Du 18 au 20 novembre, la Porte de Versailles accueillera l’édition 2025 du Salon des maires et des collectivités locales. Stéphanie Gay-Torrente, directrice du Salon des maires et des collectivités locales et du pôle salons et congrès collectivités et immobilier d’Infopro Digital, détaille l’esprit de l’événement et les nouvelles priorités d’une fin de mandat marquée par l’urgence climatique et les attentes sociales.
Depuis plus de 30 éditions, le Salon des maires est devenu un passage obligé pour les élus et leurs équipes. Que reste-t-il aujourd’hui de cet ADN, alors que les territoires sont confrontés à des crises successives ?
Son rôle n’a jamais varié : il doit être utile à l’action publique locale. Mais cette utilité ne peut être abstraite. Elle se traduit dans l’offre d’exposants, dans les formats de rencontres, dans les sujets mis en avant. Et surtout, elle doit être rapportée au moment. Les cinq dernières années ont été traversées par des secousses majeures : une crise sanitaire au tout début du mandat, une aggravation continue des effets du changement climatique, des attentes sociales plus fortes en matière d’inclusion, de cohésion, de prise en compte du vieillissement. Le salon a accompagné cette transformation des territoires en cherchant, édition après édition, à donner à voir des solutions qui permettent d’agir : adapter, protéger, équiper, aménager, accueillir et maintenir du lien. Le salon est un lieu de mise en commun, mais aussi d’outillage. Il doit aider à passer de l’intention au projet, puis du projet à la mise en œuvre.
Le salon couvre un champ très large, allant du cadre de vie à l’énergie, de l’urbanisme à la culture ou au sport. Comment organiser une visite dans un espace aussi vaste ?

« Nous poursuivons également le travail engagé sur la biodiversité et la renaturation, avec la seconde édition du Salon de la biodiversité et du génie écologique, dont la programmation s’élargit », souligne Stéphanie Gay-Torrente.© DR
Nous structurons l’exposition autour de grandes thématiques qui correspondent aux responsabilités quotidiennes des municipalités et des groupements. Il s’agit aussi bien de la construction et de l’aménagement que de l’environnement et du cadre de vie, de l’énergie et du climat, de la sécurité ou de la mobilité, de la transformation numérique, de l’attractivité territoriale, de la santé, du social, de la culture, du tourisme, du sport. Cette structuration permet de répondre aussi bien aux besoins de fonctionnement du territoire – gérer une école, un marché, un équipement sportif – qu’aux enjeux d’investissement et de résilience à plus long terme. La question est toujours la même : comment adapter, dans la durée, les lieux de vie du quotidien et les infrastructures essentielles.
Cette édition 2025 arrive en fin de mandat. Quels en sont les moments et les nouveautés marquantes ?
Nous avons choisi pour signature « Le meilleur en commun ». Cette idée d’un moment où, quelles que soient les tensions du contexte national, les collectivités continuent de coopérer, de construire, de partager des solutions. Concrètement, plusieurs évolutions marquent cette édition. D’abord, l’attention renforcée aux enjeux d’adaptation et de gestion des crises, avec la création d’une cellule dédiée qui permettra de croiser innovations technologiques, retours d’expérience et accompagnements opérationnels. Nous poursuivons également le travail engagé sur la biodiversité et la renaturation, avec la seconde édition du Salon de la biodiversité et du génie écologique, dont la programmation s’élargit. Nous consacrons en parallèle un nouvel espace entier au sujet de la longévité et des parcours de vie, sujet majeur du prochain mandat : logement, santé, mobilité, services, tout doit être réinterrogé au prisme d’une société où l’allongement de la vie transforme les usages.
La journée de l’innovation sociale, le 19 novembre, prolongera ce mouvement en donnant à voir l’inventivité très concrète, souvent discrète, des territoires : l’innovation ne se résume pas à la technologie. Elle peut être un mode de coopération, une réorganisation locale, une manière différente de faire ensemble. Le Prix de l’innovation, de nouveau présidé par Murielle Fabre [maire de Lampertheim et secrétaire générale de l’AMF], viendra mettre en lumière ces projets construits avec et pour les territoires.
Enfin, nous développerons cette année le Salon des sports et parasports, avec un focus particulier sur les sports de montagne, porté notamment avec l’Association nationale des élus de la montagne, les fédérations sportives et les acteurs de la sécurité en altitude. L’adaptation climatique y est particulièrement visible : elle oblige à repenser les usages, les équipements et la manière de rendre ces pratiques accessibles dans les territoires de plaine.
Le numérique et l’intelligence artificielle occupent désormais une place croissante dans l’action publique locale. Comment ces sujets seront-ils abordés ?
Sous l’angle du « numérique en confiance ». L’IA est un outil qui peut aider à piloter un projet, analyser des données ou accélérer une prise de décision, mais elle doit être maîtrisée pour ne pas créer d’exclusion ou de dépendance. Nous insisterons donc à la fois sur la souveraineté technologique, la cybersécurité et l’inclusion numérique. De nombreuses start-up françaises seront présentes, car les collectivités ont besoin d’outils proches de leurs réalités, accompagnés, explicables, évaluables. Pour ce qui concerne l’organisation du salon en lui-même, nous utilisons l’IA comme un outil de veille et d’appui, mais l’essence du salon reste inchangée : trois jours de rencontres en face-à-face. C’est cette conversation, directe, dense, informelle parfois, qui crée la valeur du salon.
