Après la publication de l’ordonnance sur la société gestionnaire qui devrait voir le jour en fin d’année, le CDG express doit maintenant passer au stade de l’enquête publique avant l’été. De nombreux points restent encore en discussion.

Pistes de Roissy-CDG. © Mathieu Marquer
Le 18 février 2016 a marqué une étape importante dans ce projet de transport – qui doit relier directement, en 20 min, la Gare de l’Est à Roissy – avec la publication de l’ordonnance relative à la filiale commune de SNCF Réseau et d’Aéroports de Paris (ADP) qui doit en assurer la gestion. Ce texte donnait en effet le signal que le montage juridique avait obtenu toutes les validations nécessaires, notamment celle de la Commission européenne. « L’ordonnance a donné le départ aux discussions opérationnelles », remarque Vincent Pourquery de Boisserin, coordonnateur interministériel chargé du CDG express. SNCF Réseau et ADP disposent encore de quelques mois pour finaliser la création de cette société qui devrait voir le jour avant la fin 2016.
Entre temps – fin mai et en juin – aura eu lieu l’enquête publique complémentaire dont les modalités seront fixées prochainement par le commissaire enquêteur. « Le projet est sous déclaration d’utilité publique valide, rappelle Vincent Pourquery de Boisserin, seuls les nouveaux montages juridiques et financiers seront donc présentés à l’enquête. » Pas question donc d’évoquer d’autres aspects, déjà présentés par le passé, comme le tracé.
Taxe en loi de finances pour 2017
Du point du vue financier, le coût global est toujours évalué à 1,7 milliard d’euros (valeur 2019) et les « discussions avancent » sur la taxe affectée qui doit venir équilibrer l’opération. Cette taxe sur les transports aériens des voyageurs de Roissy devrait figurer dans la loi de finances pour 2017 soumise en fin d’année au Parlement. « Le principe est acquis, il reste à en régler les modalités et son niveau », signale le coordonnateur interministériel. La Caisse des dépôts et la Banque européenne d’investissement ont par ailleurs été contactées en vue de la mobilisation d’emprunts.
Différents travaux techniques sont menés en parallèle, notamment avec la mairie de Paris sur l’intégration des ouvrages de franchissement du boulevard Ney (18e arr.) et du périphérique. Les aspects phoniques et visuels de ces ponts sont évoqués avec les équipes d’aménagement du secteur Paris nord-est. Des échanges ont également lieu avec le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) afin de gérer l’interface avec le RER B, qui partage une partie de ses lignes avec la future liaison directe.
Liaison gares du Nord et de l’Est
Le Stif travaille, dans le cadre d’un projet de constitution d’un « bipôle » gare de l’Est-gare du Nord, sur un sujet lié indirectement au CDG express : construire une véritable correspondance optimisée et accessible entre les deux gares. Le dossier d’objectif et de caractéristiques principales voté par le conseil du syndicat en octobre 2015 envisage la création d’un souterrain reliant le pôle Magenta et le tunnel Château-Landon.
Un projet à 30 millions d’euros, en cours de discussion, qui pourrait, d’après Vincent Pourquery de Boisserin, être accéléré par la perspective de la future liaison avec Roissy. Le dossier du Stif mentionne d’ailleurs que cette correspondance participerait à l’objectif du CDG express « d’assurer le report modal des usagers de l’aéroport vers les transports ferroviaires ».
« Le projet de liaison express continue son chemin et nous sommes toujours dans les temps pour une mise en service en 2023, observe le coordonnateur interministériel. C’est très tendu, mais on y arrivera. » Tous les acteurs semblent en effet mobilisés pour que le projet devienne réalité pour les éventuels JO 2024.

Tracé du CDG express.