ParisCode : la Ville joue les entremetteuses pour une « tech » inclusive

Les représentants français des grands noms de la tech mondiale ont signé mercredi 29 novembre avec Paris des pactes pour la formation et l’emploi. Le dispositif « ParisCode », inventé en 2016 par Jean-Louis Missika, permet de relier les entreprises, les organismes de formation et les demandeurs d’emploi. Avec un taux de conversion de 80 %.

Google, Orange, Cisco, Microsoft, Salesforce ou Accenture : des grands noms de la « tech » ou du conseil sont venus signer mercredi 29 novembre 2023 avec avec la ville de Paris des pactes pour la formation et l’emploi. Dans le cadre de « ParisCode », dispositif créé par Jean-Louis Missika, alors adjoint au maire de Paris notamment chargé du développement économique et de l’attractivité, ces grands comptes du numérique s’engagent à cofinancer des parcours de formation qu’ils contribuent par ailleurs à choisir et à labelliser lors d’appels d’offres annuels lancés par la mairie, aux côtés des professionnels de l’emploi, de la formation et des élus.

Emmanuel Grégoire, entouré des dirigeants français des leaders de la « tech », mercredi 29 novembre à l’hôtel de ville. © Jgp

Signature des pactes pour l’emploi et la formation de ParisCode. © Jgp

Mieux, ces entreprises s’emploient à accueillir les bénéficiaires de ces formations gratuites en stage ou visites d’entreprises, à leur offrir des modules de parrainage ou de mentorat d’étudiants, afin de leur ouvrir les portes, comme l’a rappelé Afaf Gabelotaud, adjointe chargée des entreprises, de l’emploi et du développement économique.

ParisCode permet ainsi la formation de 1 000 développeurs-codeurs par an, dans les métiers du développement web et mobile, l’UX-UI design, la cybersécurité, ou la data-analyse et le marketing digital. Le Cnam, Ecole 42, Colombbus, Konexio, Simplon ou Social Builder figurent par les dizaines d’écoles du dispositif.

« Les entreprises partenaires de ParisCode délivrent des certifications très recherchées sur le marché de l’emploi, dont beaucoup sont acquises dans le cadre des formations ParisCode : administrateur ou développeur Salesforce, certification en sécurité des réseaux de Cisco, certifications Microsoft… », souligne la Ville.

Les publics cibles sont les jeunes sans qualification, les personnes en reconversion professionnelle, en seconde partie de carrière, les jeunes diplômés en réorientation, ou les femmes, peu présentes dans le numérique.

Un taux de conversion de 80 %

« ParisCode permet d’atteindre un taux de sorties positives en emploi ou poursuite d’étude de 80 % », a souligné mercredi 29 novembre 2023 Emmanuel Grégoire, qui a rappelé que la mairie consacrait un budget d’un million d’euros par an à ce programme. Pour le premier adjoint d’Anne Hidalgo, ce dispositif est exemplaire de l’intérêt que peuvent avoir les coopérations public-privé. L’élu s’est inquiété, au passage, de la régression constatée ces dernières années de la mixité des formations dans les métiers du numérique et les mathématiques, très majoritairement masculines. « Après avoir longtemps progressé, le taux de féminisation de ces cursus recule », a-t-il souligné.

Sébastien Missoffe, président de Google France. © Jgp

Afaf Gabelotaud, adjointe chargée des entreprises, de l’emploi et du développement économique.© Jgp

Jean-Luc Girod, délégué régional Paris et Ile-de-France ouest d’Orange. © Jgp

ParisCode accorde par conséquent une attention particulière à cette diversité. Sébastien Missoffe, président de Google France, a souligné à cette occasion l’ampleur des besoins en compétences des entreprises du secteur, évoquant notamment les tensions sur les métiers de data-analysts. Jean-Luc Girod, délégué régional Paris et Ile-de-France ouest d’Orange, a indiqué que l’inclusion et la promotion de la diversité faisaient partie de la « raison d’être » d’Orange, rappelant que cette préoccupation ne concernait pas que les jeunes. « Orange se bat aussi pour la féminisation. Nous souhaitons faire passer le part de femmes dans nos personnels techniques de 20 à 25 % d’ici à 2025 », a-t-il poursuivi.

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