Paris entend renforcer son rôle de leader dans la « diplomatie des villes »

La mairie de Paris se veut à la pointe du combat pour défendre le climat ou les valeurs démocratiques, attaqués par l’administration Trump. Arnaud Ngatcha, l’adjoint d’Anne Hidalgo en charge des relations internationales, explique les enjeux.

La nouvelle donne géopolitique, née de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, a-t-elle des répercussions sur la ville de Paris ? C’est ce que pense Arnaud Ngatcha, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des relations internationales. « Depuis, l’arrivée de l’administration Trump à Washington, la diplomatie des villes se renforce, et Paris réaffirme son rôle de leader en la matière », analyse ce proche de la maire socialiste et de Raphaël Glucksmann (il est encarté à Place Publique).

La capitale française cultive de longue date ce concept de « diplomatie des villes ». Elle est membre de plusieurs réseaux, comme le C40 (Cities climate leadership group) ou CGLU (Cités et gouvernements locaux unis). Depuis sa création par Jacques Chirac en 1979, Paris préside l’AIMF, l’Association internationale des maires francophones, qui regroupe des municipalités de 56 pays. Et l’organisation – réussie – des Jeux olympiques et paralympiques lui a donné un coup de projecteur planétaire supplémentaire à l’été 2024.

Arnaud Ngatcha, adjoint d’Anne Hidalgo chargé des relations internationales. ©Jgp

« Plusieurs grandes municipalités de l’Union européenne, comme Paris, Rome, Barcelone ou Lisbonne, se montrent de plus en plus actives à l’international, poursuit Arnaud Ngatcha. A l’instar de la plupart des métropoles du monde, elles partagent les mêmes idées démocratiques, progressistes, de tolérance, et constituent un contre-modèle à celui qui nous vient de la Maison Blanche. »

Trois thématiques : le climat, le logement et la défense des valeurs démocratiques

« Le dialogue avec les villes américaines est plus présent que jamais », précise l’adjoint, qui cite Los Angeles, San Francisco, Washington, Chicago ou encore New-Orleans (membre de l’AIMF). « Nous avons moins de contacts avec New York ces derniers temps. » Ces grandes cités « jouent un rôle de contre-pouvoir aux Etats-Unis » mais leur capacité à agir financièrement à l’international est limitée. Présentée comme un « rempart face à l’obscurantisme », la diplomatie des villes se polarise principalement sur trois thématiques : le climat, le logement et la défense des valeurs démocratiques.

Sur l’urgence climatique, les métropoles sont en première ligne. « Lors des COP ou au secrétariat général de l’ONU, les élus locaux sont maintenant assis à la même table que les représentants des Etats », indique l’adjoint à la maire. António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, envisagerait d’ailleurs de créer un « organe de réflexion des villes, qui lui serait directement rattaché ».

A l’heure du démantèlement de l’Usaid

Concernant le logement, la Commission européenne dispose, depuis septembre 2024, d’un commissaire chargé de cette question, le danois Dan Jørgensen. Une première, qui résulte d’une promesse d’Ursula von der Leyen. « La corrélation entre la crise du logement, omniprésente, et la montée de l’extrême droite, voire de régimes proto-fascistes, est désormais établie », estime Arnaud Ngatcha.

Enfin, les valeurs démocratiques, tels le respect des diversités et la défense des minorités, sont au cœur du travail d’influence que les métropoles souhaitent porter. Cela passe aussi par la solidarité internationale, l’aide humanitaire aux associations ou les échanges culturels. A l’heure du démantèlement de l’Usaid par Donald Trump et Elon Musk, alors que le vice-président J.D. Vance attaque – à Munich mi-février – le « modèle de la démocratie européenne », la Capitale française et ses alliées se montrent déterminées à résister, à leur échelle.

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