Paris et Ivry-sur-Seine approfondissent leur coopération

Les deux villes ont tenu, mercredi 17 mars, un comité de pilotage conjoint, traduction opérationnelle de la convention de partenariat signée en 2019. Le déplacement de l’usine de la CPCU, située à Ivry confluences – où le maire Philippe Bouyssou rêve de créer un « petit bois de Vincennes » – et l’accueil d’urgence des familles de réfugiés sur l’ancienne usine d’Eau de Paris figuraient notamment à l’ordre du jour. L’ambiance entre les deux communes est au beau fixe.

« Je suis ravi de la qualité des relations institutionnelles avec Paris. Cela fait un certain temps que les rapports entre la Capitale et ses communes limitrophes ont changé. Mais les coopérations se sont sensiblement accélérées ces derniers temps, et je ne peux que m’en satisfaire », confiait Philippe Bouyssou, le maire (PCF) d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), mercredi 17 mars 2021 en fin de matinée. Des propos tenus à l’issue d’un comité de pilotage qui a réuni en ligne élus et techniciens, pour passer en revue les différents sujets d’actualité de la convention de partenariat qui lie les deux communes, nombreux alors que Paris possède encore 47 ha de foncier à Ivry.

L’usine de la CPCU et la passerelle aux câbles. © Jgp

Philippe Bouyssou, maire (PCF) d’Ivry. © Jgp

Emmanuel Grégoire. © Jgp

Même son de cloche du côté de la ville de Paris, où l’on se félicitait, dans l’entourage d’Emmanuel Grégoire, présent lors de ce « copil », tout comme Colombe Brossel, adjointe à la maire de Paris et vice-présidente du Syctom, l’agence métropolitaine des déchets, du caractère exemplaire de cette « coopération renforcée » et de sa tonalité « extraordinairement positive ». « Il est loin le temps où Paris considérait ses voisins comme autant de territoires servants », résumait-on au sein de la mission Métropole de la ville de Paris.

Passerelle aux câbles

Concrètement, l’avenir de l’usine de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), située en bord de Seine, face au complexe hôtelier Chinagora, au droit de la Passerelle aux câbles, connue pour être presque entièrement couverte de graffitis, figurait à l’ordre du jour. Ce site, coiffé d’une longue cheminée, ne fonctionne que quelques jours par an, lors des pics de consommation de chauffage. Un audit est en phase d’achèvement au sein de la ville de Paris sur ses réseaux de chaleur, dont le sort de l’usine, qui pourrait se révéler inutile ou déplaçable, dépend. La Capitale s’est engagée en toutes hypothèses, à ne rien décider en solo et à tenir informée Ivry de l’avancement de ce dossier.

L’intégration de la Passerelle aux câbles, qui relie cette emprise à Charenton-le-Pont, sur l’autre rive de la Seine, au sein d’une trame paysagère plus vaste, était également au menu de cette matinée de travail. Le maillage de cette passerelle avec les réseaux vélos en cours de création (RER V régional, plan vélo métropolitain), a notamment été abordée. La réflexion des deux villes porte également sur la valorisation de ce franchissement qui offre un point de vue incomparable sur la confluence de la rivière et du fleuve.

« Cette zone est stratégique pour Ivry et, au-delà, car elle fait la jonction entre les projets parisiens de Bruneseau, au sud de Paris Rive gauche, et le vaste projet des Ardoines, à Vitry, tout en se trouvant au bord de la ZAC Ivry confluences, aménagée par la Sadev 94, avec une nouvelle maîtrise d’ouvrage urbaine, confiée à UapS d’Anne-Mie Depuydt », souligne Philippe Bouyssou. Pour lui, cette coopération démontre le caractère essentiel de l’échelon communal, y compris pour des sujets d’envergure métropolitaine.

Ivry souhaite recréer une plaine alluviale de 12 ha à la confluence de la Seine et de la Marne et y bâtir un vaste jardin, aux usages pluriels. « Nous partageons deux enjeux fondamentaux avec Paris, qui sont la transition énergétique d’une part, et la réponse aux attentes sociales de nos administrés d’autre part. Cette convention de partenariat permet de creuser ensemble ces deux sillons », souligne Philippe Bouyssou, qui était entouré de son adjoint à l’urbanisme, Romain Marchand, et de Clément Pecqueux, adjoint à l’écologie urbaine.

Un centre d’accueil exemplaire

L’avenir du centre d’accueil pour réfugiés installé dans l’ancienne usine d’Eau de Paris, sur une emprise où le promoteur Quartus porte un des projets lauréats de « Réinventer la Seine », figure également parmi les sujets abordés lors de ce comité de pilotage. Une modification du plan local d’urbanisme (PLU) d’Ivry est requise pour que Quartus puisse obtenir son permis de construire.

Le centre d’hébergement d’urgence d’Ivry. © Jgp

Créé au plus fort de la crise migratoire de la fin de la précédente décennie, le centre d’accueil et d’hébergement d’urgence géré par Emmaüs comporte un centre de santé et une école. « Il permet d’accueillir des réfugiés dans des conditions dignes et à bien des égards exemplaires. Nous sommes très fiers de cela », souligne Philippe Bouyssou. « Nous avons décidé de travailler avec Ivry à une meilleure connaissance du parcours des personnes accueillies, souligne-t-on du côté de Paris, cela pouvant contribuer à alimenter la réflexion autour d’un Samu social métropolitain que nous appelons de nos vœux ».

Le prolongement de la ligne 10 du métro jusqu’à la place Gambetta, au cœur de la ZAC d’Ivry confluences, la création d’un point de baignade à Ivry dans la perspective des Jeux olympiques de 2024, ou l’avenir des réserves patrimoniales, religieuses et d’art contemporain que la Capitale possède à Ivry ont également été abordés par les deux villes.

Sur le même sujet

Top