Sommet du Grand Paris : mobilisation générale pour une métropole décarbonée

L’Ademe, EDF, CDC Biodiversité ou GRDF étaient réunis mardi 21 septembre 2021 lors d’une des tables rondes du Sommet du Grand Paris, pour décrire leur engagement vers une économie décarbonée.

Lors d’une table ronde intulée : « Le Grand Paris tiendra-t-il ses promesses écologiques ? », Jérémie Almosni, a souligné l’importance du rôle des collectivités territoriales, tant dans la réduction de l’empreinte carbone de leurs activités que comme prescriptrices et investisseurs. Le directeur régional de l’Ademe Ile-de-France a décrit les compétences d’expertise et de conseil mises en œuvre par l’Ademe, dans le cadre de dispositifs intégrés, à l’instar du programme « Territoires engagés pour la transition écologique », qui propose aux collectivités une stratégie globale d’amélioration, avec deux labels (Climat – air – énergie, ex-Cit’ergie, et économie circulaire, ex-ECi).

Jérémie Almosni. © Jgp.

Marie-Hélène Milot-Durin. © Jgp

« Nous fournissons l’ingénierie territoriale qui fait parfois défaut », a indiqué Jérémie Almosni. L’Ademe intervient ainsi de l’aide à la conception à l’investissement, qu’il s’agisse de mettre en place des réseaux de chaleur, des méthaniseurs, des circuits courts et circulaires ou dans le cadre de la gestion des déchets. « Dans le domaine du bâtiment, la réglementation environnementale 2020 (RE2020) produit un effet d’accélération », a-t-il également souligné. Le directeur régional de l’Ademe a également décrit la démarche TACCT (Trajectoires d’adaptation au changement climatique des territoires) qui permet d’élaborer une politique d’adaptation au changement climatique de « A à Z », du diagnostic de vulnérabilité jusqu’au suivi des mesures et à l’évaluation de la stratégie.

« Nous croyons à l’avenir de la mobilité à l’hydrogène »

« EDF est très engagée, depuis longtemps, dans la transition énergétique », a fait valoir Marie-Hélène Milot-Durin. La déléguée régionale d’EDF Ile-de-France a rappelé que le secteur du bâtiment représentait 50 % des émissions de gaz à effet de serre en Ile-de-France, celles-ci provenant pour un tiers du transport. EDF met en place des contrats de performance énergétique, grâce auxquels les gains énergétiques réalisés bénéficient à ses clients. « Mais la transition passe également par la substitution des usages », a poursuivi Marie-Hélène Milot-Durin, décrivant l’investissement d’EDF pour la promotion des énergies décarbonées, à l’image des 3 000 bornes de recharge électrique installées ces dernières années dans la région.

« Nous croyons à l’avenir de la mobilité à l’hydrogène, encore en phase d’expérimentation », a-t-elle également fait valoir, que ce soit pour les poids lourds ou les navires, l’énergéticien travaillant actuellement sur la mobilité fluviale à l’hydrogène. « La géothermie dispose encore de potentialités de développement », a également souligné la directrice régionale, qui a détaillé les diagnostics énergétiques qu’EDF met en œuvre, notamment avec les collectivités territoriales, pour les accompagner dans la définition de leur stratégie. Des diagnostics recourant largement à l’intelligence artificielle et à l’internet des objets. « La transition énergétique constitue aussi un vrai enjeu en termes de compétences et de formation », a poursuivi Marie-Hélène Milot-Durin, soulignant la nécessité de rendre plus attractifs les métiers de ces filières.

35 % des écosystèmes naturels ont été détruits

« Nous visons l’objectif d’un arrêt des atteintes à la biodiversité en 2030 et à un retour au niveau de biodiversité antérieur en 2050, car la biodiversité se restaure », a déclaré la nouvelle directrice générale de CDC Biodiversité Marianne Louradour. « Mais 35 % des écosystèmes naturels ont été détruits », a-t-elle indiqué, citant l’artificialisation des sols au rang des ennemis de cette biodiversité.

CDC Biodiversité développe différents outils, à l’instar d’un système d’information géographique (SIG) permettant d’identifier les zones programmées pour être artificialisées, ainsi que les zones dégradées mais à fort potentiel écologique pour la renaturation. « La politique de zéro artificialisation nette des sols (ZAN) doit être intégrée au meilleur niveau, au sein des différents outils de pilotages stratégiques que sont les Sraddet, le Sdrif, les Scot (*) et autres documents programmatiques », a souligné Marianne Louradour.

Marianne Louradour. © Jgp.

L’Ademe, EDF, CDC Biodiversité ou GRDF étaient réunis mardi 21 septembre lors d’une des tables rondes du Sommet du Grand Paris. © Jgp

La DG de CDC Biodiversité a présenté le Global biodiversity score (GBS), qui permet aux organisations, au moyen d’équations complexes, de mesurer leur niveau d’atteinte à la biodiversité, et donc de le réduire. « Un GBS mesurant l’impact des politiques publiques en la matière est en cours d’expérimentation », a-t-elle poursuivi.

L’axe Seine, vecteur de décarbonation

Olivier Jamey a détaillé pour sa part l’engagement des acteurs des communautés fluviale et portuaire pour faire de l’axe Seine un vecteur de décarbonation. Le président de la Communauté portuaire de Paris a indiqué qu’un grand nombre de bateaux étaient en cours de connexion avec le réseau urbain d’évacuation des eaux usées, en vue de rendre la Seine baignable à l’horizon de 2024. « Si le transport fluvial produit déjà un impact carbone quatre fois moindre que le transport routier, la modernisation de la flotte de navire pourrait permettre de diviser par dix ses émissions de GES », a-t-il également indiqué.

« Nous avons un devoir collectif de réinventer notre façon de produire de l’énergie », a conclu Bertrand de Singly, directeur clients territoires Ile-de-France de GRDF, qui œuvre avec Olivier Jamey à la transition énergétique des navires de l’axe Seine.

 

* Sraddet : schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire ; Sdrif : schéma directeur de la Région Ile-de-France ; Scot : schéma de cohérence territoriale.

Sur le même sujet

Top