Alors qu’un mouvement social perturbe la collecte des ordures dans plusieurs arrondissements de la capitale, les élus du groupe Union capitale plaident pour une délégation systématique du service à des opérateurs privés. Une position récurrente, qui ravive les tensions autour du système mixte en vigueur à Paris.
Depuis plusieurs jours, la collecte des déchets est fortement perturbée dans une dizaine d’arrondissements parisiens, ceux où le service est assuré en régie municipale. Paris Centre, les 5e, 6e, 8e, 9e, 12e, 14e, 16e, 17e et 20e arrondissements sont touchés par un mouvement social des agents de la Ville, entraînant l’accumulation de déchets sur la voie publique en pleine saison touristique.
Face à cette situation, le groupe d’opposition Union capitale, emmené par Geoffroy Boulard, président du groupe au Conseil de Paris et maire du 17e, demande une intervention rapide de la municipalité. Dans un communiqué diffusé mercredi 30 juillet, les élus du groupe déplorent « des nuisances pour les riverains, des risques sanitaires et une dégradation de l’image de la capitale » et appellent à une mobilisation immédiate des mêmes moyens que ceux engagés lors de l’arrivée du Tour de France, lorsque des entreprises privées avaient été sollicitées en renfort.
Pour Union capitale, cette crise illustre « l’inefficacité d’un système à deux vitesses » entre régie municipale et gestion déléguée. Geoffroy Boulard, accompagné de Florence Berthout (maire du 5e), de Marie-Claire Carrère-Gée (sénatrice et conseillère de Paris du 14e), et d’autres élus de la droite parisienne, plaide pour une uniformisation du service et une généralisation du recours à des prestataires privés. « C’est une condition indispensable pour garantir un service public de qualité, pérenne et équitable pour l’ensemble des Parisiens », estiment-ils.
Un modèle « hybride » défendu par la municipalité
Cette prise de position n’est pas nouvelle. Déjà lors des grèves du printemps 2023, consécutives à la réforme des retraites, les élus de droite avaient pointé du doigt la gestion directe de la collecte dans certains arrondissements, jugée plus vulnérable aux mouvements sociaux. La maire de Paris, Anne Hidalgo, avait alors défendu un modèle « hybride », combinant régie publique et délégation de service public, au nom de la résilience et du contrôle public.
La municipalité rappelle régulièrement que la régie municipale, en place dans 9 arrondissements, permet une meilleure maîtrise des coûts et une proximité accrue avec les usagers. Dans les 11 autres arrondissements, la collecte est confiée à des entreprises privées via des marchés publics. Lors du dernier conseil de Paris, l’adjoint à la propreté, Paul Simondon, avait défendu cette organisation, soulignant que la régie obtient des résultats comparables, voire supérieurs, aux zones privatisées en matière de propreté.
La grève actuelle, dont les revendications portent notamment sur les conditions de travail et la pénibilité, relance pourtant le débat. Plusieurs associations de riverains, excédées par les déchets accumulés, réclament des mesures urgentes. La Ville a indiqué ce week-end avoir mobilisé des agents non-grévistes et sollicité des entreprises pour intervenir ponctuellement dans les zones les plus touchées. Dans ce contexte, les élus écologistes et socialistes soulignent que la délégation intégrale à des acteurs privés n’est pas une garantie d’efficacité, et redoutent une précarisation des personnels concernés.
