La maire de Paris a réuni une nouvelle cellule de crise de la Ville de Paris, le samedi 27 janvier 2018, composée des directions de la ville et des représentants de chaque opérateur concerné. L’occasion de rappeler les impératifs de l’adaptation de la ville aux changements climatiques.
Bien qu’inférieur à la situation de 2016, le niveau de la Seine reste au-dessus des 5 m à Austerlitz, ce samedi 27 janvier 2018, provoquant la réunion d’une nouvelle cellule de crise autour d’Anne Hidalgo. « Au total, une dizaine de voies et tunnels ont été fermés, et les rues du Ranelagh et Beethoven ont été ouvertes à double sens. Des batardeaux ont été installés pour renforcer certains points, les jardins proches des berges, tels que l’île aux Cygnes et Tino Rossi sont également fermés. Les péniches ont été évacuées », fait savoir la Ville.
« La crue est moins forte qu’en juin 2016 mais elle reste importante avec une hauteur de 5,71 m, souligne la maire de Paris, le pic interviendra dimanche soir avec 5.80 m. La crue est très impactante, notamment pour toutes les activités économiques liées au fleuve », poursuit-elle. Côté équipement public, quelques gymnases ont été concernés par les inondations, mais sans gravité. « Avec les différents gestionnaires de réseaux, Enedis, CPCU (réseau de chaleur de Paris) ou Climespace (filiale d’Engie en charge des réseaux de froid de la ville), des dispositifs sont mis en œuvre pour apporter un secours, notamment pour le chauffage des habitations qui n’en auraient plus », fait savoir la maire.
De nouvelles perturbations attendues
En revanche, la situation de la semaine prochaine est préoccupante, selon Anne Hidalgo, car de nouvelles averses devraient encore impacter la Seine. « La remontée des nappes phréatiques constitue aussi un point d’attention, a indiqué la maire. Nous sommes à un niveau de gonflement de nos nappes supérieur à celui de juin 2016, il y a donc un effet de report de deuxième, voire de troisième rang. Étonnamment, nous sommes protégés par certaines infrastructures comme celles du RER qui assurent même une étanchéité supérieure que si elles n’existaient pas », explique-t-elle.

« La vulnérabilité de la ville face aux intempéries ne nous avait pas échappé, la question de l’adaptation de la Capitale pour le climat est à la fois une question pour 2018 et les 30 prochaines années », a déclaré notamment Anne Hidalgo. © Jgp
« Le fait d’avoir subi deux crues très importantes en 18 mois, alors que la dernière remontait à 1982, constitue un sujet de préoccupation. Le changement climatique y est pour beaucoup, cela ne peut que nous engager à appliquer le plan climat, a fait valoir Anne Hidalgo. Les mesures prises en déclinaison de l’accord de la COP21 sont concrètes. Il faut adapter la ville aux évolutions de ces températures. La vulnérabilité de la ville face aux intempéries ne nous avait pas échappé, la question de l’adaptation de la Capitale pour le climat est à la fois une question pour 2018 et pour les 30 prochaines années ».


