Les vélos en libre service (VLS) étaient sans nul doute les stars de la seconde édition du salon Autonomy, qui se tient du 19 au 21 octobre 2017 à la Grande Halle de la Villette (Paris, 19e arr.).
Ils étaient partout : jaunes, aux couleurs du Chinois OFO, verts, à celles du Hong-kongais Goobee.bike, ou même blancs, à celles du leader français du parking en infrastructure Indigo. Pour les emprunter, il suffit de charger une appli sur son portable, de géolocaliser le vélo le plus proche, puis de pointer son portable vers le QR code apposé sur le vélo, qui se déverrouille automatiquement. Plus besoin de station, donc, comme pour le Vélib’, ni de borne d’abonnement en forme de totem. Plus besoin non plus de marché public pour s’inviter dans une ville. « Nous ne faisons, pour notre part, rien sans son autorisation, notamment pour déterminer des stations virtuelles », explique toutefois Aymeric Le Quinio, chez Indigo.
A la différence de Goobee.bike, présent à Paris depuis quelques jours, Indigo ne s’installera pas en Ile-de-France : il est en effet membre du consortium Smoovengo qui va gérer le nouveau Velib’ auquel cette nouvelle génération de VLS risque bien de faire de l’ombre. Indigo répondra cependant à l’appel d’offres que doit lancer Ile-de-France mobilités pour la location longue durée de vélos à assistance électrique.
Mobility as a service
Les vélos de tous types (utilitaires, électriques), les scooters électriques et autres engins à une ou deux roues propulsés par la fée électricité (skates, trottinettes, Gotway, etc.) étaient représentés en quantité. De même que les solutions d’autopartage comme Vulog, et de covoiturage, comme Wayzup. La start-up a fait le bilan de son partenariat avec Saint-Quentin-en-Yvelines, où elle est présente depuis plus de quatre ans. « Grâce à notre alliance avec le technocentre de Renault, le Crédit agricole, un site de La Poste et le siège d’Europcar, nous comptons 4 000 inscrits actifs et plus de 1 000 covoitureurs réguliers », a expliqué Julien Honnat, le PDG. Des chiffres qui pourraient encore progresser grâce au coup de pouce donné actuellement par Ile-de-France mobilités (qui verse deux euros par trajet jusqu’à la fin de l’année).

Les vélos de tous types, les scooters électriques et autres engins à une ou deux roues propulsés par la fée électricité étaient représentés en quantité au salon Autonomy. © JGP
La multiplication des nouveaux moyens de transports, souvent partagés, pose cependant question : combien d’applications faut-il désormais télécharger et combien d’abonnements faut-il contracter pour réaliser, à chaque instant, le choix optimal de déplacement ? D’où la montée en puissance d’un nouveau concept : le Maas pour Mobility as a service. Il s’agit de proposer un seul abonnement comprenant à la fois l’accès aux transports publics, à des taxis/VTC, à l’autopartage, le covoiturage et les vélos en libre-service. Ce qui suppose une très large utilisation de nombreux types de données : la société allemande PTV a ainsi modélisé entièrement les flux de transport de la ville de Karlsruhe, et ce, pour permettre aux opérateurs de mobilité de proposer à tout instant la meilleure solution de déplacement.
Avec la question sous-jacente : qui, des opérateurs de transport public ou des Gafa, gagnera la bataille du Maas ? Il est testé depuis quelques mois à Helsinki (Finlande) par la start-up Maas Global. Ile-de-France mobilités intègre aussi un nombre croissant de services sur le pass Navigo et sur le moteur de recherche Via navigo (Velib’, covoiturage notamment). Le syndicat des transports franciliens est en revanche absent de Maas alliance, une alliance formée par plusieurs acteurs privés et publics de la mobilité pour promouvoir le concept.

