Sophie Schmitt, Retour aux sources

Sophie Schmitt a intégré récemment la Société du Grand Paris comme directrice des gares et de la ville, après un parcours professionnel où elle a exercé avec bonheur toutes les facettes des métiers de l’immobilier.

Il y a des parcours qui semblent faciles, parfaitement cohérents. Celui de Sophie Schmitt – qui vient d’intégrer le comité exécutif de la Société du Grand Paris comme directrice des gares et de la ville – est de ceux-là. Parfaitement maîtrisé, à l’image des figures aériennes de danse sur glace, dont cette professionnelle chevronnée de l’aménagement fut championne de France.

Sophie Schmitt. © Jgp

De la danse sur glace, Sophie Schmitt en fit intensément, de 6 à 18 ans, à Châlons-en-Champagne, où elle se félicite d’avoir grandi. Son grand-père y fut agriculteur et auteur d’un livre intitulé « Un paysan dans la ville », dans lequel il raconte le grignotage progressif des terres agricoles par l’expansion châlonnaise. Son père est ingénieur en travaux publics. « C’est sans doute en partie pourquoi j’ai choisi l’École supérieure des travaux publics », dit-elle, après math sup et math spé au lycée Poincaré de Nancy. Sophie Schmitt doit à l’Education nationale – qui n’accorde pas alors de dérogation aux athlètes de haut niveau – de ne pas avoir concouru aux Jeux olympiques de Sarajevo. Mais aucune amertume en l’occurrence chez cette femme séduisante, aux faux airs d’une Sagan jeune.

Sophie Schmitt ne garde pas de bons souvenirs de l’ESTP, sans excès de solidarité entre les élèves. Elle effectue sa troisième année à la Technische universität München : le site présente l’attrait d’être situé dans le village olympique de Munich, et de disposer d’une patinoire. Elle arrondira ses fins de mois en y enseignant la danse sur glace. Puis elle rentre en France, à Montpellier, sans envie particulière de travailler dans la géothermie et la construction hydraulique, ses deux spécialités d’études. Elle effectue donc un master d’aménagement touristique à l’Escae de Montpellier. Son stage de fin d’études chez Spie développement est un succès : elle remporte les deux concours auxquels elle répond pour la construction de patinoires olympiques, à Couchevel et Méribel. « Je connaissais toutes les grandes patinoires du monde, dont je dessinais les plans sur un cahier, comme d’autres tiennent un journal intime », se souvient-elle.

Remonter la chaîne de valeur

Conscientes de tenir une pépite, les dirigeants de Spie Batignolles l’embauchent. Pendant plusieurs années, elle investira au sein de stations de ski, pour y développer à la fois le réseau de remontées mécaniques et l’offre immobilière. Jusqu’à ce que la crise économique de 1997 compromette ce modèle de développement. « J’ai envie de remonter la chaîne de valeur », résume-t-elle pour expliquer son entrée au sein de la Semaest, alors dirigée par Yves Lafoucrière. Elle aménage notamment le Viaduc des arts, avenue Daumesnil ou la ZAC de Bercy (Corbineau-Lachambaudie). L’aventure au sein de la ville de Paris, alors dirigée par Jacques Chirac, durera 9 ans. « Peut-être un peu trop », confie-t-elle comme seul regret professionnel apparent.

A Boulogne, où elle devient la directrice de l’aménagement d’un Jean-Pierre Fourcade tenu en haute estime, elle s’attaque au projet de l’Ile-Seguin ou du Trapèze, à la mesure de son talent. Avant de rejoindre Réseau ferré de France, puis Linkcity, pour s’occuper d’abord d’aménagement pour le compte de mairies à qui l’Europe vient d’imposer une mise en concurrence de ces opérations, puis pour mener à bien des programmes en association avec de grands propriétaires privés, à l’instar des Mathurins à Bagneux. « Quand la Société du Grand Paris m’a proposé ce poste, je n’ai pas hésité une seconde », indique Sophie Schmitt, ravie de mettre son expérience au service de l’intérêt général. « Je suis ici parfaitement heureuse », confie-t-elle, avec un naturel déconcertant.

Sur le même sujet

Top