Sommet du Grand Paris : Bruno Le Maire sonne la mobilisation générale pour la relance

Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy, Edouard Philippe, Emmanuelle Wargon ou encore Anne Hidalgo, Valérie Pécresse ou Patrick Ollier comptaient parmi les participants du Sommet du Grand Paris, organisé le 29 septembre au Pavillon Gabriel. Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance a décrit le calendrier – serré – du plan de relance en matière de rénovation thermique.

« Je voudrais tordre le cou à l’idée selon laquelle il faudrait attendre pour mettre en œuvre le plan de relance », a déclaré Bruno Le Maire, mardi 29 septembre 2020, en ouverture du Sommet du Grand Paris, co-organisé par La Tribune, Acteurs du Grand Paris et Les notaires du Grand Paris.

Bruno Le Maire. © Jgp

Jean-Christophe Tortora. © Jgp

Thomas Hantz. © Jgp

Cédric Blanchet, président de la chambre des notaires de Paris. © Jgp

« La relance, c’est maintenant », avait également souligné Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune, quelques minutes auparavant, en introduisant les débats. Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance a décrit la mobilisation de l’Etat pour les secteurs les plus touchés par la crise : la restauration, l’hôtellerie, le tourisme ou l’événementiel. Il s’est félicité « du travail de concertation » mené avec Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, et Patrick Ollier, président de la métropole du Grand Paris, pour identifier les projets franciliens porteurs. « L’argent est là pour avancer vite, il faut s’appuyer sur les collectivités territoriales, en premier lieu les régions. Profitez-en, cela ne se reproduira pas si souvent », a insisté Bruno Le Maire.

300 millions d’euros pour la transformation des friches, 350 pour les « maires densificateurs » (au plan national) ont été évoqués par le ministre, qui a également cité les 7 milliards d’euros consacrés à la rénovation thermique, dont un milliard d’euros répartis par les préfets en faveur des collectivités locales. Avec un calendrier extrêmement serré. Afin que 10% du plan de relance, soit 10 milliards d’euros, « soient dépensés et non seulement engagés » avant la fin de l’année.

« La rénovation énergétique a été un échec jusqu’à présent »

« La rénovation énergétique des bâtiments a toujours été un échec jusqu’à présent, cela pour trois raisons, a poursuivi le ministre : aucun calendrier n’avait été fixé, les élus locaux n’avaient pas été sollicités, et la réaffectation des crédits n’était pas possible. Nous avons corrigé ces trois défauts », s’est-il félicité.

Alors que le gouvernement vient de présenter le projet de loi de finances pour 2021, intégrant le plan de relance, Bruno Le Maire a rappelé que l’objectif du gouvernement était que 50 % des fonds de ce plan aient été dépensés fin 2021, cela afin que la France retrouve, dès 2022, son niveau de développement économique d’avant la crise. Le ministre a également évoqué la mise en place d’un comité de pilotage régional, associant le préfet et la présidente de Région, « afin que chacun exerce ses responsabilités à son niveau ». Appelant à l’optimisme et à l’action, Bruno Le Maire a cité la perspective pour la France de posséder prochainement « une des usines de production d’hydrogène les plus innovantes au monde ». Il a évoqué des batteries prochainement produites en France « et non en Chine », ainsi que le premier ordinateur quantique, « tout cela grâce au plan de relance ».

« Qui paie commande »

Valérie Pécresse s’est déclarée, pour sa part, favorable à la création d’opérations d’intérêt régional (OIR), à l’instar de celles existant au plan national, « pour passer outre l’enfer technocratique ». La présidente de Région s’est réjouie de l’accord survenu avec l’Etat, « après une négociation virile » : « il manquait 2,6 milliards d’euros, obérant notre capacité d’investissement future », a-t-elle souligné. L’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a, par ailleurs, souligné que le contrat de plan Etat Région (CPER), qui arrive à son terme, affichait un taux d’exécution de 100 %, « une première historique en Ile-de-France ». Le président de la métropole Patrick Ollier s’en est pris lui aussi aux lourdeurs administratives, appelant de ses vœux de véritables lois de simplification.

Maurice Leroy et Christian Blanc. © Jgp

Nicolas Sarkozy. © Jgp

Les propositions ont fusé lors des différentes tables rondes, qu’il s’agisse de la relance des opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH), de la transformation du modèle économique de l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) ou encore de la réforme de la fiscalité appliquée au surélévation d’immeubles. Thierry Dallard, président du directoire de la Société du Grand Paris, a rappelé à quel point le chantier du Grand Paris express participait à la relance, avec une création de richesse estimée entre 10 et 15 milliards par an pour plus de 4 milliards d’euros de travaux réalisés chaque année.

Enfin, Nicolas Sarkozy, invité vedette de la journée, a égrené ses thèmes favoris, notamment quant à la pertinence de projets d’une ampleur telle que celui du Grand Paris : « le petit ne fait pas rêver », a-t-il résumé, avant de redire sa conviction de l’inutilité de s’attaquer aujourd’hui au meccano institutionnel du Grand Paris, alors que le réseau sera achevé dans 10 ans. Selon l’ancien président, appliquer la maxime « qui paie, commande » est la clé de résolution de l’équation institutionnelle.

E. Wargon : « Le Grand Paris est un rêve, un projet de vie »

Invitée du traditionnel cocktail de rentrée d’Acteurs du Grand Paris, la ministre déléguée au Logement auprès de la ministre en charge de la Transition écologique a estimé, en clôture de la journée, que « Le Grand Paris était un rêve, un projet de vie », un démonstrateur, en somme, de ce que la ville pouvait être, désormais frugale, inclusive, dense, partagée.

Emmanuelle Wargon. © Jgp

Le bureau d’Acteurs du Grand Paris. De g. à dr. : Thierry Courrault, Patrick Renaud, Amandine Martin, Christelle Tang, Thomas Hantz, Maria Breidy, Olivier Frard, Ludovic Raes, François-Marie Didier et Nathalie Lemaitre. © Jgp

Le cocktail de rentrée d’Acteurs du Grand Paris, au Pavillon Gabriel, a cloturé la journée, en présence du tout-Grand Paris. © Jgp

La ministre a également évoqué le groupe de travail en cours sur « l’amélioration » du dispositif fiscal dit « Pinel », et sur le prêt à taux zéro, qui prendront fin dans leur forme actuelle en 2021. « Des amendements à la loi de finances pour 2021, dont l’examen va débuter au parlement, dévoileront à ce sujet nos intentions », a-t-elle précisé. Emmanuelle Wargon a souligné l’acquisition, déjà effectuée ou en cours, de 40.000 logements par CDC habitat, « nombreux à être situés en région parisienne ». Elle a cité l’aide aux maires densificateurs (350 millions d’euros), ainsi que l’effort qui sera mené pour simplifier les procédures administratives d’urbanisme, par leur dématérialisation. La ministre a cité le partenariat initié avec la métropole du Grand Paris pour créer un guichet unique visant à favoriser le passage à l’acte en matière de rénovation énergétique. « Nous mourons de la ville monofonctionnelle, nous devons inventer autre chose » a-t-elle poursuivi, rappelant l’impératif de sobriété foncière.

Pour Emmanuelle Wargon, les quartiers des gares du Grand Paris express constituent autant d’opportunités historiques de construire différemment, citant les travaux de Dominique Alba, directrice générale de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur). Des quartiers mêlant activités économiques, sociales, de solidarité, accueillant des tiers-lieux pour une nouvelle forme de coworking, « non plus avec ses collègues de travail mais avec ses voisins, en bas de chez soi ».

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