Jeudi 11 décembre à l’Automobile club de France, lors de la soirée d’hiver du club des Acteurs du Grand Paris, le champion de cécifoot Gaël Rivière a reçu le Grand prix de l’engagement Grand Paris, décerné par Richard Curnier, directeur Ile-de-France de la Banque des territoires. L’événement a rassemblé une nouvelle fois le ban et l’arrière-ban de la fabrique urbaine francilienne.
La soirée d’hiver des Acteurs du Grand Paris s’est ouverte, jeudi 11 décembre, par la remise du Grand Prix de l’engagement Grand Paris 2025 à Gaël Rivière, avocat au barreau de Paris et président de la Fédération française handisport. Richard Curnier, directeur régional Île-de-France de la Banque des territoires, a salué un parcours hors norme : « Ce prix récompense un choix de vie, celui de l’exigence, de la persévérance et de la responsabilité. Gaël Rivière incarne cet engagement de manière exemplaire », a-t-il souligné.
Le lauréat, champion paralympique de cécifoot, médaillé d’or aux Jeux de Paris 2024 et avocat, visiblement ému, a tenu à relativiser cette distinction. « Lorsqu’on est une personne en situation de handicap, lorsqu’on est issu d’un milieu modeste, on dit que l’engagement est inhérent à la vie qu’on peut mener », a-t-il confié devant un parterre de professionnels de la fabrique de ville, d’élus et de hauts fonctionnaires.
Le handisport, a-t-il souligné, doit servir de « levier de transformation de l’image des personnes en situation de handicap, pour qu’on les voie comme des porteuses de compétences ». Une ambition qu’il compte poursuivre à la tête de la Fédération française handisport, où il a été élu en décembre 2024 avec près de 88 % des voix.

Alcyme Delannoy directeur du développement commercial – Banque de développement régional à la Caisse d’épargne Ile-de-France, un des sponsors de la soirée d’hiver du club des Acteurs du Grand Paris. © Jgp
La soirée a également été marquée par un hommage appuyé à Richard Curnier, appelé à rejoindre le Comité exécutif de la Caisse des dépôts et consignations en janvier prochain, au poste de directeur des clientèles bancaires. Dans un geste inédit, Thomas Hantz l’a nommé premier membre d’honneur de l’association. L’assistance a ponctué ce moment d’un ban bourguignon, célébrant une figure devenue incontournable dans l’écosystème francilien. Marie-Laure Gadrat lui succédera le 5 janvier à la direction régionale Île-de-France de la Banque des territoires.
Parmi les intervenants, Alcyme Delannoy directeur du développement commercial – Banque de développement régional à la Caisse d’épargne Ile-de-France, un des sponsors de la soirée, a rappelé que la CEIDF, « c’est annuellement 5 milliards d’euros de financements distribués à tous les acteurs qui font l’attractivité du territoire d’Ile-de-France et donc du Grand Paris, à savoir les collectivités locales, tout le secteur public, l’économie mixte bien évidemment aussi, les professionnels de l’immobilier, les entreprises et enfin l’économie sociale et tous les bailleurs sociaux ».
Natacha Polony en guest star
Autre parrain de l’événement, Rémi Vial-Collet, président de Fair’ promotion, a souligné quant à lui la dimension concrète du métier de promoteur immobilier. « On ne construit pas des mètres carrés, on construit des lieux de vie », a-t-il insisté, défendant une approche où « la promotion immobilière doit retrouver son sens public ». Nicolas Prunières, entrepreneur, sponsor également de cette soirée d’hiver, a pour sa part évoqué l’importance de l’acte de construire : « Ce n’est pas seulement ériger des bâtiments, c’est créer des quartiers, des espaces de vie, puis créer des liens entre les habitants », a-t-il souligné, avant de rappeler son amour pour l’Aubrac.
Thomas Hantz, président de l’association, n’a pas manqué de rappeler l’urgence de la crise du logement. « Quand le logement se bloque, c’est la cohésion nationale qui s’effrite donc la République qui vacille », a-t-il martelé, soulignant que l’Île-de-France ne construit plus que 20 000 logements par an, contre 70 000 en 2017. « Notre association est un lieu de fabrication des solutions », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d’un dialogue entre acteurs publics et privés que le club des Acteurs du Grand Paris entend renforcer. « Les Acteurs du Grand Paris constituent une véritable chaîne d’union entre des mondes qui ne se parlent plus assez, a poursuivi Thomas Hantz. Dans une société fragmentée, nous rassemblons pour créer des coopérations et des alliances utiles. Dans un monde de silos, nous sommes un pont ; dans un moment de défiance, nous sommes un lieu de confiance. »
Invitée d’honneur, l’éditorialiste Natacha Polony, qui lance un nouveau magazine, « L’audace », a évoqué l’impact de l’intelligence artificielle sur l’éducation et la presse, alertant sur les risques d’une dépendance technologique : « La question n’est pas d’être pour ou contre l’intelligence artificielle, mais de savoir qui produit ces technologies. Pour l’instant, ce ne sont pas des Français ou très peu ». S’agissant du paysage médiatique, elle s’est montrée alarmiste : « D’ici dix ou quinze ans, je ne sais pas s’il restera beaucoup de journaux de presse écrite », a-t-elle résumé. Un constat qu’elle attribue à la captation des revenus publicitaires par les Gafam et à la disparition progressive des modèles économiques traditionnels.

Le préfet Philippe Castanet (2e en partant de la gauche), directeur général des services de la métropole du Grand Paris. © Jgp
La soirée s’est prolongée autour d’un cocktail dînatoire animé, où les échanges se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. Parmi les personnalités, on notait la présence de plusieurs ministres, dont Nicole Guedj, Maurice Leroy et Jean-Vincent Placé, ainsi que du sénateur Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat. Le préfet Philippe Castanet, son directeur général des services, représentait la Métropole.




