Le podcast du JGP – Eytan Levi (Roofscape) : ombrager et végétaliser les toits en pente et en zinc de Paris

Dans ce nouvel épisode du podcast du JGP, Jacques Paquier reçoit Eytan Levi, architecte et cofondateur de Roofscape. Une start-up née au MIT et qui réinvente la « cinquième façade » des immeubles parisiens, pour lutter contre les îlots de chaleur urbains grâce à la végétalisation et à l’ombrage des toits en zinc.


Face à l’accélération du changement climatique, la toiture en zinc, emblème du paysage parisien, devient un piège thermique. Cofondateur de Roofscapes avec Tim Cousin et Olivier Faber, Eytan Levi travaille à transformer les toits de Paris. Cet architecte formé en Suisse et au MIT mêle science et tactique urbaine. Avec humilité, il raconte son parcours international, son goût de l’adaptation climatique et sa confiance dans l’innovation parisienne malgré les contraintes réglementaires.

Le zinc, un « bouilleur thermique » à neutraliser

À Paris, 95 % des toitures sont soumises à l’avis des Architectes des bâtiments de France (ABF). Pourtant, ces toits en zinc, s’ils participent au cachet de la capitale, affichent un bilan thermique alarmant lors des canicules : les surfaces montent entre 70 et 80°C. Cette chaleur emmagasinée est ensuite restituée à la ville et aux logements situés sous les combles.

Pour Eytan Levi, architecte formé au MIT, l’urgence est d’adapter ce patrimoine sans le détruire : « À Paris, 95 % de la ville est sous avis des Architectes des bâtiments de France », rappelle-t-il.

Des plateformes modulaires sur pilotis

La solution portée par Roofscape repose sur l’installation de plateformes en bois sur pilotis, posées directement sur le « terrasson » (la partie plane supérieure du toit). Ce dispositif remplit trois fonctions :

  • L’ombrage : il crée un écran protecteur qui empêche le zinc de surchauffer.
  • La végétalisation : il offre un support pour ramener de la biodiversité et gérer les eaux pluviales.
  • L’usage : il rend accessibles des toits qui n’avaient jusqu’ici qu’une fonction d’étanchéité.

L’innovation réside dans la méthode : une intervention exclusivement par l’extérieur, sans modifier la structure interne des immeubles ni toucher à l’isolation existante.

Un levier pour le PLU bioclimatique

Après une première réalisation de 100 m² sur le toit de l’Académie du Climat (4e arr.) livrée en 2024, Roofscape multiplie les projets avec des bailleurs sociaux, des foncières et des copropriétés. La start-up bénéficie d’un alignement favorable avec les nouvelles orientations de la Ville de Paris, notamment le PLU bioclimatique et la stratégie de résilience qui mentionnent explicitement l’adaptation des toits en zinc.

Malgré des freins réglementaires persistants liés à la protection du patrimoine, Eytan Levi reste optimiste : « On fait évoluer la réglementation patrimoniale pour que là où on ne peut pas encore intervenir, on puisse le faire demain ». Et d’ajouter : « On ne vivra pas dans 20 ans avec une ville figée dans l’image qu’on en a aujourd’hui. Elle a toujours évolué. Les toitures aussi.  ».

A lire également : Eytan Levi – Rafraîchissant.

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