Seine-et-Marne : la RD 199 va tester la route de 5e génération

La route s’auto-dégivrera. Equipée de panneaux solaires, elle produira de l’énergie électrique qui alimentera les éclairages publics ou des capteurs…

A l’avenir, les fonctions des axes routiers vont profondément évoluer pour aller au-delà de la simple mobilité. Par exemple, la route s’auto-dégivrera grâce à un dispositif de stockage de la chaleur emmagasinée l’été et délivrée l’hiver, ce qui nécessite d’utiliser de nouveaux matériaux plus poreux. Equipée de panneaux solaires, la route produira de l’énergie électrique qui alimentera les éclairages publics ou des capteurs. Intégrés à l’axe routier, ces derniers permettront de donner des informations sur l’état du trafic, des réseaux, de la chaussée, etc.

©mrhayata

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« L’idée au final consiste à rassembler en un seul endroit toutes les technologies utilisées indépendamment et dans certains cas, dégager de nouvelles ressources financières pour entre autre financer l’entretien du réseau routier », explique Nicolas Hautière, directeur de projet département composants et systèmes à l’Institut français des sciences et technologies des transports et des réseaux (Ifsttar). Pour tester en site réel et en grandeur nature la route de 5e génération, le département de Seine-et-Marne, l’Ifsttar et l’EPAMarne ont signé un accord-cadre mettant à disposition de l’Ifsttar une section de quatre kilomètres de la RD 199.

Faire monter en gamme l’industrie des TP

Cette ancienne autoroute classée au final en route départementale doit être transformée en boulevard urbain d’ici à 2030. Une partie sera couverte d’une dalle avec en surface des logements et en-dessous des parkings. « Cela sera notre premier terrain d’essai en route ouverte, souligne Nicolas Hautière, d’autres projets sont en cours avec les départements de l’Essonne et des Yvelines, ainsi que la ville de Paris. »

En Seine-et-Marne, l’enjeu est double : tester des technologies d’avenir pour l’ensemble des réseaux routiers, mais aussi essayer celles qui pourraient être intégrées au nouveau boulevard. Le coût de l’expérimentation pourrait avoisiner les cinq millions d’euros. Si tout va bien, elle sera menée courant 2017 via des appels à projet qui devraient être lancés mi-2015 dans le cadre de la loi de transition énergétique.

« Les PME ont une vraie carte à jouer car le but est aussi de faire monter en gamme l’industrie des travaux publics et créer un éco-système en faisant émerger de nouveaux acteurs via notamment le pôle de compétitivité Advancity », assure Nicolas Hautière. A condition toutefois que les grands groupes de travaux publics tels qu’Eurovia ou Colas jouent le jeu de l’innovation, car la route de 5e génération implique de passer du stade « d’applicateur de bitume à intégrateur de services ».

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