Marion Waller veut hisser la campagne des municipales à la hauteur du Grand Paris

En lançant le mouvement « Les Grand.es Parisien.nes », lundi 3 février, assorti d’une note pour le think-tank Terra Nova, Marion Waller entend relancer un débat populaire sur la construction métropolitaine. Pour que les politiques – et la campagne – municipales s’affranchissent définitivement des frontières communales.

Marion Waller a lancé lundi 3 février dans une péniche amarrée quai de Seine « Les Grand.es Parisien.nes ». Un mouvement populaire, qui veut relancer le débat sur le Grand Paris, assorti d’une note pour le think-tank Terra Nova, en forme de manifeste. Normalienne, ancienne conseillère de l’adjoint à l’urbanisme et au Grand Paris Jean-Louis Missika, inventeur des « Réinventer Paris », puis d’Anne Hidalgo, autrice d’un essai remarqué sur la place donnée à la mort dans nos sociétés (*), l’essayiste s’engage à titre personnel dans un combat dont personne ne s’explique qu’il ait disparu des radars : celui du parachèvement d’un Grand Paris qui permette aux politiques municipales de s’abstraire définitivement des frontières communales pour se hisser au niveau des enjeux de l’agglomération. « En 2026, il ne pourra y avoir de programme sérieux sur le logement, la pollution de l’air, les inégalités dans les villes du Grand Paris que s’il est métropolitain et partagé. Paris, en tant que ville-centre, aura une responsabilité toute particulière en la matière », écrit Marion Waller en préambule de sa note pour Terra Nova (**), afin d’étayer le lancement de ce mouvement, baptisé « Les Grand.es Parisien.nes ». Un nom « inclusif », reflet de la volonté de l’essayiste de faire de son initiative une aventure populaire, renouvelée, accessible à tous, abordant par une approche festive un sujet qui se prête volontiers à la langue de bois technocratique.

Marion Waller. © Jgp

Vianney Delourme et le documentariste Wael Sghaier. © Jgp

Moussa Sylla, co-fondateur et président de l’Association de jeunes pour le développement à Bagnolet (AJDB). © Jgp

Marion Waller avec le fondateur de Néoproprio, président de Paris-Ile-de-France Capitale économique Xavier Lépine et Elias-Antoine Chebak, directeur général de Pure le projet. © Jgp

Meriem Chebani et Réana Tahéraly. © Jgp

D’autres rendez-vous sont déjà annoncés, rencontres sportives, musicales, culturelles ou politiques à travers le Grand Paris. © Jgp

Pas question, pour autant, pour celle qui dirige désormais un Pavillon de l’Arsenal hors les murs, de tomber dans la facilité d’une mise en accusation de la Métropole qui poursuit sa montée en charge. « Depuis le 1er janvier 2016, la création de la métropole du Grand Paris, institution encore jeune, a permis d’engager des politiques métropolitaines », souligne Marion Waller, citant la mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE), la construction de la piscine olympique, l’aide au développement de pistes cyclables et à la recharge de véhicules électriques, l’aide à la revitalisation de centres-villes, ou encore l’adoption d’un schéma de cohérence territoriale (Scot). « Bien que ses compétences soient encore limitées, on voit que la mise en place de politiques métropolitaines est possible », affirme-t-elle. Mais, 10 ans après une loi NOTRe unanimement décriée, « Les Grand.es Parisien.nes » entend favoriser une prise de conscience générale de la nécessité d’aller plus loin.

En commençant par faire en sorte que les candidats aux prochaines élections municipales, à Paris et dans toutes les communes concernées, se hissent à la hauteur de l’enjeu. « Chaque futur candidat aux élections municipales a entre ses mains un morceau de l’avenir du Grand Paris, et une responsabilité, écrit également Marion Waller. En constituant des collectifs de projet et en les faisant exister dans chaque ville, les candidats peuvent ainsi préparer l’existence de politiques métropolitaines de plus grande ampleur, et se donner une chance d’agir sur les principales attentes des citoyens ».

Le Grand Paris express, une frontière qui rassemble

Lors de ce lancement, Vianney Delourme, co-fondateur du média culturel Enlarge your Paris, organisateur de randos urbaines à travers l’Ile-de-France, a transporté l’assistance dans la métropole de demain, transfigurée par le réseau du Grand Paris express, dont l’ouverture de la ligne 14 dessine déjà les linéaments. « Il faut imaginer le réseau du Grand Paris express en 2030 comme nouvelle frontière de Paris, a-t-il déclaré. Mais ce n’est plus une frontière qui coupe comme le périph’, c’est une frontière qui rassemble et crée une centralité à l’échelle de l’ensemble de cette ligne qui est, pardon, la plus grande ligne de métro automatique du monde. C’est absolument stupéfiant ».

« Il y a des usages, il y a des cultures, comment fait-on pour aller à la rencontre de l’autre ?, s’est interrogé Moussa Sylla, co-fondateur et président de l’Association de jeunes pour le développement à Bagnolet (AJDB). Comment fait-on pour faire rencontrer des mondes qui ne se rencontrent pas forcément, qui ne se connectent pas ? »

« Chaque décision que l’on prend en faveur de la démolition, de la destruction pure et simple de certaines formes urbaines, c’est aussi l’effacement de possibilités, a estimé Meriem Chabani, architecte et urbaniste, fondatrice de New South. On a des institutions comme les Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois qui font ce travail d’identifier des artistes, des talents qui existent déjà sur ces territoires et de faire émerger en fait, à travers leurs regards, ces récits du Grand Paris dont nous avons besoin », a-t-elle poursuivi.

En conclusion de ces débats animés par la conseillère en stratégie et transition urbaine Réana Tahéraly, en présence de personnalités emblématiques du projet, à l’instar du président de Paris-Ile-de-France Capitale économique Xavier Lépine, de Jean-Louis Missika, des architectes Maud Caubet ou Nicolas Laisné, Marion Waller a annoncé d’autres rendez-vous à venir, rencontres sportives, musicales, culturelles ou politiques à travers le Grand Paris.

* : Redonner une place aux morts, de Marion Waller, Allary éditions, 157 pages

** : En 2026, le Grand Paris a besoin d’un projet commun. Terra Nova – La grande conversation, janvier 2025

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