PUBLISCOPIE – Les solutions du Cerema pour accompagner la transition écologique des collectivités en Ile-de-France

Qu’il s’agisse d’atténuation ou d’adaptation aux effets du changement climatique, le Cerema met son expertise au service de la transition écologique des collectivités territoriales. Nature en ville, performances environnementales et énergétiques des bâtiments, cycle de l’eau ou encore adaptation face aux risques, le Cerema propose des solutions techniques pour aider les collectivités franciliennes à développer un cadre de vie durable.

Le Cerema est un établissement public relevant du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, premier établissement à pilotage partagé entre l’État et les collectivités territoriales. Il est présent partout dans l’Hexagone et dans les Outre-mer grâce à ses 27 implantations et ses 2 500 agents.

Détenteur d’une expertise nationale mutualisée, le Cerema accompagne l’État et les collectivités territoriales pour la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la cohésion des territoires par l’élaboration coopérative, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport. Doté d’un fort potentiel d’innovation et de recherche incarné notamment par son institut Carnot Clim’adapt, le Cerema agit dans six domaines d’activités : Expertise & ingénierie territoriale, Bâtiment, Mobilités, Infrastructures de transport, Environnement & Risques, Mer & Littoral.

© Adobestock

Un ancrage territorial fort

Implanté au cœur des territoires, le Cerema bénéficie d’une connaissance historique des problématiques et contextes locaux. Cette proximité lui permet de proposer des solutions sur mesure aux acteurs des territoires et de mettre à leur disposition des interlocuteurs concernés, engagés et disponibles.

Des missions transversales

De l’amont à l’aval des projets, le Cerema dispose d’expertises transversales et pluridisciplinaires pour contribuer à relever le défi du développement durable
des territoires.

 

Présentation des solutions techniques du Cerema pour aider les collectivités franciliennes à développer un cadre de vie durable

 

Cube.S, un concours pour récompenser les lycées et collèges les plus sobres en énergie

Rien de tel que l’aspect ludique et la compétition pour inciter l’ensemble des usagers des bâtiments scolaires à réduire la consommation d’énergie de leurs établissements. C’est « l’esprit de Cube.S et Cube.Ecoles », dont le Cerema est l’un des partenaires fondateurs.

Organiser des concours d’économies d’énergie, récompensant les bâtiments les plus attentifs à leur consommation d’électricité et de gaz, c’est l’objectif des challenges CUBE (Challenge Usages Bâtiments Efficaces), déclinés dans de multiples secteurs. Le Cerema est en particulier un des partenaires fondateurs de Cube.S dédié aux lycées et collèges, aux côtés d’ACTEE et de l’Ifpeb (Institut Français pour la performance du bâtiment). Il joue en l’occurrence le rôle de centre de ressources, animant des réunions, fournissant des outils de mesure et de pédagogie. « Nous sensibilisons dans ce cadre à la fois les élèves, les familles et l’ensemble de la communauté éducative aux bonnes pratiques, aux petits gestes qui réduisent les consommations d’énergie », explique Charlène Barbet-Rocher, chargée d’études usage des bâtiments et confort intérieur et responsable du déploiement des programmes ACTEE CUBE en Île-de-France au Cerema. Et ça marche ! En 2023, l’ensemble scolaire La Salle Igny (Igny, Île-de-France) s’est vu remettre le Cube d’Or édition 22/23 grâce près de 41 % d’économies d’énergie constatées.

Rdv sur le site officiel www.cube-s.fr, des webinaires de présentation ont lieu en ce moment même pour l’édition prochaine ! © Cerema

Cube.S ne vise que les gains obtenus sans investissement lourd, ni travaux de rénovation énergétique d’ensemble. Outre les usages, (éteindre les lumières, bien fermer les portes pour éviter une perte de chaleur), il permet aussi d’optimiser les installations techniques, de privilégier par exemple le bon réglage des robinets thermostatiques, ou de procéder à du relamping, incitant les établissements concurrents à remplacer les ampoules traditionnelles par des Leds. « Concernant la sensibilisation aux bons gestes, le jeu est l’outil pédagogique privilégié, à l’exemple de l’escape game “Avec Cube.S, sauve ta planète !” sous forme de jeu de cartes : il est l’un des outils préférés des challengers », indique Charlène Barbet-Rocher. « Des jeunes se révèlent dans le cadre de ce programme, en se prenant au jeu et faisant passer les messages aux adultes, à front renversé », poursuit-elle.

 

Val-de-Marne – Prioriser les travaux dans les bâtiments publics face au changement climatique

Le Cerema mène avec le Département du Val-de-Marne un Plan d’Adaptation des Bâtiments au Climat Déréglé (ABCD). Il vise à évaluer les risques que fait peser le dérèglement climatique sur les équipements publics du Conseil Départemental, afin de prioriser les travaux.

