Union retrouvée et attaques frontales contre Rachida Dati au 1er meeting d’Emmanuel Grégoire

Si Anne Hidalgo et Rémi Féraud brillaient par leur absence, le ban et l’arrière-ban des élus socialistes de Paris – maires d’arrondissement, adjoints à la maire de Paris – et de nombreux militants ont assisté au premier meeting de campagne d’Emmanuel Grégoire samedi 4 octobre. Sur une barge amarrée dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, le député (PS) de la 7ᵉ circonscription a rappelé les fondamentaux de son programme et s’est livré à une attaque en règle contre Rachida Dati.

On se marchait dessus au Mazette, pour le premier meeting de campagne d’Emmanuel Grégoire. En présence de la quasi-totalité des maires d’arrondissement socialistes et de presque tous les adjoints d’Anne Hidalgo, devant plusieurs centaines de militants, l’ancien premier adjoint a rappelé notamment qu’il ferait du logement sa première priorité. Face à une droite « qui veut faire de Paris une ville d’héritiers », il a réaffirmé sa volonté d’amplifier la politique mise en œuvre en la matière « par Bertrand puis Anne ».

En ouverture du meeting, Audrey Pulvar, en chauffeuse de salle, avait fait longuement applaudir la maire de Paris, égrenant les multiples chantiers menés pour « transformer Paris ». Emmanuel Grégoire a introduit son allocution en déplorant « le chaos institutionnel sans précédent » créé en France par le président de la République. À cette situation nationale s’ajoutent des tensions internationales inédites, face auxquelles Paris, « fidèle à ses valeurs d’accueil, de culture, de liberté », doit « continuer à résister ».

Audrey Pulvar, en chauffeuse de salle, a fait longuement applaudir la maire de Paris, égrenant les multiples chantiers menés pour «transformer Paris». © Jgp

Emmanuel Grégoire. © Jgp

Puis l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo s’en est pris avec virulence à Rachida Dati, qui encourt, lors de son procès prévu dans moins d’un an, dix ans de prison et cinq ans d’inéligibilité. Réagissant à la polémique sur les frais de représentation de la première magistrate et des élus d’arrondissement, l’élu a affirmé ne pas avoir de leçons à recevoir « de la droite des emplois fictifs et des faux électeurs », soulignant par ailleurs que les maires d’arrondissement incriminés n’étaient en rien sortis du strict cadre de la légalité. « Cela étant dit, nous incarnons la gauche des valeurs, de la sobriété en premier lieu, que je m’applique à respecter », a-t-il poursuivi.

« Aller encore plus loin »

Célébrant une ville « ouverte, inventive, populaire, féministe, écologique », Emmanuel Grégoire a vanté le bilan des mandatures précédentes : « Grâce aux politiques menées par Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo, un logement sur quatre échappe à la prédation du marché grâce au logement social. Les tarifs des cantines sont accessibles à tous. La qualité de l’air s’est spectaculairement améliorée. La culture s’est dynamisée. Et Paris s’est révélé au monde entier lors des JOP. »

Déclarant vouloir poursuivre la politique menée depuis 2001 et « aller encore plus loin », le candidat socialiste a évoqué « la révolution des transports, la piétonnisation, la rénovation énergétique, des pistes cyclables plus larges et plus nombreuses, la végétalisation des grandes places, les nouveaux visages des axes structurants mondialement connus que sont les voies sur berges, la rue de Rivoli, la rue de la Chapelle ». « Cette transition vers un Paris capable de faire face aux 50 degrés ne verra le jour que lorsqu’elle sera une réalité dans chacun des quartiers de Paris. Et c’est le combat qui nous attend », a-t-il déclaré.

Il a rappelé sa volonté, s’il est élu, « de piétonniser partout où c’est possible, de redonner de la place à la nature, sur les voies sur berges, pour former, avec les coulées vertes du 12ᵉ et du 16ᵉ, une immense coulée verte et bleue traversant Paris et reliant les deux rives ».

« La droite de l’entre-soi »

Le parlementaire a indiqué également qu’il entendait intervenir sur ce qui ne va pas : « Ce qui fatigue, ce qui désunit ». « Malgré les efforts des agents de la Ville de Paris, à qui je veux rendre hommage, je pense à la tension dans l’espace public, exacerbée par le rythme de la vie en ville. C’est la difficulté à se loger, la difficulté à trouver un emploi, la difficulté à se chauffer, la difficulté à manger à sa faim, à faire garder ses enfants. » Parmi ses premières mesures figurera par ailleurs un vaste plan d’hébergement des sans-abri.

Le meeting s’est déroulé en présence de la quasi-totalité des maires d’arrondissement socialistes et de presque tous les adjoints d’Anne Hidalgo, devant plusieurs centaines de militants. © Jgp

Face à une ville « menacée par les politiques d’Emmanuel Macron, qui a creusé les fractures sociales, menacée par le réchauffement climatique, et par une droite revancharde, qui veut faire de Paris une ville de l’entre-soi », Emmanuel Grégoire a enjoint l’assistance à se mobiliser dans le combat électoral à venir, qu’il annonce « brutal, total, bloc contre bloc ».

Dans le cadre de meetings baptisés « Parlons Paris », annoncés dans chaque arrondissement de la capitale, Emmanuel Grégoire poursuivra cet « aller vers les Parisiens », se revendiquant « comme le seul candidat à l’écoute des habitants ».

 

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