3 507 personnes dorment dans la rue à Paris (contre 3 492 recensées l’an dernier) et 768 dans les communes avoisinantes. C’est ce qu’indiquent les résultats de la 8e Nuit de la solidarité, organisée par Paris et la métropole du Grand Paris et l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas), en partenariat avec l’Atelier parisien d’urbanisme.
Anne Hidalgo, maire de Paris, et Léa Filoche, adjointe en charge de la solidarité, ont présenté mercredi 12 février les premiers résultats de la Nuit de la solidarité 2025 qui s’est tenue entre le jeudi 23 et le vendredi 24 janvier : cette huitième édition (la quatrième à l’échelle de la Métropole) a permis de recenser 3 507 personnes sans-abri à Paris (dont 14 % de femmes) contre 3 492 recensées l’an dernier et 768 dans les communes avoisinantes. Ces chiffres, préliminaires et encore en cours de consolidation, font office de photographie instantanée de la précarité dans la région. « La stabilité des chiffres n’est qu’apparente. Ces résultats ne comptabilisent pas les 700 personnes mises à l’abri dans les lieux de la ville de Paris ni les 340 jeunes occupant la Gaîté lyrique », soulignent les auteurs de cette enquête.
Cette opération, conduite en partenariat avec l’Atelier parisien d’urbanisme, repose sur le travail de plus de 4 000 volontaires répartis en équipes de trois à cinq personnes, dont des élus, des professionnels de l’action sociale, des membres d’associations et des citoyens. Pendant trois heures, ces équipes parcourent un secteur délimité de manière à couvrir l’ensemble du territoire d’une commune. L’objectif : établir un décompte des personnes sans solution d’hébergement, dormant à la rue ou dans des lieux inadaptés à un repos décent.
Une analyse approfondie à l’été 2025
Tous les espaces publics et certains espaces privés sont inspectés pour s’assurer que les personnes en grande précarité ne passent pas inaperçues. Les volontaires, lorsqu’ils en ont l’occasion, proposent également un questionnaire anonyme aux sans-abri afin de mieux comprendre leurs profils et besoins. Ces informations enrichissent les données recueillies et permettent d’adapter les politiques publiques de manière plus ciblée.
L’opération ne vise cependant pas à faire un décompte exhaustif. L’Apur insiste d’ailleurs sur le fait que ces résultats doivent être considérés comme un minimum, car certaines personnes se trouvent dans des situations invisibles, notamment dans des espaces privés ou de retrait.
Le chiffre annoncé ne prend en compte que les personnes visibles, celles qui dorment en plein air ou dans des lieux non appropriés. En revanche, les personnes vivant dans des structures d’hébergement (centres d’accueil, hôtels, gymnases, etc.), ainsi que celles résidant dans des squats ou aires d’accueil, ne sont pas comptabilisées.
L’Atelier parisien d’urbanisme prévoit de compléter ces premiers chiffres avec une étude détaillée réalisée en collaboration avec des universitaires, des experts et les partenaires impliqués dans la lutte contre l’exclusion. Cette étude visera à mieux cerner les profils des sans-abri, à comprendre les dynamiques de leur situation et à orienter les futures actions publiques.
« L’augmentation du nombre de personnes sans-abri dans les rues parisiennes ces dernières années doit nous alarmer collectivement. Il y a urgence à rouvrir des places d’hébergement à Paris, alors que l’Etat envisage au contraire la baisse des crédits dévolus à cette politique dans son budget pour 2025. La ville de Paris continuera de proposer son aide à l’Etat pour l’aider à exercer sa compétence, comme elle le fait depuis plusieurs années en transformant des lieux municipaux en sites d’hébergement d’urgence temporaires ».
« Je salue l’engagement des 30 communes métropolitaines mobilisées et de leurs maires, qui ont permis d’étendre le périmètre d’action de cette nouvelle édition à 336 secteurs. Avec François Dechy, conseiller métropolitain délégué au développement, les maires et partenaires concernés, nous tirerons toutes les conclusions de cette action solidaire pour répondre aux difficultés rencontrées dans le Grand Paris, en lien avec l’ensemble des acteurs. »
« Dans chaque ville, c’est le CCAS qui est à la manœuvre pour coordonner l’organisation de la Nuit de la solidarité. Ils sont le premier et le dernier mètre des solidarités, au plus près des situations de fragilité, dans cette Nuit comme au quotidien. Avec 350 000 personnes sans-domicile, dernier chiffre fourni par La Fondation pour le logement des défavorisés [ex-Fondation Abbé-Pierre, ndlr], nous atteignons un record. De même les 753 personnes mortes à la rue recensées en 2024 constituent un autre record. Le logement doit être une priorité absolue de l’État. »
