Issue de la commande photographique nationale des Regards du Grand Paris (Atelier Médicis/Centre national des arts plastiques), l’exposition Utopie/Maladrerie, conçue avec les habitants du quartier albertivillarien de la Maladrerie, rassemble photographies, textes, installations sonores et sculptures. Elle questionne les orientations du projet architectural initial.
Du 4 mai au 16 juin 2019 se tient l’exposition Utopie/Maladrerie de Julie Balagué, en partenariat avec le Centre d’arts plastiques d’Aubervilliers (Capa). L’exposition albertivillarienne rassemble photographies, textes, installations sonores et sculptures. « Conçu avec les habitants du quartier, le projet met en scène des personnes, devenues personnages, dans une architecture devenue décor. Ce travail questionne ainsi les orientations économiques, politiques et psychosociologiques du projet architectural initial du quartier de la « Maladrerie », conçu dans les années 1970 par l’architecte Renée Gailhoustet », soulignent ses organisateurs.
L’exposition a lieu dans la galerie du Capa, un des 1 000 logements du quartier mis à disposition par l’OPH d’Aubervilliers, et s’intègre dans un projet innovant initié par Juliette Fontaine (directrice du Capa) de mise en contact de la création artistique contemporaine avec la population de ce quartier sensible. Ce travail est issu de la commande photographique nationale des Regards du Grand Paris du ministère de la Culture – Ateliers Médicis et Centre national des arts plastiques. Le travail de création avec les habitants a été soutenu par une résidence du département de Seine-Saint-Denis.
La Maladrerie, imaginée par Renée Gailhoustet
« Le quartier de la Maladrerie, à Aubervilliers est l’une des réalisations les plus remarquables de l’architecture urbaine des années 1970. Ce microcosme un peu à part a été imaginé par Renée Gailhoustet », indiquent les organisateurs de l’événement. L’architecte a alors pour ambition de repenser les liens entre la ville et le logement social. Elle achève à peine la construction du centre-ville d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) au moment où le chantier de rénovation du quartier de la Maladrerie lui est confié. Entre 1975 et 1984, c’est un ensemble de 9 ha et de 1 000 logements, tous différents, qui voient le jour. Des commerces, des équipements socioculturels et des ateliers d’artistes s’intègrent à l’ensemble. Délaissant le modèle éculé des barres et des tours, l’expérience architecturale qu’elle mène à Aubervilliers ambitionne de changer le statut du logement social dans le tissu urbain. Architecture futuriste mêlant béton, verre, terrasses végétalisées et formes angulaires, elle laisse une grande place à la circulation piétonne et à la végétation. Un genre d’utopie en banlieue rouge.
Centre d’arts plastiques d’Aubervilliers – 3, allée Gustave Courbet, 93 000 Aubervilliers


