Seine-et-Marne : terre d’agriculture et de tourisme

Le plus grand département d’Ile-de-France, avec ses importantes réserves foncières et ses vastes zones agricoles, continue à développer ses atouts en matière de tourisme ou d’écoactivités. Les acteurs de la ville durable, dont le pôle de compétitivité Advancity, y sont également bien présents.

La Seine-et-Marne présente un visage très contrasté entre ses vastes zones agricoles et ses trois zones plus denses : à proximité de la petite couronne, avec Marne-la-Vallée et le catalyseur de développement que constitue le parc Disneyland ; au sud, autour des pôles de Sénart et Melun ; et dans une moindre mesure au nord, à proximité de Roissy dans le Val d’Oise voisin. Pour construire le territoire, Epamarne/Epafrance est à la manœuvre sur une vaste zone couvrant le Val d’Europe, Marne-la-Vallée et débordant même sur le Val-de-Marne. Parmi ses projets phares : le cluster Descartes autour de la ville durable – avec la présence du pôle de compétitivité Advancity dédié à cette thématique – et le cluster tourisme avec le parc Disney et les futurs Villages nature. L’établissement pilote aussi le développement de plusieurs zones d’activités, revendiquant, en 2014, 145 000 m2 de surfaces d’activités économiques vendus, essentiellement à des entreprises du secteur tertiaire qui avaient prévu d’y créer quelque 3 245 emplois.

Ecoconstruction

Au sud opère, sur un secteur plus restreint, l’EPA Sénart qui s’intéresse, lui aussi, à la ville durable et dont le développement territorial s’appuie sur des pôles d’excellence en matière d’innovation logistique et d’écoconstruction. Dans ce cadre, l’EPA déploie son projet Écocité sur le Carré Sénart, centre urbain fondateur, et sur l’Ecopôle de Sénart, en mettant l’accent sur les formes urbaines denses au cœur de futurs écoquartiers. La stratégie territoriale de l’Écocité Sénart repose sur le développement d’un système intégré de transport pour favoriser le report modal vers le transport collectif. En ce sens, le TZen2 doit relier Sénart à Melun en 2020.

Les Villages Nature à Bailly-Romainvilliers (Seine-et-Marne)

Les Villages Nature à Bailly-Romainvilliers (Seine-et-Marne). © DR

« Il y a des beaux dossiers économiques à pousser, pour lesquels des investisseurs viennent me voir. Ils nécessitent de s’entourer des agences et collectivités de la région pour les mener à bien. C’est le cas pour le pôle aéronautique de Villaroche, par exemple, où des accords ont été conclus avec Safran, Airbus, Melun et Sénart, et où 7 500 emplois pourraient être créés, observe Jean-Jacques Barbaux, le président du conseil départemental. Il y a également des dossiers importants à Marne-la-Vallée avec, notamment, les Villages nature qui intéressent des investisseurs chinois. » Au nord, à proximité de l’aéroport de Roissy, des aménagements sont également programmés avec, par exemple, un projet de contrat d’intérêt national à Mitry-Mory.

Pour mettre en valeur le territoire, Jean-Jacques Barbaux prévoit un « livre blanc » de la Seine-et-Marne, sur lequel il pourra s’appuyer pour devenir le « VRP du département ». « Nous avons tellement de richesses qu’il faut les coucher sur papier afin de dresser un état des lieux et un panorama des grandes opérations à venir, à destination de nos partenaires économiques et de l’Etat », explique-t-il. La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) d’août 2015 a eu beau retirer aux départements la compétence développement économique, cela ne décourage pas l’élu qui dénonce : « on nous demande beaucoup en termes de solidarité et on nous enlève la capacité de nous développer ! ».

Hub TGV

Les transports actuels et à venir sont concentrés sur les trois secteurs où se développent les projets avec, actuellement, le RER B qui atteint le nord de la Seine-et-Marne, les A et E le centre, et le D le sud. La gare TGV de Marne-la-Vallée – Chessy, située à côté du parc Disney, constitue un nœud essentiel, notamment depuis que la SNCF a ajouté l’offre TGV low cost Ouigo, au point de dépasser les quatre millions de voyageurs annuels. « Ce site est un des hubs les plus connectés d’Ile-de-France car il dessert toute la France, et même l’Europe avec les Thalys et Eurostar », signale Pierre-Charles Decoster, directeur de l’aménagement d’Epamarne/Epafrance. Un travail est mené actuellement pour compléter cette station avec une deuxième gare routière et une nouvelle entrée pour le RER « afin d’offrir une qualité de service qui s’adapte au nombre croissant d’habitants », remarque le responsable. La RATP prévoit, elle, d’agrandir ses capacités de stockage de trains pour améliorer le fonctionnement du RER A.

« Je suis le seul Seine-et-Marnais à siéger au Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) où je parle de bus, de transports à la demande, de parkings relais, quand les autres élus évoquent le métro, le tramway ou le RER », fait valoir Jean-Jacques Barbaux. Le président du conseil départemental signale ainsi, parmi les nouveaux axes de transport, la liaison rapide Meaux-Roissy et le doublement de la nationale reliant les autoroutes A4 et A5. Le Grand Paris express fait toutefois aussi partie des éléments qui structureront le département. En effet, à l’horizon 2023-2024, la ligne 16 s’arrêtera à Noisy-Champs et Chelles et, à l’horizon 2030, le prolongement de la ligne 17 atteindra Le Mesnil-Amelot, au nord du département.

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