Montereau-sur-le-Jard : la plus grande plateforme Colissimo de France a fini sa montée en charge

Impressionnant : sur 1 800 m de tapis roulants, quelque 350 000 colis sont triés chaque jour sur la plateforme Colissimo de Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne), qui vient d’ouvrir ses portes. Le bâtiment, comme les opérations, ont été conçus pour une empreinte carbone minimale.

L’effet wahou est garanti en pénétrant dans la halle de production de l’immense plateforme Colissimo qui vient d’achever sa montée en puissance à Montereau-sur-le-Jard, après une ouverture le 19 avril dernier. Quelque 350 000 colis sont triés chaque jour de 7h à 3h du matin, 6 jours sur 7, sur les 3 100 mètres de tapis roulants et orientés automatiquement, après avoir été scannés par des lecteurs six faces, vers les toboggans cylindriques (chutes hélicoïdales) qui les conduiront jusqu’au semi-remorque ou mieux, les caisses mobiles qui les transporteront ensuite vers leur destination finale.

Enfin presque. La plupart des colis triés à Montereau-sur-le-Jard par 330 agents seront acheminés vers une des 17 plateformes Colissimo de France (à Cavaillon, Saint-Laurent de Mure, Douvrin…), desquelles ils seront ensuite transportés vers les agences Colis qui se chargent du dernier kilomètre, pour être livrés à leur clients finaux. Coût du trieur de marque Beumer : 42 millions d’euros.

37 500 colis à l’heure

Avec une productivité clairement augmentée : « Notre plateforme de Gennevilliers traite 12 000 colis à l’heure pour 24 000 m2, celle de Moissy-Cramayel 15 000 colis à l’heure pour 30 000 m2 et celle de Montereau-sur-le-Jard 37 500 colis à l’heure pour 24 000 m2 », indique Marius Billand, le directeur du site.

L’effet wahou est garanti en pénétrant dans la halle de production de l’immense plateforme Colissimo qui vient d’achever sa montée en puissance à Montereau-sur-le-Jard, après une ouverture le 19 avril dernier. © Jgp

Sur les 12 ha du site, 3 ha sont composés d’espace vert, dont 2 ha de bassins destinés à favoriser l’infiltration des eaux. © Jgp

Marius Billand, le directeur du site. © Jgp

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La plateforme de Montereau-sur-le-Jard est majoritairement destinée au départ de colis. « Mardi, par exemple, sur 316 000 colis traités, 90 000 étaient des arrivées et 226 000 des départs », illustre Marius Billand, le directeur. « Tous les grands acteurs du e-commerce du sud de l’Ile-de-France passent par nos services », poursuit-il.

3 ha d’espaces verts

Tout, ici, est pensé pour réduire l’empreinte carbone, dans un esprit de développement durable. C’est le cas du bâtiment lui-même – 26 500 m2, dont 2 500 m2 voués à l’administration -, labellisé Breeam et construit par le groupe Elcimaï, sur une emprise aménagée par la société publique locale Melun Val de Seine, pour l’investisseur Invesco, propriétaire des lieux. « Sur les 12 ha du site, 3 ha sont composés d’espaces verts, dont 2 ha de bassins destinés à favoriser l’infiltration des eaux, compensant ainsi l’artificialisation de ces anciens terrains agricoles. Près de 400 arbres ont été plantés, 70 % de l’éclairage est zénithale, le reste étant 100 % LED, déclenché grâce à un détecteur de mouvements », détaille le directeur du site.

Un site au riche passé, notamment militaire. « Nous avons retrouvé 100 bombes à désamorcer », raconte Marius Billand. Les vestiges enterrés des bombardements en 1944 de ce qui fut, durant la seconde Guerre mondiale, une base aérienne allemande. Démarré en 2018, le chantier a également été retardé par la suspicion de présence d’une nécropole mérovingienne. Huit mois de fouilles archéologiques ont mis au jour des traces de vie gauloise et le reste d’un mammouth.

« Tous les grands acteurs du e-commerce du sud de l’Ile-de-France passent par nos services », indique Marius Billand. © Jgp

La plateforme Colissimo de Montereau-sur-le-Jard trie 37 500 colis à l’heure. © Jgp

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Le site de Montereau-sur-le-Jard emploie 330 personnes. © Jgp

Le site compte 3100 m. de tapis roulants. © Jgp

Outre le bâtiment, le processus de tri est également pensé pour une empreinte carbone réduite. Ainsi, par exemple, les colis sont-ils dépalettisés et placés dans les camions en vrac. Ce qui permet d’en multiplier par trois le nombre dans chaque container. De même, un tracteur électrique permet de déplacer les semi-remorques ou les caisses mobiles sans production de gaz à effet de serre. Des caisses mobiles ou containers qui devraient, à terme, remplacer les semi-remorques, car permettant une logistique plus souple « du cabotage », chaque camion pouvant porter deux caisses distinctes, susceptibles d’être livrées à deux destinations différentes.

L’avenir sera aux camions mixtes, pouvant transporter à la fois des remorques et des caisses mobiles, mais le marché n’en fournit pas pour l’heure. « Les cahiers des charges de nos appels d’offres encouragent les transporteurs dont la flotte est alimentée au GNV », précise Marius Billand.

Demande des clients d’être livrés en J+1

« Ce centre, conçu avant le Covid, a vocation à renforcer nos capacités de tri, face à une croissance continue des flux. Le volume de colis traité par Colissimo a crû de 30 % entre 2016 et 2019, et d’autant en 2020 », indique le directeur. Face à la demande des clients d’être livrés en J+1, 56 liaisons directes, reliant le site de Montereau-sur-le-Jard aux sites de dernier kilomètre, ont été mises en place.

Remarquable également est la cafétéria du site de Montereau-sur-le-Jard, première du genre a été entièrement connectée, avec des frigos qui facturent leur client en fonction de leur choix, ou des robots composant des salades à la demande. Une semblable plateforme, quoi que de taille plus modeste, a ouvert récemment à Thillay (Val d’Oise), près de Roissy.

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