PCE exporte le talent des Grand Paris makers en Russie

Andreï Tchibis, vice-ministre fédéral russe en charge de la construction et des services urbains, et Alexandre Missoffe, directeur général de Paris-Ile de France Capitale Economique, ont annoncé le 25 mai 2018, à l’occasion du Forum International de Saint-Pétersbourg, une convention pour mobiliser l’expertise des acteurs du Grand Paris afin d’accompagner le développement de métropoles pilotes dans le territoire de la fédération de Russie.

Au lendemain de la signature de cette convention de coopération, Christian Nibourel, président de Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE), et Alexandre Missoffe, directeur général de l’association, ne cachaient pas leur satisfaction. « Exporter le savoir-faire des principaux acteurs du projet du Grand Paris, nous en rêvions », résumait Alexandre Missoffe.

Selon la convention annoncée le 25 mai, le ministère fédéral de Russie de la construction et des services urbains et Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE) vont travailler ensemble, dans un premier temps, à un diagnostic des enjeux spécifiques sur les territoires pilotes.

Le président de la République du Tatarstan, Rustan Minnikhanov, et le ministre Plénipotentiaire Iksander Ioussoupov, entourés des membres de la délégation de Paris-Ile de France Capitale Economique Carole Sorreau (InVivo), Willem Coppolse (Engie), Alexandre Nekrassov (CFREE) et Alexandre Missoffe.

PCE constituera ensuite des équipes mixtes, aux compétences et aux talents adaptés à la spécificité des enjeux de territoires identifiés. Elles proposeront à la fois des orientations stratégiques, des modalités d’actions, et des solutions techniques. La région de Samara et la métropole de Toliatti ont été identifiées pour initier ce programme de coopération.

Le ministère fédéral de Russie de la Construction et des Services urbains travaille, en effet, à la formalisation d’un ensemble de bonnes pratiques et de soutien aux métropoles de la fédération de Russie. Cette plateforme de bonnes pratiques et les programmes de soutien « Villes d’avenir » ont identifié cinq chantiers prioritaires : services communaux intelligents, infrastructures innovantes, planification urbaine, mobilités et « ville confortable ». 21 villes pilotes de Russie se sont portées volontaires pour accueillir et développer les innovations de ces programmes.

Grand Paris makers

Etienne Guyot, directeur général de la CCI-Paris Ile de France, et Alexandre Missoffe, aux cotés de Victoria Kushpeleva et de Sacha Nekrassov. © PCE

Cet accord intervient au lendemain de la visite d’une délégation de Paris-Ile de France Capitale Economique, organisée avec le concours du Centre franco-russe pour l’efficacité énergétique. « La délégation a pu, à cette occasion, avoir des échanges de très grande qualité à haut niveau avec le président du Tatarstan, les autorités de Kazan, de Samara, de Toliatti, de Moscou et de Saint-Petersbourg notamment », souligne Alexandre Missoffe.

Alors que la planète a passé, en 2015, le cap des 500 villes de plus d’un million d’habitants et que les citadins représenteront bientôt 70 % de la population mondiale, la manière dont s’organise et se détermine le fonctionnement des villes constitue un enjeu qui s’adresse à chaque pays, rappelle PCE.

3 questions à Alexandre Missoffe, dg de PCE

Quel est le sens de la convention signée le 25 mai entre PCE et le vice-ministre fédéral russe en charge de la Construction et des Services urbains ?

Alexandre Missoffe : Sous l’impulsion de Christian Nibourel, son président, Paris-Ile de France Capitale Economique s’est engagé pour valoriser l’expertise des Grand Paris makers, tous ceux dont les talents et l’expertise contribuent à la réussite de ce formidable défi. L’événement du 28 mars dernier à la CCI dédié aux « Grand Paris makers » était un moment important de ce travail, en même temps que nous avancions dans les contacts et les échanges avec des représentants de grands projets de développements urbains étrangers. L’avenir des sociétés modernes sera urbain et sera métropolitain. Mais il reste à déterminer si cet avenir sera un gâchis environnemental, sanitaire et social, ou au contraire si nous parviendrons à créer des villes durables, au sens premier et dans toutes les acceptations du terme, c’est-à-dire durables dans les équilibres écologiques, sociaux, économiques, humains.

Alexandre Missoffe, directeur général de Paris-Ile de France Capitale Economique, et Etienne Guyot, directeur général de la CCI Paris Ile-de-France. © PCE

Quel sera l’apport des acteurs du Grand Paris ?

Un peu partout dans le monde, des projets d’aménagement de grandes métropoles cherchent des modèles de développement qui correspondent à leurs atouts propres mais qui poursuivent une intention assez partagée. Parmi ceux-ci, le Grand Paris se distingue par son ampleur et son ambition, par l’intention originale de son projet qui dépasse très largement le cadre d’un projet d’aménagement et vise un véritable modèle de développement économique appuyé sur la fertilisation croisée des hommes et des territoires et l’attractivité liée au cadre de vie. La France possède surtout une réputation d’excellence dans différents domaines liés à ce projet. Par les majors des transports, de la construction, du bâtiment, mais aussi par un foisonnement de jeunes entreprises innovantes qui portent la vitalité des savoir-faire français et par des processus originaux qui intéressent beaucoup à l’étranger, comme « Inventons la métropole » ou les concertations de la SGP. Ces différents aspects conjugués constituent un momentum intéressant pour exporter notre expertise et constituer des équipes capables d’apporter à des métropoles étrangères une réponse globale. Avec le projet du Grand Paris, la France renforce son expertise dans le domaine des villes durables, attractives et performantes. L’ambition du Grand Paris autant que son intention imposent en effet d’être créatifs dans les modes de pilotage et innovants dans les procédés de réalisation. A l’excellence des moyens mobilisés s’ajoute ainsi l’expérience d’un projet exceptionnel.

Pourquoi la Russie ?

Les grandes aires urbaines de Russie sont particulièrement indiquées pour tester ce mécanisme. C’est pourquoi nous avons organisé, avec le soutien du ministère russe de la Construction et des Services urbains, Andreï Tchibis, une visite des quelques zones urbaines du bassin de la Volga, fortement intéressées par des échanges dans cette perspective. En 5 jours nous sommes allés dans 5 grandes villes : Kazan, Samara, Toliatti, Moscou, Saint-Pétersbourg, et nous avons rencontré à chaque fois les représentants des autorités locales et nationales et les milieux économiques. Lors de ces étapes, la qualité des échanges et l’accueil que nous avons reçu confirment le principe initial, et nous avons donc décidé, avec Andreï Tchibis et ses équipes, d’aller plus loin, en formalisant dans un memorandum of understanding (MOU) ce projet.

Visite d’Innopolis, en présence du président du Tatarstan. © PCE

Concrètement nous allons maintenant travailler en profondeur sur les diagnostics, avec le ministère fédéral et les villes russes candidates à ce programme pour voir ce que l’expertise et l’expérience des acteurs du Grand Paris peuvent leur apporter. Les Grand Paris makers pourront alors, seuls ou en équipe, proposer des solutions et s’engager à leur mise en œuvre. Les régions russes du programme « territoires innovants » sont des lieux de dynamisme économique très forts sur lesquels la France pourrait utilement se positionner à travers ce projet.

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