L’organisation rassemble 83 métropoles engagées dans la lutte contre le changement climatique. Elle vise à renforcer les coopérations opérationnelles entre ses membres pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
En présentant sa candidature au C40, qui rassemble désormais 83 métropoles mondiales engagées pour le climat (*), Anne Hidalgo a rappelé sa conviction selon laquelle « les villes sont des territoires d’avenir ». « 90 % de la croissance économique mondiale seront générées dans les années qui viennent par les grands centres urbains », a-t-elle souligné. « Les villes sont à la bonne échelle, parce qu’elles sont à dimension humaine malgré l’importance de leur population, pour innover, réfléchir, partager avec les habitants, concevoir et mettre en œuvre des politiques dont on voit immédiatement les effets, positifs ou non », a poursuivi l’édile.
Anne Hidalgo a rappelé que c’est sur sa proposition, mais dans le cadre du C40, que 1 000 maires des plus grandes villes du monde se sont réunis à Paris en marge de la COP21, à l’automne dernier, exerçant ainsi une pression sur les gouvernements qui n’a pas été étrangère, estime la maire de Paris, à l’obtention de l’accord historique signé à cette occasion. « 70 % des gaz à effet de serre émanent de nos villes », a-t-elle poursuivi rappelant les divers engagements de la capitale pour les réduire. La maire a notamment cité « l’éradication du diesel ».
Les villes plus mobiles, plus résilientes
« Je crois à la diplomatie des villes, a encore affirmé Anne Hidalgo non pas pour se substituer à celle des Etats mais parce que les villes sont à l’avant-garde du changement, à la fois plus mobiles et plus résilientes ». Si elle est élue à la tête de cette plateforme d’échange et de coopération qui aide les mégalopoles mondiales à lutter contre le réchauffement de la planète, Anne Hidalgo entend renforcer notamment les liens tissés avec les villes du sud. « Le C40 permet des actions très concrètes à l’instar du plan climat mis en place par Johannesburg en partenariat avec Paris, ou entre Ho Chi Minh city et Rotterdam pour la gestion des crues. C’est le C40 qui a également accompagné la ville de Shenzen dans la mise en place d’un système de 1300 bus entièrement électriques » a rappelé Anne Hidalgo.
« Ma vision pour le C40 repose sur trois lignes directrices a fait valoir la maire de Paris dans les salons de l’hôtel de ville, en annonçant sa candidature :
- Mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat ;
- consolider la place des villes dans les organisations et les négociations internationales (ONU, Banque mondiale, Fonds verts des Nations unies, OCDE)
- Renforcer l’attractivité de Paris dans le monde ».
Un comité de soutien prestigieux
L’organisation, dont le siège est situé à Londres, possède un conseil d’administration, actuellement présidé par Mickael R. Bloomberg, ancien maire de New York, ainsi qu’un comité exécutif, présidé par le maire de Rio Eduardo Paes. C’est la présidence du comité exécutif du C40 que brigue la maire de Paris, qui n’a pas manqué de souligner qu’elle y représenterait également la métropole du Grand Paris. Une métropole dont elle a la charge, en temps que première vice-présidente, de l’international et de la préparation des grands événements.
La maire de Paris a profité de l’occasion de l’annonce de sa candidature pour rappeler l’engagement de la ville à l’international, que ce soit au sein de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), ou de l’Association internationale des maires francophones (AIMF).
En présence de Jean-Louis Missika, inventeur de « Réinventer Paris », Anne Hidalgo a indiqué que la ville proposerait de créer un semblable concours d’architecture à l’échelle du C40. La maire de Paris peut déjà se prévaloir d’un comité de soutien étoffé, rassemblant un aréopage de maires : Ada Colau (Barcelone), Michael Müller (Berlin), Martin J. Walsh (Boston), Patricia de Lille (Cap Town), Manuel Carmena (Madrid), Miguel Angel Mancera (Mexico), Giuliano Pisapia (Milan), Raymond Johansen (Oslo), Ahmed Aboutaleb (Rotterdam), Park Won-Soon (Séoul), Karin Wanngard (Stockholm), Yöichi Masuzoe (Tokyo) ou Muriel Bowser (Washington DC) figurent ainsi parmi ses soutiens.
* Le C40 rassemble 80 métropole, soit 600 millions d’habitants et 25 % du PIB mondial. Il tiendra son prochain sommet à Mexico, en novembre 2016. L’organisation est très présente auprès des instances internationales, ONU, Banque mondiale, OCDE, et participera, à l’automne prochain, à la COP22 de Marrakech. Le C40 sera également présent lors de la conférence de suivi de l’engagement des villes à Washington avec l’ONU (5-6 mai). Il participera à la conférence Habitat III qui fixera l’agenda des Nations unies pour les villes pour les 20 prochaines années, à Quito, du 16 au 20 octobre prochain.
