fin « aux expérimentations disgracieuses en matière de mobilier et d’aménagement urbain », instaurant « une charte esthétique et patrimoniale conforme à l’histoire et à l’esprit de Paris ». La ministre de la Culture souhaite redonner toute sa place à l’art dans la ville, « mais un art respectueux de cet écrin merveilleux qu’est Paris ».
Enfin Rachida Dati a annoncé la création de guichets uniques, assortie de délais clairs, pour l’ensemble des compétences de la Ville, afin de faire de Paris « la ville de la simplicité administrative, dans tous les domaines ».
