La station de Dominique Perrault a reçu, le 4 décembre au siège de l’Unesco, la plus haute distinction mondiale d’architecture dans la catégorie gares.
La gare Villejuif–Gustave Roussy s’est hissée au sommet du palmarès du Prix Versailles 2025, devançant Sydney, Riyad, Mons ou Canton. En compétition avec six autres finalistes, elle remporte ainsi la distinction suprême dans la catégorie « gares et stations », là où Sydney est primée pour son intérieur et la gare KAFD de Riyad pour son extérieur. La gare Saint-Denis Pleyel, dessinée par Kengo Kuma, figurait parmi les finalistes. « Cette distinction récompense l’audace et la vision portées par tous les acteurs de ce projet exceptionnel », souligne Olivier Capitanio, président du Département du Val-de-Marne.
Inaugurée en janvier, cette « cathédrale inversée » marque à la fois l’achèvement du prolongement de la ligne 14 et le point de départ de la ligne 15 sud, attendue pour l’été 2026. Conçue par Dominique Perrault, la station plonge à plus de 50 mètres sous terre. La lumière naturelle descend jusqu’aux quais grâce à un vaste cylindre « au diamètre proche de celui du fût du Panthéon », note l’architecte. Sans galeries ni recoins, ventilée naturellement, la gare entend proposer « une relation aux transports conçue comme le prolongement de l’espace public de la ville ». ajoute-t-il.
Située entre Hôpital Bicêtre et L’Haÿ-les-Roses, la gare permet de rejoindre Paris en moins de vingt minutes et Orly en dix. « Pour les habitants et les 4 000 salariés de l’Institut Gustave-Roussy, l’ouverture change très concrètement la vie », rappelait Jean Castex, président de la RATP, lors de l’inauguration de la gare, le 18 janvier dernier. Avec 32 escaliers mécaniques, 16 ascenseurs et plus de 15 600 m² à aménager, la gare, sous maîtrise d’ouvrage de la Société du Grand Paris, a nécessité huit ans de travaux et quelque 300 millions d’euros.
Pour Jean-François Monteils, président du directoire de la Société des grands projets, la station incarne « le trait d’union » entre le réseau historique et les futures lignes 15, 16, 17 et 18. Le Grand Palais figurait parmi les finalistes du Prix dans la catégorie Musées, de même que l’hôtel Hana, situé 17 rue du 4 septembre, dans la catégorie Hôtels.
Annoncé chaque année à l’Unesco depuis 2015, le Prix Versailles est un ensemble de compétitions architecturales mettant en lumière les plus belles réalisations contemporaines au niveau mondial. Au croisement de différentes disciplines, le Jury mondial a pour mission de décerner vingt-quatre titres mondiaux parmi les sites sélectionnés, dans les catégories Aéroports, Campus, Gares et Stations, Sports, Musées, Grands magasins, Hôtels et Restaurants.
Le palmarès entend ainsi rend hommage à l’innovation, la créativité, l’écho au patrimoine local, la performance écologique, et aux valeurs de convivialité et de participation auxquelles les Nations Unies sont attachées. Il s’inscrit dans les principes d’une durabilité intelligente – tenant compte à la fois des impacts écologiques, sociaux et culturels.
« Le dialogue et l’articulation entre les différentes dimensions de l’environnement humain, qu’il s’agisse de l’écologie, des relations sociales ou du culturel, ouvrent la voie à un développement durable intelligent, souligne Jérôme Gouadain, secrétaire Général du Prix Versailles. Plus qu’un objectif, celui-ci constitue une belle promesse pour relever les nouveaux défis du monde actuel. »
Irina Bokova, ancienne directrice générale de l’Unesco (Bulgarie), présidente du Jury, Maria de Medeiros, actrice et cinéaste (Portugal), Leandro Erlich artiste conceptuel (Argentine), Lang Lang, pianiste, (Chine), Ma Yangsong, architecte, (Chine), Thom Mayne, architecte, (États-Unis), Iris van Herpen, styliste, (Pays-Bas) Et Emma Watson actrice, (Royaume-Uni)




