L’ancienne directrice adjointe du lieu culturel du 19ᵉ arrondissement succède à José-Manuel Gonçalvès, qui l’a dirigé pendant quinze ans.
Valérie Senghor, actuelle directrice générale adjointe du Centre des monuments nationaux, petite-nièce du poète Léopold Sédar Senghor, vient d’être désignée par le conseil d’administration du 104 pour prendre les rênes du site. Elle succède à José-Manuel Gonçalvès, qui quittera ses fonctions mi-septembre après quinze années passées à façonner ce tiers-lieu devenu incontournable.
Diplômée d’HEC et titulaire d’une licence d’histoire de l’art, Valérie Senghor connaît bien la maison : elle en fut la directrice adjointe entre 2014 et 2018, en charge du développement et de l’innovation. Elle avait déjà participé à la genèse du projet, avant de rejoindre le Centre des monuments nationaux où elle a piloté l’innovation et les grands projets. Commissaire du Festival de la francophonie en 2024, elle a multiplié les expériences aux croisements de la création et de la gestion.

Valérie Senghor, actuelle directrice générale adjointe du Centre des monuments nationaux, a été désignée par le conseil d’administration pour prendre les rênes du site. © DR
Son projet pour le Centquatre, intitulé « Faire corps, faire monde », entend prolonger l’esprit d’ouverture du lieu, à la fois fabrique artistique et espace de vie pour les habitants du quartier. La nouvelle directrice souhaite développer une biennale mêlant arts visuels, architecture et vivant, ainsi qu’un festival consacré aux arts littéraires. Elle entend aussi renforcer l’ingénierie culturelle et le lien avec les publics, en maintenant un fort ancrage territorial.
Inauguré en 2008 sur le site réhabilité des anciennes pompes funèbres municipales, le Centquatre s’est imposé comme un pôle culturel singulier dans le paysage parisien. Ses 39 000 m² accueillent résidences d’artistes, spectacles, incubateurs d’entreprises et pratiques amateurs, attirant chaque année près de 500 000 visiteurs. L’établissement emploie une centaine de salariés permanents et dispose d’un budget d’environ 18 millions d’euros.
La nomination de Valérie Senghor intervient après un processus de sélection nourri et parfois controversé, où se sont affrontées visions artistiques et considérations politiques.
