O. Gavalda (Crédit agricole) : « Restons optimistes »

Olivier Gavalda, directeur général du Crédit agricole d’Ile-de-France, se montre résolument optimiste quant à la reprise de l’économie, qu’il prévoit pour l’été prochain, rappelant l’efficacité de l’accompagnement de l’économie décidé par l’Etat et dont les banques sont le principal bras armé.

Quel bilan dressez-vous de l’état de l’économie francilienne près d’un an après le premier confinement ?

L’accompagnement de l’économie par les pouvoirs publics, dont les banques ont été le bras armé notamment avec les prêts garantis par l’Etat (PGE) ou les moratoires sur les crédits, a permis à une très grande majorité d’entreprises directement touchées par la pandémie de passer le cap. Cette fois-ci, ce sont bien les banques qui constituent la solution ! En 2020, on constate même une baisse du nombre de défaillances d’entreprises par rapport à la moyenne des années précédentes. Restons cependant vigilants car l’effet de ces différentes aides finiront forcément par s’estomper au fil du temps.

Olivier Gavalda. © Jgp

Pourquoi faut-il, selon vous, envisager l’avenir avec optimisme ?

Selon moi, et si le plan de vaccination du gouvernement se déroule sans trop d’encombres, on peut espérer que l’activité économique connaisse une reprise importante dès cet été. Les arbitrages de l’épargne mise de côté en 2020 par les Français devraient d’ailleurs contribuer à cette reprise. Pour ma part, j’estime qu’il faut rester optimiste et j’invite d’ailleurs les dirigeants d’entreprises à ne pas hésiter à poursuivre leur recrutement, à avoir confiance également dans l’avenir, car la confiance, comme chacun sait, est essentielle à la bonne santé de l’économie.

Pourquoi êtes-vous prudent quant à l’impact à long terme de la pandémie ?

Parce que l’on ne connaît pas encore les transformations de fond que cette crise va générer. Mais je ne fais pas partie de ceux qui pensent que l’on va passer d’un monde à un autre. La pandémie est seulement un accélérateur de tendances. Ainsi, par exemple, je suis certain que le télétravail va se généraliser, y compris au sein d’entreprises dans lesquelles il n’était pas institué, mais il ne se substituera jamais au travail en présentiel. Cette tendance est d’ailleurs soutenue par une grande partie des salariés ! Les échanges, les rencontres, toute la vie sociale qui se développe au sein des entreprises constitue une richesse exceptionnelle.

La crise vous-a-t-elle conduit à durcir vos conditions d’octroi de crédit ?

La Banque de France a demandé aux banques d’être plus restrictives mais nous n’avons jamais, pour notre part, réduit nos exigences en la matière. Les prescriptions du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) ne nous concernent donc pas directement même si bien sûr nous allons devoir les respecter. J’aime rappeler que les banques prêtent l’argent qu’elles ne possèdent pas. D’où leur obligation de prudence. La Banque centrale européenne (BCE) a pu considérer, au vu de certains indicateurs d’endettement, que la France s’endettait globalement trop, faisant peser le risque d’une bulle spéculative. On peut comprendre, par conséquent, d’un point de vue macro-économique, qu’elle demande donc un resserrement des conditions d’octroi de crédit. Mais à un niveau plus micro-économique, cela pénalise ceux qui veulent accéder à la propriété ou investir dans l’immobilier. Aujourd’hui, les taux sont si faibles que les agents économiques ont compris l’intérêt d’investir à crédit.

Comment se porte le Crédit agricole d’Ile-de-France ?

Avec la stabilité de notre chiffre d’affaires et une baisse de notre résultat net consolidé de 12 % sur un an en vision économique, baisse principalement induite par cette longue période de confinement au moins de mars et avril, on peut dire que le Crédit agricole d’Ile-de-France a réalisé une année 2020 plus que satisfaisante ! Nos agences sont restées ouvertes dans le strict respect des mesures sanitaires et nos clients nous en sont fortement reconnaissants.

Pourquoi avez-vous récemment remis à plat votre politique en matière de responsabilité sociétale des entreprises ?

Nous étions déjà très engagés sur ces sujets. Mais nous voulons aller encore plus loin. Un exemple : aujourd’hui, l’investissement socialement responsable (ISR) représente 20 % du portefeuille de nos investissements pour compte propre. Demain, ce sera 100 %. De même, nous nous sommes engagés à atteindre la neutralité carbone dans toutes les activités et le parc immobilier de la banque d’ici à 2040. Nous avons déjà mis en place, par ailleurs, des produits accordant des prêts bonifiés en fonction de la cotation ESG de nos clients. Demain, les entreprises qui ne seront pas engagées suffisamment pour réduire leur empreinte carbone auront forcément plus de mal à trouver un partenaire financier.

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