Hôtel du département du Val-de-Marne. © Shutterstock

Le Plan ABCD correspond à des projections climatiques, une méthodologie, une caractérisation des aléas futurs et des risques pour les bâtiments. Sécheresses, fortes pluies, inondations, neige, grands vents, vagues de chaleur, Retrait-Gonflement des Argiles (RGA), espèces invasives, le Cerema a mobilisé à la fois les données de projections climatiques du ministère de la Transition écologique (base DRIAS) et celles de Météo France (Climat HD) pour identifier les risques que font courir aux bâtiments publics du Département du Val-de-Marne les évolutions du climat. Avec un objectif simple : déterminer en fonction de ces risques la nature des travaux nécessaires pour réduire leur impact, et prioriser ces derniers. « Ce projet a pour perspective de produire un plan d’adaptation qui permettra au parc bâti du Département d’être mieux armé face au climat futur », explique Sacha Mailler, chargé d’études en exploitation et maintenance des bâtiments. Tout cela est synthétisé via la proposition d’un plan d’action auquel s’ajoute un outil de suivi et d’évaluation de ce dernier. Cette méthode permet de noter les bâtiments selon 5 niveaux de risque pour chaque aléa en se basant sur les trois scénarios climatiques RCP – 4.5 8.5 aux horizons 2050 / 2028. 580 bâtiments du Val-de-Marne sont concernés par ce plan (collèges, crèches, PMI, en particulier, mais aussi bâtiments administratifs, espaces départementaux de solidarité, etc.). La Caisse des Dépôts contribue au financement de cette étude.

 

Gestion de l’eau – Le Cerema modélise le cycle de l’eau dans la ZAC du Moulon à Paris-Saclay

Comment réduire l’impact de l’urbanisation sur la gestion de l’eau de pluie et
les cours d’eau ? Comment prévoir l’évolution de cet impact lors des prochaines décennies, en tenant compte des effets du dérèglement climatique ?

Pour éclairer l’établissement public d’aménagement du pôle scientifique et technologique Paris-Saclay (EPA Paris-Saclay) dans ses décisions et monitorer l’impact de l’aménagement du campus urbain de Moulon, qui s’étend sur quelques 300 hectares, sur le cycle de l’eau pluviale et l’hydrologie superficielle, le Cerema via son équipe de recherche TEAM et ses partenaires ont développé des recherches fondamentales et appliquées dans le traitement et les interactions liés à l’eau en milieu construit. « Nous avons pu assister l’EPA Paris-Saclay dans le choix de solutions basées sur la nature pour la gestion des eaux pluviales, par exemple en estimant rigoureusement le rôle des débits d’exhaure », indique Emmanuel Berthier, ingénieur chercheur en hydrologie urbaine au Cerema. La réduction du ruissellement évacué, une meilleure maîtrise de l’impact de l’aménagement sur le risque inondation sont ainsi offertes.

Le jardin argenté au coeur du quartier du Moulon et qui permet la régulation des eaux pluviales. © Cerema

Une série d’observations et de mesures des flux et des stocks sont effectuées grâce à une batterie de capteurs : niveau des nappes, pluviométrie, débits dans les réseaux et ouvrages de gestion des eaux pluviales. « Avec des pas de temps très fins, s’étendant de 5 minutes à une heure », souligne Emmanuel Berthier. Cette base de données sur le cycle de l’eau alimente la construction d’Urbs*, un jumeau numérique du quartier qui permet de modéliser l’évolution future du cycle de l’eau compte tenu de l’aménagement du Moulon. Urbs permet aussi de modéliser les interactions de l’urbanisation du quartier avec la nappe phréatique, et donc l’impact de l’imperméabilisation des sols. Avec en l’occurrence une bonne surprise : « Nous anticipions que la construction du quartier réduirait les infiltrations et donc le niveau des nappes phréatiques, or les résultats provisoires indiquent un maintien des niveaux antérieurs », indique Emmanuel Berthier. Le programme Mystic, est mené depuis 2011 en partenariat avec l’Université Gustave Eiffel.

* Urban runoff brunching structure

 

Interview

« L’Île-de-France est un territoire porteur d’innovations »

Emmanuelle Durandau, directrice territoriale Île-de-France du Cerema, revient sur les missions de cet établissement d’expertise publique qui a ouvert en 2023 sa gouvernance aux collectivités pour accélérer l’adaptation des territoires au changement climatique.

Emmanuelle Durandau. © Cerema

Quelles sont les grandes missions du Cerema en France et singulièrement en Île-de-France ?

Emmanuelle Durandau : Les missions du Cerema visent principalement à faciliter l’adaptation des territoires aux impacts du changement climatique selon quatre postures :
• le conseil, l’assistance à maîtrise d’ouvrage, l’expertise,
• le développement de méthodologies, d’outils partagés à l’échelon national et mis à disposition localement, en s’appuyant notamment sur nos retours d’expériences,
• la recherche et développement, l’accompagnement à l’innovation, l’expérimentation.
• la capitalisation et la diffusion des connaissances au travers de différents dispositifs : évènements, webinaires, ou encore notre plate-forme collaborative Expertise.Territoires, mais également dans le cadre de formations. Nous sommes d’ailleurs certifiés pour la formation des élus comme pour celle des techniciens des collectivités.

