Portrait – Philippe Laurent : des chiffres et des lettres

À tout juste 60 ans, Philippe Laurent affiche un CV pour le moins… fourni. Pape des finances locales, maire (UDI) de Sceaux, ex-journaliste, ex-consultant…

Philippe Laurent, maire de Sceaux, vice-président de Paris métropole

Philippe Laurent, maire de Sceaux, vice-président de Paris métropole

Par quoi commencer ? « Mon enfance, ma carrière professionnelle puis politique même si les deux sont liées », énonce-t-il, un œil sur sa montre. Méthodique. Organisé. Mais comme la vie n’a rien de mathématique… Il se laisse aller à la digression pour raconter une enfance trop tranquille dans le Nord. Il se serait bien vu agriculteur dans l’exploitation familiale, côté maternel. « Des producteurs de kiwis ! J’y allais l’été pour travailler… » Mais l’élève brillant a une voie déjà toute tracée par un père dessinateur industriel : ingénieur. Maths sup, maths spé… Des années où il approche « plus observateur que militant » l’Alliance des jeunes pour le socialisme. Puis vient Centrale et, s’il avait connu leur existence, il aurait tenté l’ENA et l’X. « On n’avait pas le téléphone ni la télé à l’époque… La première fois que je suis allé à Paris, c’était pour les oraux de Centrale. J’étais un plouc, se marre-t-il. Je me suis rendu indispensable en faisant des tas de trucs que les autres n’avaient pas envie de faire… comme le journal. » C’est là qu’il rencontre une première fois Erwin Guldner, alors maire de Sceaux, invité à Centrale le temps d’une conférence. Mais l’heure n’est pas encore à la politique pour le jeune homme qui  rejoint Sciences-Po option économie et finances. « Je voulais faire de la finance. » Un goût des chiffres qui lui vient de l’enfance quand il boursicotait avec son père.

Au bout des choses

Ce sera donc la finance. D’abord chez Renault. « À la fin de mes études, il me fallait un logement. Un ancien de Centrale laissait son studio à Sceaux Je suis allé voir le maire qui m’a demandé ce que je comptais faire après mon stage chez Renault. » Il lui propose de figurer sur sa liste pour les municipales de 1977. Il commence à mener de front carrière politique et professionnelle. Les rencontres façonneront son parcours. « J’ai appris l’importance du réseau. » Un réseau qui le conduit au journalisme (L’Elu local, L’Economie). « Je découvre que j’aime écrire et réfléchir politiquement », raconte celui qui signera plusieurs ouvrages sur la gestion publique, la décentralisation, etc. Plus tard, Michel Bongrand, chantre de la communication politique, le prend sous son aile. Il apprend le métier de consultant. Ses créneaux : les collectivités, puis la finance. En 1991, il monte sa société de conseils. Pendant ce temps-là, à Sceaux, il poursuit sa carrière d’élu local sans interruption depuis 1977. Avant son premier mandat de conseiller général (1998) et de maire (2001), il est adjoint aux finances. Et comme il n’est pas homme à s’endormir, il demande la culture. « Je n’y connaissais rien et je voulais sortir de la technicité des finances. Ça a bien marché à tel point que je suis devenu, des années plus tard, président de la Fédération nationale des collectivités pour la Culture. » Et c’est un peu la marque de fabrique du personnage. « Je vais au bout des choses, raconte-t-il. Je ne me contente pas de croire ce qu’on me dit. Je dois comprendre, analyser, réfléchir. » En 2002, il rejoint l’Association des maires de France et n’a « pas dit son dernier mot » quant à la présidence de la structure. Idem au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale qu’il préside depuis 2011. Mais point de quête du pouvoir là-dedans, assure-t-il. « Un président, c’est un facilitateur… et je suis un type fiable, présent à toutes les réunions. » Dont celles de Paris métropole, puisque le maire de Sceaux, qui sait donner parfois dans le paradoxe, met la même énergie à défendre la commune qu’à construire, depuis l’origine, la métropole du Grand Paris.

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