Transition, santé, école, logement, solidarités : les propositions de Ian Brossat pour Paris

Le chef de file des communistes pour les municipales à Paris a lancé sa campagne samedi 29 mars dans un café du bas-Belleville. Ian Brossat propose de créer 9 km supplémentaires de voies sur berges sans voiture. Il prône une union de la gauche dès le 1er tour qu’il se verrait bien conduire.

A l’instar des autres candidats de gauche, qui ne manquent pas une occasion de le souligner, Ian Brossat a entamé son allocution de lancement de campagne pour les municipales, samedi 29 mars, en soulignant le caractère exceptionnel du prochain scrutin. « La question qui se pose n’est pas celle des ambitions personnelles. C’est de savoir si Paris restera la ville de la mixité sociale, une ville engagée pour le climat, alors que Donald Trump est au pouvoir aux Etats-Unis, qu’il mène une politique libertarienne avec Elon Musk et que l’extrême-droite progresse partout en Europe ». « Il serait erroné de penser que la France est à l’abri, a poursuivi le sénateur de Paris, illustrant son propos de l’agenda du sénat au cours de la semaine écoulée. Une chambre haute qui a examiné successivement « un texte proscrivant le mariage des sans-papiers, allongeant les durées de détention au sein des centres de rétention administrative (CRA), supprimant les prestations sociales pour les étrangers en situation régulière, ou encore un texte sur les relations franco-algériennes, non pas en vue d’une réconciliation mais bien plutôt pour préparer une nouvelle guerre d’Algérie ».

Ian Brossat et Jacques Baudrier. © Jgp

Meeting de lancement de la campagne des communistes en vue des prochaines municipales à Paris. © Jgp

Ian Brossat a fustigé une droite parisienne conduite par Rachida Dati « qui défend matin midi et soir la bagnole, qui se fait le procureur du logement social, ou qui traine la ville devant les tribunaux administratifs pour tenter en vain de faire annuler la subvention accordée à SOS Méditerranée, qui sauve chaque jour des migrants de la noyade ».

L’élu a déploré la fermeture annoncée à la rentrée prochaine de 180 classes dans la Capitale, « justifiée par l’argument frauduleux de la baisse de la démographie, alors que l’on pourrait en profiter pour réduire les effectifs de chaque classe ».

Parmi ses propositions, l’élu souhaite un élargissement des voies sur berges piétonnes, qui passeraient de 3 km aujourd’hui à 12 km demain, « du pont du Garigliano au pont de Bercy ». Rappelant que 3000 logements sont vides depuis plus de cinq ans, et que 3000 personnes dorment chaque soir dans la rue, les communistes proposent de placer les propriétaires concernés face à une alternative : soit mettre leur bien en location, soit en être expropriés.

Alors que la population de Paris est vieillissante, le chef de file des communistes à Paris propose la création de 100 nouveaux équipements publics de santé, relevant du secteur 1, ainsi que la création d’une mutuelle municipale. « Si Montreuil l’a fait, nous devons pouvoir le faire », a-t-il indiqué.

« Pas trop d’étrangers, trop de racisme »

« Il n’y a pas trop d’étrangers ni à Paris, ni en France, mais trop de racisme », a-t-il également déclaré, s’engageant à construire de nouveaux centres d’hébergement, « afin que Paris conserve et développe sa vocation de ville-refuge ».

En amont de l’intervention de Ian Brossat, Raphaëlle Primet a souligné elle aussi l’importance accrue du futur scrutin municipal dans la Capitale, face à un gouvernement qui a choisi d’appliquer une cure d’austérité aux collectivités territoriales. L’élue du 20e et conseillère de Paris, co-présidente du groupe communiste de la Ville, a souligné en particulier le combat des communistes pour sauvegarder les crédits dévolus à la culture, « secteur qui subit un vaste plan social en catimini ». « On se bat pour les ateliers d’artistes, la mise en œuvre d’un plan de soutien aux tiers-lieux ou la rénovation des bibliothèques », a-t-elle notamment souligné. Raphaëlle Primet s’est félicitée, à ce sujet, de la création prochaine d’un centre culturel dédié à la bande dessinée, dont Paris est aujourd’hui dépourvu.

Raphaëlle Primet, entourée d’Adrien Tiberti, secrétaire de la fédération de Paris du PCF et d’Anne Baudonne, élue du XXe arrondissement de Paris.

Jacques Baudrier. © Jgp

Jacques Baudrier, de son côté, a rappelé que c’est dans ce café, le Lou Pascalou, qu’il y a 12 ans, il avait présenté avec Ian Brossat « Paris n’est pas à vendre ». L’ouvrage anticipait les combats à venir de la gauche sur le front du logement, face à la transformation d’une part croissante du parc en meublés saisonniers touristiques notamment. « Nous avons gagné le combat contre Airbnb, avec des amendes toujours plus élevées pour ceux qui ne respectent pas les règles », a-t-il déclaré. L’adjoint au logement de Paris s’est réjoui que Paris soit « la Capitale qui a construit le plus de logements sociaux au monde » au cours des dernières années, leur nombre ayant doublé en 10 ans. Jacques Baudrier s’est également félicité de la création annoncée du plus grand centre de santé municipal, Porte de Montreuil. Ladji Sakho, délégué au maire du 20e en charge du lien avec les foyers de travailleurs migrants, a dénoncé quant à lui les gestionnaires de foyers qui expulsent des résidents sans leur proposer de solutions de relogement.

Sur le même sujet

Top