Fr. Durovray : « Xavier Bertrand souhaite réconcilier les territoires »

Porte-parole de Xavier Bertrand et président (LR) du département de l’Essonne, François Durovray décrit la vision de la République des territoires du candidat à la présidentielle et son attachement à une réconciliation territoriale.

Quelle est la place que Xavier Bertrand, candidat à l’élection présidentielle, souhaite donner aux collectivités territoriales, s’il est élu ?

Xavier Bertrand a fait figurer la République des territoires comme un des piliers de son projet, à côté de l’autorité, de la sécurité et du travail. Tout simplement parce qu’il considère qu’il faut adopter un nouveau pacte entre l’Etat et les territoires, en donnant à ces derniers davantage de capacités d’agir, pour que l’Etat assume mieux ses missions régaliennes, la protection des citoyens, la défense, la diplomatie, la justice, la santé et l’éducation, en ne menant pas des politiques que les collectivités locales savent mieux faire que lui.

François Durovray. © Jgp

La correction des inégalités territoriales constitue-t-elle une de ses priorités ?

Xavier Bertrand souhaite, en effet, rétablir un équilibre entre les territoires. Il possède une conscience très aigüe du fait que la crise des gilets jaunes a été l’expression de Français qui ne trouvent plus leur place, qui ne se voient plus de destin là où ils résident. Il évoque une France qui se fragmente, qui se fracture d’autant plus que le président de la République actuel souffle sur les braises. Un des enjeux fondamentaux, pour Xavier Bertrand, lors du prochain mandat, consiste à réconcilier les territoires entre eux. Cela pose la question du rapport des villes et des métropoles avec leur périphérie, avec leur campagne. Cela revient à dire que les uns et les autres se trouvent dans des rapports d’interdépendance, qu’ils ont des responsabilités les uns par rapport aux autres, et qu’ils doivent se respecter.

Accorde-t-il une place particulière aux mobilités dans ce cadre ?

Tout à fait. Il a déjà annoncé sa volonté de mettre en place un vaste plan en faveur des infrastructures. Aujourd’hui, avant même les aspects institutionnels, se pose la question de l’accès aux grandes métropoles françaises, et donc à la métropole francilienne, à la fois pour ceux qui y résident, mais aussi pour ceux qui ont besoin d’y accéder. Avec des sujets d’engorgement, des conflits d’usage entre les trajets du quotidien et les longues distances. La question de l’accès aux grandes gares se pose également, je pense aux quatre principales gares parisiennes notamment, qui sont aujourd’hui problématiques, pour les Franciliens comme pour ceux qui résident en province.

Il existe également des questions de dimensionnement des voies, et donc de capacité sur les grandes lignes de transport ferré. En réalité, en résolvant les difficultés des métropoles, on résout également celles que rencontre la province. Je pense également à l’engorgement des autoroutes. Je prône, par exemple, des lignes de bus express sur les voies autoroutières.

Cela s’oppose-t-il à la transformation des accès autoroutiers aux abords des métropoles en boulevard urbain ?

Il ne faut pas opposer les usages. Il faut tenter de concilier les questions de circulation avec la meilleure intégration des axes routiers dans leur environnement, la réduction des nuisances, avec les enjeux de santé publique que cela représente pour les riverains. Xavier Bertrand croit en la capacité de la route à se réinventer, à ce que l’on appelle la route du futur, avec de nouvelles formes de mobilité et à terme les véhicules autonomes.

Quelle est votre vision de ce que doit être le Grand Paris ?

Nous partageons, avec Valérie Pécresse, un constat très proche, une volonté commune de voir la Métropole étendue au périmètre de la Région. Ce qui suppose sans doute de trouver des espaces de collaboration, compte tenu du nombre élevé de communes franciliennes. Doit-on créer des agences spécialisées, à l’image d’Ile-de-France mobilités (IDFM) pour le transport, qui pourrait d’ailleurs voir son rôle étendu à tous les enjeux de mobilité ? Doit-on, demain, créer une agence du logement, une pour les réseaux ? J’entends aussi ceux qui estiment qu’il faut distinguer les zones denses et périphériques.

L’enjeu, là aussi, est de se placer du côté du citoyen, de l’usager, afin de permettre à chacun de se sentir embarqué dans une histoire commune, tout en veillant à relever les grands défis des métropoles d’aujourd’hui, qui concernent les mobilités, les réseaux d’énergie ou de fibre optique, les enjeux de logement, d’emploi ou de développement économique.

Souhaitez-vous modifier les modes d’élection des conseillers départementaux et régionaux ?

Vous avez sans doute noté que Xavier Bertrand a repris à sa manière la réforme du conseiller territorial. Avec un système un peu différent de ce que proposait Nicolas Sarkozy. Xavier Bertrand souhaite, en effet, que le conseiller territorial soit élu dans le cadre départemental, en conservant les cantons actuels, dans lesquels seraient élus paritairement des conseillers départementaux, le Département désignant, en respectant également la parité, à la proportionnelle, ses représentants à la Région. La réforme de Nicolas Sarkozy aboutissait à ce que l’ensemble des conseillers départementaux siègent également à la Région, ce qui posait notamment des difficultés en doublant le nombre actuel de conseillers régionaux.

Aujourd’hui, on perd une énergie et un temps considérables car tous les sujets que l’on aborde nécessitent un alignement entre l’ensemble des niveaux de collectivités territoriales concernées. Xavier Bertrand parlera de la Région Capitale lorsqu’il aura, dans quelques semaines, l’occasion de dévoiler plus concrètement son projet pour les territoires. Il a conscience de la nécessité d’y remettre de l’ordre. Je sais qu’il a également conscience de la nécessité de voir l’Ile-de-France jouer pleinement son rôle de capitale européenne, qui est un moteur pour la croissance française. Il est de même très attentif à ce que l’Ile-de-France, et donc la France, conserve ses capacités d’innovation et d’investissement.

Quel regard a-t-il sur le Grand Paris express ?

Xavier Bertrand porte la conviction qu’il faut investir dans les infrastructures, et pas seulement en Ile-de-France. J’estime pour ma part qu’il faut que le Grand Paris express soit achevé dans les termes désormais définis. Même si des ajustements seront peut-être nécessaires après la prochaine élection présidentielle pour réparer quelques erreurs commises lors du schéma initial, réalisé il y a plus de dix ans. Il faudra, par exemple, trancher la question de la liaison Versailles-Nanterre. J’y suis favorable personnellement.

S’agissant de l’Essonne, il y a le sujet de la création de deux gares, une à Palaiseau sur la ligne 18 et l’une à Morangis sur la ligne 14, ainsi que le sujet que je porte avec le département du Val-de-Marne d’extension, à l’est, de la ligne 18, d’Orly jusqu’au Val d’Yerres Val de Seine.

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