Dimanche 2 février, au soir du premier tour de l’élection législative partielle de la 9e circonscription des Hauts-de-Seine, qui englobe la commune de Boulogne-Billancourt, la candidate de la majorité municipale Elisabeth de Maistre (LR, UDI) est arrivée en tête avec 38,17 % des voix. Elle se qualifie au second tour aux côtés d’Antoine de Jerphanion (Horizons) qui récolte 18,71 % des suffrages exprimés.
Divisés, mais qualifiés. La droite et le centre, particulièrement morcelés à l’occasion de cette législative partielle dans la 9e circonscription des Hauts-de-Seine, dont le premier tour s’est tenu dimanche 2 février, se maintiennent toutefois au second tour. C’est Elisabeth de Maistre (LR, UDI), adjointe à la ville de Boulogne-Billancourt et soutenue par le maire Pierre-Christophe Baguet ainsi que le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui est largement arrivée en tête récoltant 38,17 % des voix.
« C’est le travail quotidien du maire et de la majorité municipale qui est récompensé avec ce beau résultat, a réagi Elisabeth de Maistre. Le soutien appuyé du maire a été considérable et les Boulonnais l’ont remercié ce soir avec ce score qui nous permet d’être confiant pour le second tour ».
Division du bloc central
Elle y affrontera un autre candidat de la droite et du centre, soutenu cette fois-ci par Edouard Philippe, Antoine de Jerphanion (Horizons), qui obtient 18,71 % des suffrages. La candidature du conseiller municipal d’opposition boulonnais, démis de ses fonctions d’adjoint au maire en janvier, en a déboussolé plus d’un. A commencer par la grande perdante de la soirée, la candidate d’Ensemble pour la République soutenue par Gabriel Attal, Laurianne Rossi, qui se classe 4e avec 13,63 % des voix.
Elle faisait pourtant figure de favorite en tant que successeuse de Stéphane Séjourné (Ensemble pour la République), député sortant élu en 2024 avant d’être nommé commissaire européen. « Je déplore le faible taux de participation, mais les électeurs ont été découragés par la division locale du bloc central, j’en paie le prix », analyse la candidate macroniste.
Division locale
Lorsque le maire Pierre-Christophe Baguet présente les résultats définitifs devant une salle comble, une légère tension émerge. A l’annonce du score d’Antoine de Jerphanion, plusieurs personnes exclament leur joie, « on se calme » répond l’édile avant d’ajouter : « ce n’est pas dans la tradition boulonnaise ». Si ce dernier voit dans les résultats du soir la « confirmation qu’il y a un pôle de stabilité dans ce pays qui est le maire », il n’en déplore pas moins les « divisions locales subites ».
« Je suis très confiant pour le second tour, mais c’est aux états-majors de voir quels messages ils veulent envoyer aux Français, explique Pierre-Christophe Baguet. Antoine de Jerphanion n’est pas obligé de se maintenir, cela s’est déjà vu ailleurs. Quel message envoie le président de l’Association des maires de France (AMF) en soutenant un adjoint dissident contre un maire titulaire, c’est quand même étrange », se questionne-t-il.
Preuve des divisions de la droite et du centre, David Lisnard qui préside l’AMF a lui soutenu Philippe Tellini (Nouvelle énergie pour la France) au premier tour. Le candidat centriste, conseiller municipal d’opposition après avoir été lui aussi démis de ses fonctions d’adjoint à Boulogne-Billancourt arrive en sixième position avec 4,05 % des voix. Quant à la gauche, malgré une circonscription qui lui est historiquement défavorable, elle arrive en 3e position, Pauline Rapilly-Ferniot (NFP) obtenant 13,83 % des voix, juste devant Laurianne Rossi.
L’abstention, grande gagnante
« Je suis très contente du collectif qui se construit et se renforce à chaque élection, se réjouit la conseillère municipale d’opposition. Les gens qui nous rejoignent, c’est souvent un premier engagement et ça c’est une victoire politique durable. A chaque fois, nous faisons campagne pour gagner, mais si on regarde la circonscription, c’est un excellent score ».
Si selon Pauline Rapilly-Ferniot, « la campagne s’est municipalisée, les gens ayant voté pour le maire », elle explique également le faible taux de participation par la division de la droite et du centre : « cela a contribué à la lassitude globale des électeurs ». Car une chose est sûre au soir de ce premier tour, c’est bien l’abstention qui est la grande gagnante avec une participation qui plafonne à 30,82 %.



