L’université Paris-Saclay voit grand

60 000 étudiants issus de 19 grandes écoles se retrouveront sur le campus de la nouvelle université dès la rentrée prochaine. Paris-Saclay vise le haut du classement de Shanghaï.

L’université Paris-Saclay est enfin née. Après trois ans de tractations menées par la Communauté d’universités et établissements (Comue), le décret de sa création a été publié le 31 décembre 2014 au Journal officiel. Il inaugure l’un des futurs fleurons de l’enseignement supérieur français, qui impressionne par ses dimensions. Le campus de la taille d’une ville (12 000 logements y sont construits) sera divisé en quatre grands quartiers situés à Palaiseau, Gif-sur-Yvette, Orsay (Essonne) et Jouy-en-Josas (Yvelines). Il accueillera 60 000 étudiants à la rentrée prochaine, soit le double de l’université de Jussieu (Paris VI).

En tout, 19 établissements dont Polytechnique, l’ENS Cachan, Supélec et l’Université Paris-Sud sont rassemblés sous la même bannière. Mieux : sept organismes de recherche sont associés au projet. Parmi eux, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ou encore l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

Paris-Saclay - Projet architectural de l'ENS Cachan © Renzo Piano Building Workshop

Paris-Saclay – Projet architectural de l’ENS Cachan © Renzo Piano Building Workshop

« Nous allons pouvoir coordonner une stratégie de recherches », se réjouit Dominique Vernay, président de la fondation de coopération scientifique, à l’origine de la création de l’université. « Une belle opportunité pour travailler sur des enjeux interdisciplinaires comme la modélisation de la cellule, cruciale pour comprendre les mécanismes du vivant et anticiper quels pourraient être les médicaments du futur. » Mais la physique, la chimie, la biologie et les mathématiques ne seront pas les seuls enseignements dispensés : Paris-Saclay possédera aussi ses départements de droit, d’économie et de sciences humaines.

Intégrer le top 20 du classement de Shanghaï

Selon une simulation regroupant les classements individuels des établissements de Paris-Saclay, l’université pourrait atteindre la 19e place au classement de Shanghaï, la référence pour évaluer l’excellence d’un campus.

« Ce classement ne fait pas tout, mais il est très lu, concède Dominique Vernay. Et il faut être visible à l’échelle mondiale pour remporter la compétition des cerveaux. » La matière grise prestigieuse, le nerf de la guerre pour acquérir une notoriété internationale. Paris-Saclay peut déjà compter sur deux prix Nobel de physique et six médailles Fields pour doper son attractivité. L’objectif : faire venir de grands laboratoires sur le campus afin de concrétiser des projets de recherche. Et grimper les échelons du classement de Shanghaï. « Mais ça va être difficile, ajoute Dominique Vernay, à partir de la 20e place, on se heurte au gratin mondial ! »

Avant de se frotter aux universités de Yale et Stanford, Paris-Saclay devra élire son président en mai prochain. Le biophysicien Gilles Bloch, en charge du département sciences de la vie au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables, est pressenti.

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