Toujours souriante, Sandrine Gourlet, directrice des relations extérieures de la Société du Grand Paris, a passé sa vie à déminer des dossiers chauds, oscillant entre gestion de projet et concertation publique.
« Je sais m’adapter, lors d’un barbecue au pied d’une HLM comme lors d’un dîner d’élus, souligne Sandrine Gourlet. J’ai passé mon temps à changer de milieu », poursuit la nouvelle directrice des relations extérieures de la Société du Grand Paris, avec une gourmandise teintée de retenue. On sent une grande maîtrise de soi chez cette femme toujours souriante, qui confie la surprise souvent ressentie par ses relations de travail en constatant sa fermeté. « J’en ai parfois eu assez de jouer les pompiers », confie celle que l’on est souvent venu chercher pour résoudre des crises, tout au long d’une carrière 100 % publique mais non moins mouvementée.

Sandrine Gourlet, directrice des relations extérieures de la Société du Grand Paris. © SGP
Sandrine Gourlet est la fille d’un couple exemplaire de la méritocratie. Son père fut ingénieur à la ville de Paris, sa mère, sortie major de Normale sup, enseignante en classe préparatoire. Mais tous furent boursiers. Née dans le 17e arrondissement de Paris, Sandrine Gourlet grandit à Houilles, alors communiste, à 300 m de la demeure de ses grands-parents. Une enfance heureuse, avec ses frères aujourd’hui tous ingénieurs. Elle-même hésite à l’approche du bac, entre la préparation d’une école d’ingénieur ou les sciences politiques. Elle finira par ne pas choisir. Après deux ans de classe prépa à Janson-de-Sailly, Sandrine Gourlet suit parallèlement l’enseignement de l’Ecole des travaux publics de l’Etat à Vaulx-en-Velin et un DEA de Sciences politiques à Grenoble. Entre la vie culturelle lyonnaise et les joies des sports d’hiver.
Descente de la brigade financière
« En sortant de l’école, j’écris à Christian Leyrit, alors directeur des routes, pour lui dire que je souhaite travailler avec lui. Mon audace lui a plu, il m’a reçue personnellement et engagée », raconte-t-elle avec un sourire dans la voix. A 24 ans, la jeune femme exerce à la fois la tutelle de sociétés d’autoroute et des tunnels. « Celui de Fréjus vient de faire faillite et la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc est également récente. » Sandrine Gourlet est émue par la descente de la brigade financière, armée, au ministère, qui enquête sur la faillite du Fréjus. Puis elle croise le futur directeur général de l’Aviation civile, qui lui propose de prendre en charge la gestion de crise de la direction des routes. Elle apprécie le challenge, qui la mène des bancs de l’Assemblée nationale au bitume des routes de France et de Navarre.
La naissance d’un enfant et un master en action publique à l’Ecole des ponts lui donnent envie de souffler un peu. Elle devient chef de bureau à la direction des ports et des voies navigables. Pas vraiment une sinécure, en réalité, puisque la réforme des ports, qui privatise le statut des dockers, met ces derniers durablement en colère. Au Syndicat des transports d’Ile-de-France, qu’elle intègre ensuite, elle travaillera à l’élaboration du projet d’Arc Express, futur métro du Grand Paris. Eole est également sous sa responsabilité, la conduisant à mener deux débats publics de front.
Après un passage par la direction des transports de la Région, à l’appel de Jean-Paul Huchon dont elle a d’abord refusé la proposition d’intégrer le cabinet, puis à la ville de Paris où elle dirige la voirie, elle accepte sans hésitation la proposition de Thierry Dallard de prendre la direction des relations extérieures de la SGP. Thierry Dallard est un de ses collègues de l’Union des ingénieurs des Ponts des eaux et des forêts. A la SGP, elle a pour mission de regrouper l’ensemble des relations extérieures, avec les élus, locaux, nationaux et européens, les riverains et les entreprises. Un défi qui lui va bien.