Le Cerema intervient au bénéfice principalement de l’État et des collectivités territoriales. Nous travaillons en étroite relation avec nos partenaires et bénéficiaires pour trouver des solutions, et se doter des outils qui pourront les aider à adapter leur territoire aux impacts du dérèglement climatique.

En Île-de-France, nous intervenons essentiellement dans les domaines de l’aménagement, des bâtiments publics, des mobilités, de l’environnement, et des infrastructures.

Nous avons, au fil des années, construit une relation forte et durable avec les collectivités, qui s’est encore renforcée avec l’ouverture en 2023 de l’établissement aux collectivités. Les collectivités adhérentes du Cerema sont de plus en plus nombreuses en Île-de-France : 72 actuellement et de toutes tailles, de la petite commune à la Ville de Paris, la Métropole ou la Région et plus de 900 pour l’ensemble du territoire national.

Nous collaborons également avec de nombreuses entreprises, en particulier dans le cadre de nos dispositifs de R&D, pour développer les solutions de demain. C’est le sens de notre Institut Carnot Clim’adapt de recherche partenariale avec les entreprises. Nous assurons d’ailleurs un rôle de tiers de confiance pour celles-ci comme pour les collectivités.

Quelles sont les priorités stratégiques du Cerema en Île-de-France ?

E. D. : L’Île-de-France représente un territoire particulier pour le Cerema. Dans le périmètre de l’unité urbaine, les collectivités territoriales y sont souvent bien dotées en matière d’ingénierie publique, ce qui n’est pas le cas partout en France. Il existe deux grandes agences d’urbanisme, l’Institut Paris Région (IPR) et l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), et l’ingénierie privée est également très présente. Or, nous n’avons pas vocation à intervenir là où le secteur privé peut répondre aux besoins des collectivités. Pour autant, toutes les grandes collectivités franciliennes ont adhéré au Cerema pour bénéficier d’une part, de son expertise de pointe sur certains secteurs et d’autre part, de sa capacité à les accompagner dans l’innovation. L’Île-de-France est un territoire dont le formidable potentiel d’innovation doit permettre de contribuer au développement de méthodes, solutions techniques réplicables ailleurs sur le territoire national pour aider l’ensemble des collectivités à faire face aux défis de la transition écologique. Le partenariat que nous nous apprêtons à conclure avec l’Institut Paris Région à l’occasion du salon des Maires d’Île-de-France s’inscrit notamment dans cette ambition.

L’Île-de-France a une autre singularité, c’est celle de la densité de son urbanisation et de sa population, ce qui la rend particulièrement sensible aux impacts du dérèglement climatique et nécessite une attention particulière aux enjeux d’adaptation notamment en ce qui concerne les bâtiments, les espaces publics et les infrastructures. La démarche que nous avons conduite pour le Département du Val de Marne visant la mise en place d’une stratégie d’adaptation de leur parc bâti constitue un exemple des réponses que nous pouvons apporter aux collectivités pour les aider à faire face à cet enjeu.

Quelle est votre actualité ?

E. D. : En ce qui concerne les activités, nous nous apprêtons à sélectionner les lauréats de deux programmes conjoints, l’un portant sur l’adaptation au changement climatique selon le scénario +4°C en moyenne en France à horizon 2100, l’autre portant sur des stratégies de sobriété et décarbonation.

Au plan institutionnel, le Cerema a engagé l’élaboration d’un nouveau projet stratégique qui renforce notre mobilisation pour l’adaptation au changement climatique. Ce projet est réfléchi en lien étroit avec collectivités adhérentes et d’ailleurs, un échange sur la stratégie de l’établissement aura lieu courant septembre à l’occasion de notre dialogue annuel régional précédé d’échanges avec les services techniques des collectivités impliquées.

Nous travaillons également avec l’ADEME à la construction du futur service d’adaptation annoncé le 18 avril dernier par le ministre Christophe Béchu. Nous aurons d’ailleurs de prochains échanges sur le sujet avec mon homologue Amélie Renaud, directrice de l’ADEME Île-de-France.

Enfin nous collaborons dans les différents territoires aux travaux des COP régionales dans le cadre de la planification de la transition écologique. En particulier, les contrats de réussite de la Transition écologique (CRTE) ayant vocation à devenir le cadre de référence des stratégies territoriales de transition écologique, nous veillerons en Île-de-France à préserver des capacités d’accompagnement pour celles de nos collectivités adhérentes qui souhaiteront que nous les assistions dans l’élaboration de leur stratégie.

Auteur
Top