4e nuit de la solidarité : 2 000 bénévoles quadrillent Paris à la rencontre des sans-abri

Pour la quatrième année, Paris a procédé, dans la nuit du 25 au 26 mars, à un vaste décompte des personnes sans-abri. La méthode provient des Etats-Unis. 2 000 bénévoles quadrillent chaque rue de la Capitale, grâce à des plans de quartiers dessinés par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur). L’opération permet aussi une meilleure connaissance de leurs difficultés.

2 000 bénévoles, encadrés par 400 travailleurs sociaux, ont arpenté, durant la nuit du 25 au 26 mars 2021, chaque rue de Paris, pour procéder à un vaste décompte du nombre de sans-abri, à l’occasion de la 4e nuit de la solidarité, organisée par la municipalité parisienne. « Ce décompte évite que le nombre de sans-abri fasse l’objet d’instrumentalisation, de la part de l’Etat, des associations ou de quiconque », souligne Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris en charge des solidarités, de la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion. « Comme nous sommes encore en période hivernale, jusqu’au 31 mars, le nombre de places d’hébergement est à son maximum. Cela donne un comptage de tous ceux qui ne parviennent pas, malgré cela, à trouver un toit », poursuit l’élue.

Les équipes de bénévoles du 15e arrondissement se forment dans la salle des fêtes de la mairie, avant de partir quadriller les quartiers. © Jgp

Les cartes définissant les secteurs de chaque équipe, établies par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur). © Jgp

Philippe Goujon, maire (LR) du 15e. © Jgp

« Au-delà du décompte, c’est aussi l’occasion d’aller à la rencontre des sans-abri, de leur donner l’occasion d’un contact qui leur fait souvent défaut », ajoute le maire (LR) du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon.

Au décompte s’ajoute un questionnaire, pour mieux connaître les populations concernées et guider les politiques publiques. « L’an dernier, lors de la nuit de la solidarité organisée le 30 janvier, nous nous sommes rendus compte, par exemple, que les femmes représentaient 12 % des 3 601 personnes qui dormaient dehors, alors que les données transmises par l’Insee indiquaient qu’elles n’étaient que 2 %, indique Léa Filoche. Paris a, par conséquent, réservé des espaces dans les bains-douches à ces femmes sans-abri, ouvert des haltes de jour et de nuit à leur intention ».

Cette année, le questionnaire intègre un jeu de questions sur la pandémie. « Les sans-domicile payent très cher ces confinements, poursuit Léa Filoche. Nous voulons mieux appréhender leur accès aux équipements de protection, aux tests, aux vaccins », souligne-t-elle.

Pour tenir compte du contexte sanitaire, il a été cette année demandé aux personnes inscrites comme bénévoles de se former à distance, en amont de l’opération.

Une femme, qui dort à-même le sol, figurera dans le décompte. © Jgp

« Au-delà du décompte, c’est aussi l’occasion d’aller à la rencontre des sans-abri », observe Philippe Goujon. © Jgp

Les personnes rencontrées sont heureuses et surprises de croiser des bénévoles attentifs à leur galère et de pouvoir confier leurs difficultés. © Jgp

Ce jeudi soir, dans le quartier du Parc des expositions de la Porte de Versailles, la maraude, composée de six bénévoles, ne croisera que trois sans-abri. Une femme âgée, endormie à même le sol, le long des Maréchaux. Et deux jeunes hommes, heureux et surpris de croiser des personnes attentives à leur galère et de pouvoir confier leurs difficultés.

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